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Marché : Bioalliance veut vendre en direct ses médicaments orphelins

Bioalliance veut vendre en direct ses médicaments orphelinsBioalliance veut vendre en direct ses médicaments orphelins

par Noëlle Mennella et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - BioAlliance Pharma veut créer une structure commerciale pour vendre en direct en Europe ses médicaments contre des formes rares de cancer tout en poursuivant sa stratégie d'accord de licence pour ses produits de spécialité.

Judith Greciet, la future directrice générale de la société de biotechnologie, compte renforcer d'ici trois à cinq ans le portefeuille de médicaments dits "orphelins" contre ces formes rares de cancer, qui en compte aujourd'hui trois en phase clinique.

Le plus avancé, le Livatag dans le cancer du foie, devrait être commercialisé vers 2015 tandis que le dossier du Clonidine Lauriad (cancer de la tête et du cou) devrait être déposé "dans les prochaines semaines" auprès des agences américaine et européenne pour obtenir le statut de médicament orphelin.

"L'idée est de construire une structure pour commercialiser ces médicaments orphelins. On voudrait renforcer ce portefeuille avec d'autres candidats à un stade plus avancé de leur développement et c'est là qu'intervient la croissance externe", a-t-elle déclaré lors du forum des biotechnologies organisé par Reuters.

La société recherche donc des produits dont elle pourrait achever le développement et assurer l'enregistrement et la commercialisation. Cette quête d'acquisition est "active" mais pas suffisamment avancée pour en parler, avoue Judith Greciet.

LE FINANCEMENT À L'ÉTUDE

L'objectif est de construire un portefeuille qui permette "de générer des ventes suffisantes pour rentabiliser une structure de commercialisation en Europe qui compterait une quarantaine de personnes", ajoute-t-elle.

Les revenus assurés par une commercialisation en direct réduiraient la dépendance vis-à-vis des partenaires actuels de la société.

Le premier médicament de BioAlliance, le Loramyc (traitement des mycoses buccales des patients atteints de cancer ou de sida) est commercialisé par Therabel en Europe, par Par Pharmaceuticals aux Etats-Unis et par le japonais Sosei dans l'archipel.

Dans le portefeuille du groupe figure aussi L'Aciclovir Lauriad (Sitavir), destiné au traitement de l'herpès labial qui a obtenu des résultats de phase III positifs. Judith Greciet a précisé que le dossier d'approbation sera déposé au troisième trimestre 2011 en Europe et au quatrième aux Etats-Unis.

Des discussions "sont en cours" pour trouver un partenaire pour commercialiser ce traitement dont le potentiel est estimé par BioAlliance entre 150 et 250 millions d'euros.

"On a des contacts avec des sociétés européennes, américaines. Tout est ouvert", dit-elle en espérant pouvoir conclure avec l'une d'entres elles "aussi rapidement que possible".

Judith Greciet, actuellement directrice général adjointe, remplacera Dominique Costantini, cofondatrice de BioAlliance, au poste de directrice générale à l'issue de l'assemblée générale du 29 juin.

2011, ANNÉE CHARNIÈRE

Auparavant elle a exercé chez Wyeth Pharmaceuticals France (aujourd'hui Pfizer), Zeneca et Pharmacia avant de rejoindre en 2007 le Laboratoire Eisai France, dont elle était la présidente.

Elle estime que sa "vision très marché, très business" et son "parcours sur tous les métiers commerciaux" seront bénéfiques à une société qui a aujourd'hui "un profil très R&D".

En 2010, la société a réalisé un bénéfice d'exploitation de 2,6 millions après une perte de 15,5 millions, sur un chiffre d'affaires de 22,5 millions contre 7,5 millions.

Au 31 mars 2011, sa trésorerie consolidée s'élevait à 16,2 millions d'euros, un montant qui assure à la société un an de fonctionnement

Introduite en décembre 2005 à 13,30 euros, l'action de la société se traitait à 6,36 euros (+2,75%) mercredi vers 11h00, après la publication de cet entretien.

Le titre de la société, dont la capitalisation boursière s'élève à 86,4 millions d'euros, a progressé de 15,6%, après une hausse de 13,40% en 2010.

Le capital flottant de BioAlliance totalise plus de 60%, le reste étant dans les mains de sociétés de capital-risque et de banques (AGF, ING, Financière de la Montagne, CDC).

Édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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