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Europe : Bruxelles hausse le ton contre la France pour ses déficits

Europe : La CE hausse le ton contre la France pour ses déficitsEurope : La CE hausse le ton contre la France pour ses déficits

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a mis en garde mercredi la France contre un dérapage de ses déficits publics si elle ne prend pas de nouvelles mesures et dit attendre "avec impatience" les détails du pacte de responsabilité, dans l'espoir qu'il permette de redresser la compétitivité de son économie.

L'exécutif européen a même adressé une recommandation spécifique à la France, un "honneur" qu'elle partage avec la seule Slovénie, pour attirer son attention sur les risques de non respect de ses objectifs de baisse des déficits publics.

Cette recommandation, un des nouveaux instruments à la disposition de la CE pour assurer la discipline budgétaire dans la zone euro, est publiée une semaine après la diffusion de prévisions anticipant un déficit public français pour 2014 et 2015 supérieur aux engagements pris.

Il s'élèverait ainsi à 4% du produit intérieur brut cette année puis 3,9% pour 2015, à politique inchangée, alors que la France a promis à ses pairs européens de le ramener sous 3% à cette échéance.

La Commission européenne s'inquiète particulièrement de ce que, malgré les mesures de consolidation budgétaire mises en oeuvre depuis 2010, "l'endettement public continue d'augmenter".

"Ceci accroît le risque d'exposition de la France à des turbulences sur les marchés qui se propageraient à l'économie réelle", avec des retombées négatives pour l'ensemble de la zone euro" au vu du poids de la France, indique-t-elle.

Pour cette raison, elle appelle Paris à poursuivre ses efforts de consolidation budgétaire via des économies, au vu du niveau élevé des dépenses, notamment la recherche d'une plus grande efficacité.

"NOMBREUX ALÉAS"

Dans un communiqué, les ministres français de l'Economie et du Budget, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, ont confirmé leur engagement "à poursuivre son effort de rétablissement des comptes publics jusqu’à la fin du quinquennat.

Jugeant que la prévision de la Commission pour 2014 est "entourée de nombreux aléas", ils font valoir que l’intégralité des efforts portera sur la réduction de la dépense publique à partir de 2015, avec au moins 50 milliards d'euros d'économies prévues".

Comme dans ses précédentes interventions, la CE réclame en outre des mesures pour améliorer la compétitivité de l'économie française. Elle juge là encore que rien ne s'est vraiment amélioré sur le front des déséquilibres macroéconomiques de la France qui nécessitent "une surveillance étroite et l'adoption de mesures politiques ambitieuses".

Dans ce contexte, "nous attendons avec impatience les détails du pacte de responsabilité" annoncé en janvier par François Hollande", a dit lors d'un point de presse le commissaire européen aux Affaires politiques et monétaires Olli Rehn.

Ceux-ci, ainsi que le programme de stabilité français, seront présentés et débattus au Parlement à la mi-avril avant d'être transmis à Bruxelles.

Dans le cadre du "semestre européen" de coordination des politiques économiques et budgétaires, la Commission souligne qu'elle procédera en juin à une nouvelle évaluation du respect par les pays membres de leurs obligations au regard du pacte de stabilité et de croissance et que, si nécessaire, elle pourrait alors proposer des "mesures appropriées" au Conseil européen.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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