Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Consensus proche au g20 sur l'agriculture, selon bruno le maire

Marché : Consensus proche au g20 sur l'agriculture, selon bruno le maire

Consensus proche au g20 sur l'agriculture, selon bruno le maireConsensus proche au g20 sur l'agriculture, selon bruno le maire

par Sybille de La Hamaide et Marie Maître

PARIS (Reuters) - Les pays du G20 sont proches d'un accord autour de certaines propositions de la France visant à limiter la volatilité sur le marché des matières premières agricoles et éviter qu'une flambée des prix alimentaires ne provoque des tensions géopolitiques, a déclaré Bruno Le Maire.

La France estime avoir convaincu ses partenaires sur des processus d'échange d'informations et de meilleure coopération en cas de crise, a dit le ministre français de l'Agriculture lors du Sommet de l'alimentation et de l'agriculture organisé par Reuters.

Il sera toutefois très difficile de trouver un accord sur la régulation des transactions financières de matières premières", a-t-il ajouté.

"Sur la transparence, sur l'idée d'une base de donnée commune, sur l'idée d'avoir des réserves alimentaires d'urgence, sur l'idée d'une meilleure coopération entre les membres du G20 et les organisations internationales, je dirais qu'il y a un consensus," a-t-il déclaré.

La France a fait de la régulation des marchées de matières premières l'une des priorités de sa présidence du G20 à l'heure où les mauvaises conditions météorologiques ont fait flamber les prix alimentaires au point de déclencher des émeutes, en Afrique du Nord notamment.

Bruno Le Maire espère sceller un accord lors d'un G20 agricole prévu les 22 et 23 juin.

La France souhaite lancer dès cette année une base de données agricole baptisés JADI pour "Joint Agriculture Data Initiative" qui rassemblerait des chiffres fiables et à jour sur la production, les stocks, la demande et les exportations dans les Etats membres.

Bruno Le Maire ne juge pas insurmontable le fait que des systèmes de collecte de données fiables n'existent pas dans certains pays en développement comme la Chine ou l'Inde.

"A New Delhi, Pékin, Moscou, tout le monde était intéressé par ce genre de système mais, bien entendu, ils comptent sur l'aide et le soutien de pays comme la France et les Etats Unis," a-t-il dit.

LE FINANCIER POSSIBLE MAIS DIFFICILE

Sur les question clés de la régulation des marchés dérivés et de gré à gré des matières premières, la France garde des propositions précises sur la table mais n'est pas très optimiste.

"C'est possible mais ce sera aussi très difficile," a reconnu Bruno Le Maire.

Les principales propositions françaises sur ce sujet sont l'enregistrement des données sur le marché de gré à gré, l'instauration de limites de positions sur les marchés futures, de limites de fluctuation journalières de prix pour limiter la volatilité et de provisions sur les gros volumes et les transactions algorithmiques ("high-frequency trading").

Ces mesures, déjà en vigueur aux Etats-Unis et au Brésil, s'inspirent de celles proposées par l'Union européenne pour les marchés financiers. Bruno Le Maire souhaite les étendre à tout le G20.

Les membres du G20 devraient également s'entendre sur des moyens concrets permettant d'éviter des décisions unilatérales et soudaines comme l'embargo russe sur les exportations de céréales suite à la sécheresse qui a dévasté ses récoltes, une des principales causes de la flambée du prix des céréales.

La France propose de renforcer des mesures existantes au sein de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui obligent les Etats membres à notifier leurs homologues avant de suspendre leurs exportations.

RESTREINDRE LES EMBARGOS

Une autre idée serait d'exempter l'aide humanitaire des restrictions aux exportations de denrées alimentaires. Un pays ne pourrait désormais plus fermer totalement ses portes aux exportations mais devrait laisser une voie à la fourniture d'aide aux pays les plus pauvres.

"Sur cette mesure précise, nous pourrions trouver un consensus au sein des membres du G20", a dit Bruno Le Maire. "Ce ne serait pas un embargo sur les embargos aux exportations mais plutôt une limitation des embargos aux exportations."

L'idée de stocks alimentaires, principalement du riz et du blé, prépositionnés dans les pays les plus sensibles à une hausse soudaine des prix ou à une pénurie de denrées semble également acquise, a-t-il ajouté.

La question sera comment les financer. La France a mandaté le Programme alimentaire mondial (Pam) pour étudier la question et lui remettre un rapport dans l'espoir de lancer le projet avant la fin de l'année.

"Après les désastres et les événements terribles que le monde doit affronter aujourd'hui, ce serait une grande déception si les membres du G20 n'étaient pas en mesure de trouver un consensus et de prendre des décisions sur des questions aussi sensibles que la sécurité alimentaire," a conclu Bruno Le Maire.

Avec Gus Trompiz et Geert de Clercq, KT Arasu à Chicago, Veronica Brown, Eric Onstad, Nigel Hunt et David Jones à Londres, édité par Benoit van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI