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Marché : Berlin ne s'enflamme pas sur l'issue du conseil européen

Berlin ne s'enflamme pas sur l'issue du conseil européenBerlin ne s'enflamme pas sur l'issue du conseil européen

par Matthieu Protard et Matthias Inverardi

PARIS/DUSSELDORF (Reuters) - L'Allemagne a quelque peu douché lundi les espoirs des investisseurs en affirmant qu'il ne fallait pas attendre du Conseil européen du 23 octobre qu'il apporte un remède miracle à la crise que traverse la zone euro.

Lors d'un discours à Düsseldorf, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble les a prévenus qu'ils auraient tort de croire que ce sommet débouchera sur une solution définitive.

Ces propos ont semé le trouble, entraînant à la baisse les Bourses et les valeurs financières qui avaient ouvert en hausse. L'indice bancaire européen a perdu 1,84%.

La réunion de dimanche prochain est toutefois perçue par le marché comme une étape cruciale, l'Allemagne et la France devant à cette occasion présenter leurs propositions pour sortir de la crise après que la chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy ont promis le 9 octobre d'y apporter une réponse "durable et globale".

Les propositions franco-allemandes doivent notamment porter sur une recapitalisation bancaire et un renforcement des capacités d'intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Le sommet européen, a indiqué Wolfgang Schäuble, devrait adopter un plan de résolution de crise en cinq points, incluant une réduction de la dette publique grecque.

Dimanche, il avait déjà clairement laissé entendre que les créanciers privés d'Athènes devraient accepter une décote volontaire supérieure à celle de 21% prévue par l'accord européen du 21 juillet.

Un relèvement de la participation des banques au deuxième plan de sauvetage de la Grèce est toujours en négociations.

Charles Dallara, directeur exécutif de l'Institut de la finance internationale (IFI), l'un des principaux interlocuteurs des pouvoirs publics sur ce dossier, s'est refusé à tout commentaire sur l'éventualité d'une décote portée à 50%.

"PAS LE DROIT À L'ERREUR"

"Les politiques n'ont pas le droit à l'erreur en termes de communication. La moindre déception se traduira par une réaction violente à la baisse sur des marchés actions qui viennent de reprendre 15% en 10 jours", commente Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

"Nous restons optimistes sur la faisabilité d'un accord mais le rebond a été tellement marqué ces dernières semaines qu'il y a un risque de déception s'il faut plus de temps qu'attendu par les investisseurs", remarque aussi Dan Morris, stratège de JP Morgan Asset Management.

Dans le même temps, les discussions se poursuivent sur les modalités d'une recapitalisation des banques en Europe, jugée essentielle par les pouvoirs publics pour ramener la confiance et soulager la pression du marché sur les valeurs bancaires.

La France, qui n'entend pas pour le moment utiliser les deniers publics pour renforcer le capital des banques françaises, a indiqué que les établissements, même les plus solides, devraient être recapitalisés.

"Les banques françaises vont être recapitalisées, alors qu'elles sont solides", a déclaré la ministre du Budget Valérie Pécresse, sur la radio RMC. "Parce que nous sommes dans un climat d'une extrême nervosité. Et dans ce climat de manque de confiance, nous devons renforcer toutes les banques."

La directrice générale du Fonds monétaire international a pour sa part déclaré que les banques européennes avaient les moyens de se recapitaliser toutes seules sans solliciter l'argent public.

"Il y a beaucoup de banques aujourd'hui qui peuvent faire appel à leurs actionnaires", a souligné Christine Lagarde, sur Europe 1, sans entrer dans les détails.

Des négociations sont par ailleurs en cours pour accélérer le calendrier d'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation Bâle III pour forcer les banques à atteindre le ratio de 9% de fonds propres dès 2012 au lieu de 2013.

"Est-ce que c'est 9% dans un calendrier plus court ? Ce sont des sujets en discussion", indique une source du ministère de l'Economie.

Avec Matthias Blamont et Jean-Baptiste Vey à Paris, Steve Slater à Londres, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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