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Marché : Athènes rend le seuil des 90% obligatoire pour la dette

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par Harry Papachristou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce a fait savoir vendredi qu'elle pourrait renoncer à opérer un échange de dette vital pour obtenir une nouvelle tranche de l'aide internationale si trop peu d'investisseurs participent à cette opération.

Cette dernière, destinée à retrancher 37 milliards d'euros à son encours de dette requiert l'approbation de 90% des investisseurs du secteur privé, a expliqué Athènes aux autres capitales dans une lettre officielle.

La Grèce avait précédemment fait de ce seuil un objectif et non une condition. Ce seuil s'applique aux créanciers obligataires détenant du papier arrivant à échéance d'ici 2014 et d'ici 2020.

"Si ces seuils (ou l'un ou l'autre) ne sont pas atteints, la Grèce n'ira pas plus loin sur quelque partie de la transaction que ce soit", écrit le gouvernement grec.

La Grèce s'est toutefois laissée une marge de manoeuvre, précisant qu'elle ne se retirerait de l'affaire que si la proportion des investisseurs participants ne satisfaisait ses partenaires internationaux tels que l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Tel serait le cas si "elle se rendait compte, en consultation avec les autorités publiques, que la contribution totale des créanciers du secteur privé (...) était insuffisante pour permettre aux autorités publiques de soutenir le nouveau programme d'ajustement pluriannuel".

"C'est une manoeuvre tactique. Elle veut mettre la pression sur les investisseurs privés pour qu'ils participent", dit un responsable d'une banque grecque. Selon lui, le seuil de 90% est ambitieux et il estime que la transaction se fera de toute façon même s'il n'est pas atteint.

Le secteur bancaire grec plongeait de 7,24% vers 13h00 GMT en Bourse d'Athènes.

"PAS MAL DE RETARD"

L'Institut de la Finance internationale (Ifi), organisme bancaire qui coordonne les discussions, a dit jeudi que 60% à 70% des créanciers obligataires avaient fait part de leur intention de participer au plan.

Ils seront sans doute plus nombreux, a-t-il ajouté, une fois qu'une proposition aura présentée en bonne et due forme.

La Commission européenne a dit de son côté croire que suffisamment d'investisseurs privés participent pour assurer la viabilité du programme de renflouement.

Un banquier parisien signale toutefois que la querelle du collatéral consenti par la Grèce à la Finlande en échange de prêts risque de compliquer la chose.

Helsinki n'entend pas renoncer à cette garantie et sa ministre des Finances Jutta Urpilainen a dit vendredi que le pays serait irresponsable si elle renonçait à cette exigence.

"J'ai le sentiment qu'il y a eu pas mal de retard dans la finalisation de la méthodologie et dans la mise en oeuvre de ce plan", estime ce banquier. "Il y a de gros soucis également sur les contributeurs au dispositif définitif, compte tenu de ce qui se passe en Finlande, en Autriche et dans d'autres pays, et sur sa ratification.

La Grèce veut rallier au plan des investisseurs détenant autour de 135 milliards d'euros de dette, sur les quelque 150 milliards d'euros qui arriveront à échéance d'ici 2020.

Il a été demandé aux investisseurs de faire part de leur intérêt, non contraignant, à participer à l'échange d'obligations d'ici au 9 septembre, ont dit des banquiers. Après quoi, sera formulée une proposition officielle et contraignante, sans doute début octobre, ont-ils ajouté.

L'idée d'impliquer le secteur privé dans un second renflouement de la Grèce vient d'un monde politique soucieux d'épargner au contribuable une partie de ce nouveau fardeau financier. Cette idée impliquerait une perte de 21% pour les créanciers obligataires.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Catherine Monin

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