Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : De profits encore en berne, sauf pour l'automobile et le pétrole

Europe : De profits encore en berne, sauf pour l'automobile et le pétrole

Europe : De profits encore en berne, sauf pour l'automobile et le pétroleEurope : De profits encore en berne, sauf pour l'automobile et le pétrole

par Kit Rees

LONDRES (Reuters) - La période des vaches maigres en matière de résultats des entreprises européennes amorcée il y a cinq ans ne prendra pas fin en 2016, la baisse de rentabilité des banques et les inquiétudes sur les conséquences du vote britannique en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne pesant sur les profits.

Les constructeurs automobiles, les pétrolières et les entreprises exposées aux marchés émergents pourraient toutefois tirer leur épingle du jeu et publier des résultats en amélioration au cours du mois à venir.

Des espoirs de croissance des résultats déçus trimestre après trimestre ont sérieusement entamé l'intérêt pour les actions des investisseurs, qui sont sortis des fonds collectifs dédiés aux actions européennes au cours des 36 dernières semaines.

Les profits ont reculé sur quatre des cinq dernières années en Europe et devraient encore se contracter de 2% cette année, montrent des données de Thomson Reuters. A titre de comparaison, le repli des bénéfices des entreprises du S&P 500 américain devrait être limité à 0,4% en 2016, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Pour 2017, les profits des entreprises de l'indice Stoxx 600 sont attendus en hausse de 13% mais les analystes ont pris pour habitude ces dernières de faire preuve d'un optimisme initial qui les amène à revoir systématiquement à la baisse leurs prévisions au fil du temps.

Les financières et les valeurs liées aux matières premières devraient particulièrement peser sur les performances d'ensemble.

Les bancaires, dont l'indice affiche la pire des performances sectorielles du Stoxx 600, ont largement contribué au recul de 6,7% ce dernier depuis le début de l'année.

"Le secteur bancaire est probablement celui qui va susciter le plus d'attention et cela va en grande partie résulter de questions liées aux coûts des litiges", a dit Olly Russ, gérant du fonds Liontrust European Income.

VERS UNE RÉVISION SALUTAIRE DES ATTENTES

Les banques européennes, dont la rentabilité a pâti de la faiblesse persistante des taux d'intérêt, sont à nouveau dans la tourmente avec le plongeon à des plus bas records de l'action Deutsche Bank et les craintes liées au poids des créances douteuses dans les bilans des banques italiennes.

Les inquiétudes sur les conséquences pour l'économie britannique du Brexit ont conduit à un abaissement des perspectives des entreprises les plus exposées à leur marché domestique.

Une série d'avertissement sur résultats d'entreprises comme Capita, Mitie, easyJet ou Sports Direct a souligné ces dernières semaines les risques liés à une forte dépendance à la demande des consommateurs britanniques.

La chute de la livre a en revanche embelli les perspectives des grands groupes cotés à Londres mais très internationalisés, que ce soit dans le secteurs pétrolier, la pharmacie ou l'agroalimentaire. Leur appréciation a largement contribué au rallye post-Brexit du FTSE 100, en hausse de plus de 12% depuis le début de l'année.

Les entreprises du secteur des mines et des métaux ont parallèlement retrouvé un certain optimisme avec la remontée des cours des matières premières, à la faveur de la stabilisation de l'économie chinoise et plus largement des pays émergents.

LE DÉBUT DE LA FIN DE LA BAISSE ?

La récente amélioration du climat des affaires et du sentiment des investisseurs en Allemagne montre que la première économie européenne est en passe de surmonter les inquiétudes initiales provoquées par le Brexit.

Les responsables de stratégies actions de Morgan Stanley n'excluent d'ailleurs pas que les résultats du troisième trimestre puissent dépasser les attentes grâce à une croissance mondiale qui se maintient à défaut d'accélérer et à des prix des matières premières sur le point d'afficher une hausse en rythme annuel.

Les analystes sont particulièrement confiants sur les résultats du secteur automobile après les bons chiffres de vente en Chine, le premier marché mondial, au mois de septembre.

Les pétrolières devraient quant à elles profiter de la hausse des cours du pétrole, qui se maintiennent au-dessus de 50 dollars le baril depuis l'accord de principe trouvé par l'Opep le mois dernier sur un plafonnement de la production.

"Après cinq années de recul des profits, nous pensons que nous approchons de la fin de la phase de baisse des résultats en Europe", écrivent les analystes de Morgan Stanley dans une note de recherche. Ils préviennent toutefois que les actions sont vulnérables à toute déception après leur hausse récente.

La banque d'investissement s'attend à une contraction de 4% des résultats au troisième trimestre mais souligne qu'ils devraient être en hausse de 13,4% si on fait abstraction des financières et des valeurs du secteur des matières premières.

Quant à la hausse de 13% des bénéfices attendue par le consensus pour 2017, Veronika Pechlaner, gérante actions européennes chez Ashburton, ne se fait aucune illusion.

"C'est tout simplement irréalisable. Ce serait déjà difficile à réaliser dans un environnement économique favorable, alors dans les circonstances actuelles...", a-t-elle dit, ajoutant que les résultats du troisième trimestre pourraient faire un peu baisser le marché et favoriser une révision salutaire des anticipations.

(avec Alistair Smout, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI