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Marché : Désaccords entre responsables de la fed sur l'inflation

Désaccords entre responsables de la fed sur l'inflationDésaccords entre responsables de la fed sur l'inflation

par Ann Saphir

DETROIT (Reuters) - Des divergences de points de vue entre deux responsables de la Réserve fédérale américaine sur la politique monétaire à mener sont apparues au grand jour lundi, l'un appelant à un nouvel assouplissement et l'autre suggérant au contraire qu'un tour de vis est peut-être nécessaire.

Jeffrey Lacker, président de la Fed de Richmond à la réputation de "faucon", a pris acte que les pressions sur les prix devraient être moindres au cours des prochains mois avec la baisse des cours du pétrole et autres matières premières.

Mais il continue d'estimer que l'inflation reste une menace.

"A mon sens, il ne faut pas mettre en place de nouvelles mesures de soutien. On pourrait même faire la démonstration qu'un retrait du soutien (apporté par la Fed à l'économie) sera bientôt nécessaire", a-t-il déclaré.

A l'occasion de la rotation des membres du comité de politique monétaire de la Fed, Jeffrey Lacker disposera d'un droit de vote au comité l'année prochaine.

De son côté, Charles Evans, le président de la Fed de Chicago considéré comme une "colombe", a estimé que, pour faire baisser le chômage, le pays devait être prêt à accepter un accroissement temporaire des pressions inflationnistes.

A ses yeux, la Fed devrait accentuer le soutien apporté à une économie américaine fragile en s'engageant à maintenir ses taux d'intérêt à zéro jusqu'à ce que le taux de chômage retombe sous la barre des 7%.

Charles Evans dispose actuellement d'un droit de vote au comité de politique monétaire de la Fed.

"NE PAS RÉPÉTER LES ERREURS DES ANNÉES 1930"

Si un tel soutien ne produit pas assez rapidement les résultats escomptés, la Fed devra reprendre son programme de rachat d'obligations pour faire baisser les taux à long terme, a-t-il poursuivi.

Contrairement à celui de la Banque centrale européenne, le mandat de la Fed place l'objectif de plein emploi sur le même plan que celui de la stabilité des prix.

"Etant donné que nos performances sont très médiocres au regard de notre mandat sur l'emploi, nous devons être prêts à prendre le risque d'une légère hausse de l'inflation sur le court terme si cela doit être la conséquence d'une politique destinée à faire reculer le chômage", a déclaré Charles Evans.

"Plutôt que de lutter contre le spectre de l'inflation des années 1970, je suis davantage soucieux de ne pas répéter les erreurs des années 1930", a-t-il dit, en référence au frein à la croissance qu'avait constitué la politique monétaire de la Fed lors de la Grande Dépression.

Dans la foulée de deux programmes de rachat d'obligations, dits d'assouplissement quantitatif, mis en oeuvre pour lutter contre la crise financière de 2007-2009, la Fed a poursuivi son soutien à l'économie avec le lancement, le mois dernier, d'un nouveau programme de 400 milliards de dollars visant à renforcer la part des titres à long terme dans son portefeuille d'actifs de 2.850 milliards de dollars. (voir )

Cette décision, surnommée "Opération Twist", a été adoptée malgré le vote négatif de trois membres du comité de politique monétaire, tout comme l'engagement, pris en août, de maintenir les taux d'intérêt à un niveau exceptionnellement bas jusqu'à la mi-2013.

Pour Jeffrey Lacker, l'affichage de telles dissensions reflète le débat interne au sein de la Fed et n'est pas synonyme d'une scission au sein des autorités de la banque centrale.

En revanche, Charles Evans juge que les appels à un durcissement monétaire de certains membres de la Fed nuisent à l'efficacité des mesures prises par la banque centrale pour soutenir l'économie.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand

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