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Marché : Des résultats mitigés lourdement sanctionnés en bourse

Des résultats mitigés lourdement sanctionnés en bourseDes résultats mitigés lourdement sanctionnés en bourse

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La qualité des résultats publiés jusqu'à présent par les entreprises est mitigée, estiment les analystes, mais la moindre déception est lourdement sanctionnée par les investisseurs, les incertitudes sur l'économie mondiale et les dettes souveraines amplifiant la volatilité du marché.

Mardi, 22 entreprises sur les 40 composant le CAC 40, l'indice phare de la Bourse parisienne, avaient dévoilé leurs résultats semestriels, dont dix ont fait état de chiffres inférieurs aux prévisions, selon des données compilées par Thomson Reuters.

Pour l'heure, la croissance des bénéfices des sociétés du CAC 40 atteint 8,37% au premier semestre, contre un bond de 84% sur l'année 2010 et une hausse de près de 11% attendue pour l'ensemble de l'exercice 2011. En Bourse, cette relative contre-performance s'est traduite par une baisse de près de 4,5% du CAC 40 la semaine dernière.

"Compte tenu du contexte d'incertitudes macroéconomiques, les sous-performances des entreprises sont fortement amplifiées en Bourse, de l'ordre de deux ou trois fois ce qui se serait passé dans un contexte plus normal", explique Géraud Missonnier, analyste marchés chez Saxo Banque.

Alcatel-Lucent et Vallourec ont fait figure d'exemples, chutant respectivement de plus de 15% et de près de 17% dans le sillage de leur publication.

DES SANCTIONS EXTRÊMEMENT SÉVÈRES

"Les sanctions sont extrêmement sévères et elles touchent tous les secteurs (...) D'autant plus que l'on s'attendait à une résistance de la microéconomie par rapport à la macroéconomie", note Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France.

La tendance est accentuée par l'intervention de certains investisseurs, comme les traders, jouant sur la volatilité à la hausse comme à la baisse, ajoute-t-il.

Les analystes distinguent toutefois deux catégories d'entreprises, celles subissant une déflation sectorielle et celles parvenant à répercuter la hausse de leurs coûts ('pricing power') et à améliorer leurs marges, comme Michelin, Saint-Gobain ou Renault.

"Pour le deuxième semestre, comme pour les semestres suivants, il y aura deux groupes de tailles très différentes: les entreprises qui peuvent répercuter les différents coûts dans leurs prix de vente, et d'autre part les secteurs en déflation (grande distribution, banques, assurances, automobile, pharmacie, électronique, biens d'équipement)", estime Gérard Moulin, gérant chez Delubac AM.

Dans ces conditions, les investisseurs se concentrent sur les révisions de croissance de résultats. En l'espèce, si les analystes tablaient encore en janvier sur une croissance des résultats du Stoxx 600 de 15% pour l'exercice 2011, le consensus n'anticipe plus aujourd'hui qu'une progression de 11%.

"On constate une révision à la baisse des prévisions de croissance de résultats aussi bien dans l'univers des grandes capitalisations que dans les Small et Mid Caps", relève Wilfrid Pham, directeur gestion actions de Natixis AM, rappelant que les valeurs de taille petite et moyenne sont souvent considérées comme un indicateur de la croissance économique.

"Actuellement, le consensus de croissance des résultats pour l'an prochain est d'environ 14-15%, mais on commence déjà à voir des révisions à la baisse de ces prévisions. Il ne faudrait pas que les anticipations de résultats pour 2012 ralentissent au rythme des résultats de 2011, voire leur soient inférieures", prévient Wilfrid Pham.

Dans le cas contraire, les Bourses pourraient poursuivre leur baisse, estiment les analystes alors que le CAC 40 a déjà inscrit plusieurs plus bas annuels en deux semaines, pour clôturer mardi à 3.522,79 points, son plus bas niveau depuis le 31 août 2010.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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