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Marché : Dix à quinze banques européennes échoueraient aux stress tests

Dix à quinze banques européennes échoueraient aux stress testsDix à quinze banques européennes échoueraient aux stress tests

FRANCFORT/BRUXELLES (Reuters) - Une banque européenne sur six pourrait échouer aux tests de résistance, a-t-on appris mardi de sources de la zone euro au fait du dossier.

Ces résultats, dont la Banque centrale européenne (BCE) espère qu'ils persuaderont les investisseurs que l'UE est finalement au clair avec ses problèmes bancaires, devraient inciter les Etats réticents à soutenir celles de leurs banques qui ne peuvent se financer elles-mêmes.

Selon les sources interrogées, l'Autorité bancaire européenne (ABE) devrait annoncer dans les semaines à venir qu'entre 10 et 15 des 91 banques qui ont passé ces stress tests ont échoué. Il s'agit notamment de banques grecques, allemandes, portugaises et espagnoles.

L'année dernière, sept établissements bancaires n'avaient pas validé les précédents tests de résistance, jugés insuffisamment exigeants. Ainsi les banques irlandaises les avaient-elles réussi, quelques semaines seulement avant d'être sauvées du naufrage par l'Etat irlandais.

Les tests 2011 ont cherché à déterminer si les établissements européens possédaient les fonds propres nécessaires pour faire face à des scénarios de chocs économiques sévères avec leurs conséquences telles que des prêts non remboursés. Ils ont également mesuré l'impact d'une dépréciation des titres détenus par les banques, notamment de ceux émis par la Grèce.

Les banques européennes doivent afficher un ratio de fonds propres "durs" supérieur à 5% pour réussir les nouveaux tests de résistance qui simulent une récession de deux années, dans le cadre d'une opération visant à rassurer les contribuables et à redorer l'image du secteur.

CRÉDIBILITÉ RECHERCHÉE

"Combien de banques devraient échouer? Je dirais entre dix et 15", a déclaré une source de la BCE, laquelle a élaboré les tests conjointement avec l'ABE.

Selon une autre source, l'ABE souhaite que le nombre d'échecs approche ce niveau afin de prouver que ces tests sont sérieux. Toutefois, le nombre de banques en échec ne devrait pas être plus élevé car l'ABE ne veut pas provoquer une panique sur les marchés, susceptible d'aggraver la crise budgétaire européenne.

"Afin de démontrer que ces tests sont crédibles, l'ABE devra montrer que le nombre d'échecs est significatif sans être considérable", a dit une source. "Un chiffre autour de dix semble adéquat".

Une porte-parole de l'ABE a fait savoir que les tests étaient encore en cours et a refusé de commenter les spéculations sur les résultats. Les résultats de ces tests doivent être annoncés le 13 juillet pour coïncider avec une réunion des ministres des Finances.

TEST POLITIQUE

Ces tests ont également une envergure politique. Alors que l'ABE et la BCE souhaitent mettre au jour les failles de certains banques, les régulateurs nationaux veulent de leur côté empêcher l'apparition de leurs banques sur la liste, car cela démontrerait leur incompétence à ne pas avoir eux-mêmes découvert ces failles.

"Tous les régulateurs nationaux se battront pour qu'aucune de leurs banques ne figure sur la liste", commente une source. "C'est une marque d'incompétence".

L'ABE s'efforcera toutefois de ne pas concentrer la pression uniquement sur les pays les plus fragiles, comme l'Espagne, pour ne pas créer une aversion des créanciers internationaux envers ces pays et leurs banques.

"Ils vont éviter de faire ressortir un épicentre", explique une source. "Si c'était l'Espagne, ce serait une très mauvaise nouvelle. Un échec de banques allemandes aux stress tests serait beaucoup moins risqué."

D'abord prévue fin juin, la publication des résultats a été retardée parce que certains pays, dont l'Allemagne, avaient transmis des données trop optimistes à l'ABE, qui leur a donc demandé de revoir leur copie.

En attendant les résultats officiels, dans les ministères des Finances des Etats européens, on se prépare désormais à agir pour soutenir les banques qui n'auront pas réussi les tests.

Marc Jones et John O'Donnell, Catherine Monin pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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