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Marché : Chine et japon veulent des discussions sur la crise de la dette

Chine et japon veulent des discussions sur la crise de la detteChine et japon veulent des discussions sur la crise de la dette

par Leika Kihara et Pedro Nicolaci Da Costa

TOKYO / WASHINGTON (Reuters) - La Chine et le Japon ont appelé vendredi à la coopération internationale après la chute des marchés née des craintes de retombée des Etats-Unis en récession et de la crise de la dette dans la zone euro.

Ces appels des deux principaux créanciers étrangers des Etats-Unis soulignent les inquiétudes de plus en plus grandes au sujet d'une contagion en Asie où les marchés ont chuté après la déroute de Wall Street jeudi.

Les Bourses européennes ont poursuivi leur plongeon vendredi à l'ouverture.

Le président français Nicolas Sarkozy doit s'entretenir ce vendredi par téléphone du problème des marchés avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, selon un communiqué de l'Elysée publié jeudi soir.

Le président français doit aussi poursuivre ses discussions entamées jeudi avec le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a interrompu ses vacances pour rentrer à Bruxelles. Il doit tenir une conférence de presse.

Au Japon, le ministre des Finances Yoshihiko Noda a souligné la nécessité de traiter les problèmes de distorsion sur les marchés des changes, la crise de la dette et la question économique américaine.

"Il faut discuter de ces sujets", a-t-il dit à la presse au lendemain de l'intervention du Japon pour vendre du yen. "Chaque problème est important mais la façon de classer ses problèmes par priorité doit être discutée.

Selon des cambistes, le Japon a vendu des yens vendredi pour la deuxième journée de suite. Il s'agit de freiner la hausse de la devise, considérée par les marchés comme une valeur refuge, ce qui handicape les exportations de l'archipel.

L'ACTION DE LA BCE PAS COMPRISE

La Chine souhaite pour sa part améliorer la coordination entre puissances mondiales face à aux risques nés des problèmes de dette aux Etats-Unis et en Europe, a souligné son ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi.

Yang Jiechi a souligné la hausse du risque obligataire aux Etats-Unis et a appelé la première puissance économique mondiale à adopter une politique monétaire "responsable" et à protéger les investissements en dollars des autres pays.

Les derniers indicateurs macroéconomiques aux Etats-Unis, très médiocres, et les problèmes de dette sans fin dans la zone euro ont relancé les craintes de récession, ce qui a fait dégringoler Wall Street jeudi, rappelant les jours noirs de la crise financière en 2009.

IHS Global Insight estime à 40% la probabilité d'une nouvelle récession aux Etats-Unis.

La déroute des marchés s'est propagée à l'Asie vendredi. La Bourse de Tokyo a fini en recul de 3,7% pour retomber à son plus bas depuis sa chute d'après le séisme en mars.

Face à la chute des marchés d'actions et de certains marchés obligataires, les investisseurs investissent massivement sur le monétaire. Bank of New York Mellon a dit crouler sous les dépôts, ce qui l'a conduite à demander une commission à certain de ses gros clients.

Jeudi, les investisseurs n'ont pas du tout apprécié que la BCE n'ait pas acheté du papier espagnol et italien dans le cadre de son programme d'achat obligataires relancé jeudi, se limitant à la dette d'Etat irlandaise et portugaise, alors même que le rendement sur les titres espagnols et italiens dépassait les 6%.

Vendredi à l'ouverture, le rendement de la dette d'Etat espagnole et italienne montait à près de 6,5%.

DANS L'ATTENTE DES CHIFFRES DE L'EMPLOI US

Jean-Claude Trichet a reconnu qu'au sein de la banque, le soutien n'était pas total en faveur de cette action, soulignant par là les divisions de l'Europe sur la façon de gérer la crise de la dette qui a déjà forcé la Grèce, l'Irlande et le Portugal a solliciter des programmes de soutien.

Les investisseurs craignent désormais que ce ne soit au tour de l'Italie et de l'Espagne, troisième et quatrième économie de la zone euro, de devoir solliciter un sauvetage.

Selon les analystes, il faudrait doubler, voire tripler la capacité du Fonds européen de stabilité financière, le FESF, actuellement de 440 milliards d'euros, pour couvrir des économies de la taille de l'Italie ou de l'Espagne.

Aux Etats-Unis, les économistes soulignent qu'il y a peu de chance que le Congrès vote de nouvelles mesures de relance alors qu'il a été décidé de réduire les dépenses en compensation du relèvement de la capacité d'emprunt du pays, selon le compromis voté mardi par le Congrès et promulgué par le président Obama.

La Réserve fédérale, qui tient sa prochaine réunion de politique monétaire mardi, ne peut faire grand chose de plus que de maintenir de très bas taux d'intérêt pour relancer la croissance, estiment les économistes, alors que ses précédents programmes de rachat d'obligations ont été controversés.

En outre, le problème le plus important semble être l'emploi et pas le crédit. A ce sujet, les chiffres mensuels de l'emploi aux Etats-Unis, qui seront publiés une heure avant l'ouverture de Wall Street, sont très attendus. Les investisseurs anticipent 85.000 créations de postes le mois dernier hors secteur agricole contre 18.000 en juin.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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