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Europe : Accord en vue en allemagne sur une taxe financière européenne

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par Matthias Sobolewski

BERLIN (Reuters) - Le gouvernement allemand et l'opposition sociale-démocrate (SPD) sont parvenus à un accord sur une proposition de taxe financière en Europe, ce qui pourrait ouvrir la voie à un vote du Parlement sur le pacte budgétaire et sur un mécanisme de sauvetage permanent pour la zone euro.

Pour sa part, le ministère des Finances a estimé dans un document qui a constitué la base des discussions qu'en cas de difficulté d'accord au sein des Vingt-sept, Berlin rechercherait "une coopération plus forte (...) avec le plus grand nombre d'autres Etats membres possible".

Mais, à l'adresse notamment de la France, dont le nouveau président François Hollande veut intégrer un volet "croissance" au Pacte budgétaire européen, Berlin prévient qu'il ne peut y avoir de croissance forte sans réduction des déficits publics.

Le SPD avait lié son feu vert sur le pacte budgétaire défendu par la chancelière Angela Merkel et sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) à des progrès sur une taxe sur les transactions financières.

Deux élus - un de la coalition gouvernementale et l'autre de la gauche - ont dit que l'accord avait été trouvé par un groupe de travail parlementaire et serait discuté par les responsables politiques des partis lundi prochain.

"Nous avons effectué une avancée importante. Le document proposé par le ministre des Finances mène vers un accord sur les principaux points", a déclaré à Reuters un élu issu de la coalition gouvernementale, Volker Wissing (FDP, centre).

De son côté, Joachim Poss (SPD) a indiqué que le document constituait une étape importante pour parvenir à un accord sur une taxe sur les transactions financières.

Le SPD établit un lien entre des progrès sur la taxe et son approbation du pacte budgétaire et du MES. La chancelière a besoin du soutien du SPD pour faire avancer le pacte à l'assemblée faute de disposer d'une majorité des deux tiers.

Alors que la Grande-Bretagne et certains autres Etats membres de l'UE sont hostiles à une taxe sur les transactions financières - le Premier ministre britannique, David Cameron, l'a redit jeudi à Berlin -, l'Allemagne ne sera pas en mesure d'imposer semblable taxe dans toute l'Europe.

"AVANCER ENSEMBLE"

Pour le ministère des Finances, qui le précise dans une note en bas de page de son document, au moins neuf pays de l'UE pourraient être intéressés par une coopération renforcée avec Berlin.

Dans le cadre de la politique du gouvernement visant à rallier le soutien du SPD et des Verts, un deuxième groupe de travail discute actuellement de propositions concernant la croissance et la création d'emplois venant s'ajouter aux mesures d'austérité de Merkel.

De son côté, le ministère allemand de l'Economie estime dans un autre document que la croissance ne peut venir que d'une baisse des dettes publiques.

"Par le biais d'une consolidation favorable à la croissance, les déficits publics ont pu être réduits, une vigoureuse croissance de l'économie a été dans le même temps rendue possible, des réformes du marché du travail ont engendré une hausse soutenue du nombre d'emplois", lit-on dans ce document qui cite des exemples de pays comme le Canada et l'Allemagne.

Dans un entretien télévisé diffusé jeudi, Angela Merkel a par ailleurs douché les espoirs de ceux qui espèrent que le Conseil européen des 28 et 29 juin débouche sur une avancée importante vers une union budgétaire et bancaire plus resserrée au sein de la zone euro.

Pour elle, la zone euro s'achemine inévitablement vers une union politique cédant plus de souveraineté nationale, ce qui accentuera la tendance vers une Europe à deux vitesses avec des pays hors zone euro, à commencer par la Grande-Bretagne, sur la voie lente.

"Je ne crois pas qu'un seul sommet permettra de décider d'un big bang", déclare la chancelière sur ARD. "Mais ce que nous faisons depuis quelque temps déjà et sur lequel un plan de travail va être présenté en juin, c'est de dire qu'il faut plus d'Europe."

"Tous ceux qui seront dans une union monétaire devront avancer ensemble. Nous devons être ouverts pour faire en sorte que chacun puisse y participer. Mais on ne peut pas rester sans rien faire parce que certains ne veulent pas nous rejoindre".

Avec Stephen Brown, Blandine Hénault et Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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