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Europe : Bruxelles finalise sa taxe sur les transactions financières

Europe : bruxelles finalise sa taxe sur les transactions financièresEurope : bruxelles finalise sa taxe sur les transactions financières

BRUXELLES (Reuters) - Une taxe européenne sur les transactions financières est en cours de finalisation et sera présentée début octobre au plus tard, a expliqué jeudi le commissaire européen à la Fiscalité, qui s'est défendu d'ajouter un élément de stress aux marchés financiers.

La taxe, qui a été critiquée par le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et d'autres responsables européens car elle pourrait provoquer une fuite des capitaux au moment où l'Europe traverse une nouvelle période de turbulences financières, pourrait s'avérer difficile à mettre en oeuvre.

Les équipes du commissaire à la Fiscalité Aldirgas Semeta ont planché cet l'été sur une formule permettant d'éviter une délocalisation des transactions dans d'autres centres financiers. Le commissaire rejette l'argument voulant que les banques ne sont pas en situation de s'acquitter d'une telle taxe.

"Les banques sont à même de payer d'énormes bonus, malgré les difficultés, et leurs dirigeants reçoivent d'énormes récompenses", a-t-il dit jeudi à des journalistes.

"Il est clair que personne n'aime être taxé, mais je ne crois pas que cela soit le mauvais moment. La taxe devrait être présentée d'ici début octobre."

Celle-ci pourrait consister en une taxe de 0,1% sur les échanges d'actions et d'obligations et de 0,01% sur les échanges de produits dérivés.

Les transactions sur les monnaies pourraient également être concernées par le dispositif, qui pourrait permettre de lever jusqu'à 50 milliards d'euros par an, selon plusieurs estimations préliminaires au sein de la Commission.

LONDRES TOUJOURS OPPOSÉ

Aldirgas Semeta dispose déjà du soutien de nombreux pays européens pour cette taxe, dont ceux de la chancelière Angela Merkel et du président Nicolas Sarkozy, qu'il rencontrera vendredi pour évoquer cette question dans la perspective du sommet du G20 à Cannes début novembre.

Selon un récent sondage réalisé par la Commission, 65% des Européens sont en faveur de cette taxe "Tobin" et une majorité de citoyens y sont opposés dans seulement une poignée de pays, dont la Grande-Bretagne.

"Il y a un fort soutien au niveau européen, même si quelques Etats membres réservent leurs positions. Mais quelqu'un doit assumer le leadership au niveau mondial et nous devons insister auprès de nos partenaires du G20 sur les utilisations possibles des revenus de la taxe", a dit le commissaire.

Les autorités britanniques, qui ne s'opposent pas au principe de la taxe, insistent cependant sur le fait qu'elle doit être mondiale.

"Les taxes sur les transactions financières sont intéressantes sur le papier, mais notre position reste qu'il faut éviter la délocalisation des échanges et que la taxe devrait s'appliquer dans tous les centres financiers", a rappelé jeudi un diplomate britannique.

Le projet présenté par la Commission européenne début octobre répondra à ces préoccupations, a assuré Aldirgas Semeta, qui a laissé entendre que cette question pourrait être résolue en collectant la taxe non dans le pays dans lequel la transaction est réalisée mais dans les pays d'origine et d'arrivée lorsque ceux-ci sont européens.

Julien Toyer, édité par Dominique Rodriguez

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