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Marché : Coup d'arrêt de la bce sur les taux, l'activité l'inquiète

Coup d'arrêt de la bce sur les taux, l'activité l'inquièteCoup d'arrêt de la bce sur les taux, l'activité l'inquiète

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a donné jeudi le signal que le cycle de relèvement de ses taux directeurs était interrompu, indiquant que les risques inflationnistes ne présentaient plus de biais haussier dans la zone euro et que la croissance serait, au mieux, faible.

Le conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de maintenir le taux refi inchangé à 1,5% après les hausses intervenues en avril et en juin.

"Nous nous attendons à ce que la croissance de l'économie de la zone euro soit modérée, sujette à une incertitude particulièrement élevée et des risques baissiers renforcés", a déclaré le président de la BCE lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de politique monétaire.

L'inflation devrait revenir sous le seuil de 2,0% en rythme annuel, a ajouté Jean-Claude Trichet, en précisant que les risques inflationnistes étaient "équilibrés dans l'ensemble".

Cette appréciation tranche avec celle du mois d'août lorsque le président de la BCE avait parlé de "risques haussiers sur la stabilité des prix".

Ce changement de position de la BCE sur l'inflation augure d'un abandon de la politique de relèvement de taux d'intérêt.

La révision en baisse des perspectives macroéconomiques a pesé sur l'euro, alors que la BCE avait parlé le mois dernier de risques équilibrés pour les perspectives de croissance.

"UNE ANALYSE APPROFONDIE NÉCESSAIRE"

Les projections de l'Eurosystème pour la croissance du PIB de la zone euro en termes réels ont été abaissées dans une fourchette de 1,4% à 1,8% cette année, contre 1,5% à 2,3% projetés en juin. Pour 2012, la fourchette a été revue de 0,4% à 2,2% contre 0,6% à 2,8% précédemment.

L'inflation devrait quant à elle s'établir dans une fourchette de 1,2% à 2,2% l'année prochaine, soit un point médian à 1,7%, en dessous de l'objectif de moyen terme de la BCE d'une inflation proche mais inférieure à 2,0%.

"Une analyse très approfondie de tous les développements et les données sur la période à venir est nécessaire", a déclaré Jean-Claude Trichet, ajoutant : "Nous continuerons à suivre de très près tous les développements."

Les 75 économistes interrogés par Reuters avaient unanimement anticipé un maintien inchangé des taux directeurs.

Après les deux relèvements de taux annoncés cette année, les responsables monétaires avaient laissé la porte ouverte à une poursuite du durcissement mais la détérioration de la situation économique et la résurgence de la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro ont profondément modifié les perspectives.

Les atermoiements dans la gestion de la crise de la dette ont miné la confiance au sein des 17 Etats membres de la zone euro, conduisant certains économistes à estimer à 50% le risque d'une rechute en récession.

BAISSE DE TAUX PEU PROBABLE EN OCTOBRE

Bien que l'inflation se soit maintenue à 2,5% en rythme annuel le mois dernier, nettement au-dessus de l'objectif de la BCE, les inquiétudes concernant la croissance conduisent les marchés à anticiper une baisse de taux en décembre.

Certains économistes n'excluent pas une baisse des taux dès octobre même s'il semble peu probable que Jean-Claude Trichet se déjuge avant de quitter ses fonctions le mois prochain.

"Ce n'est pas impossible mais c'est très peu probable", a déclaré Holger Schmieding, économiste à la banque Berenberg, en réponse à une question sur l'éventualité d'une baisse de taux directeurs par la BCE dès le mois d'octobre.

"Il faudrait sans doute une récession majeure (...) pour que la BCE change d'avis sur les taux, et je ne pense pas que nous soyons proches d'une telle situation", a-t-il ajouté.

Jean-Claude Trichet a souligné que toutes les mesures non conventionnelles mises en place par la BCE étaient "temporaires par nature", faisant écho aux déclarations faites cette semaine par son successeur désigné Mario Draghi.

La BCE a réactivé le mois dernier son programme de rachats de titres, lui permettant d'intervenir sur le marché secondaire de la dette publique des pays de la zone euro, afin de contenir l'envolée des taux sur les dettes italienne et espagnole.

La BCE s'est parallèlement inquiétée de ce que le soutien apportée à l'Italie ne conduise Rome à relâcher ses efforts de consolidation budgétaire. Elle semble avoir récemment modulé ses achats de titres italiens afin de maintenir la pression sur l'exécutif italien et obtenir ainsi la mise en oeuvre des mesures d'austérité promises.

Les attaques renouvelées contre la dette italienne ont poussé Rome à s'engager à relever la TVA après avoir renoncé une semaine auparavant à plusieurs mesures-clés de son programme d'austérité.

"Nous avons la confirmation qu'il y a la mise en oeuvre de ce qui a été dit en termes de résultats d'ensemble, et cela, bien sûr, est d'une extrême importance", a déclaré Jean-Claude Trichet en référence aux dernières mesures d'austérité italiennes adoptées mercredi par le Sénat et qui seront soumises lundi aux députés.

Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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