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Marché : Asmussen, un pragmatique pour remplacer stark à la bce

Asmussen, un pragmatique pour remplacer stark à la bceAsmussen, un pragmatique pour remplacer stark à la bce

par Annika Breidthardt

BERLIN (Reuters) - Jörg Asmussen devrait se montrer plus pragmatique que Jürgen Stark, l'homme qu'il va remplacer au sein de la Banque centrale européenne, et sa nomination pourrait marquer la fin d'une longue lignée de banquiers centraux allemands n'ayant qu'une seule obsession : la lutte contre l'inflation.

Même ceux qui connaissent bien Jörg Asmussen le décrivent comme une énigme quand il s'agit de politique monétaire. Ses collègues soulignent par ailleurs aussi bien sa compétence que sa capacité à rester calme quand il est sous pression.

Agé d'à peine 44 ans, il a franchi les échelons du ministère allemand des Finances à une vitesse ahurissante, passant d'une position de jeune conseiller en 1996 à celui de vice-ministre des Finances 12 ans plus tard.

Au cours des trois dernières années, il a été l'un des acteurs clefs des réponses que Berlin a apportées aussi bien à la crise financière mondiale qu'à la crise de la dette dans la zone euro.

La connaissance intime de Jörg Asmussen de l'économie et de la finance internationale, mais aussi du secteur bancaire ou encore des questions de régulation et de plans de sauvetage, ont conduit le ministre des Finances Wolfgang Schäuble à le garder comme numéro deux après les élections de 2009, malgré son appartenance au SPD, parti dans l'opposition depuis deux ans.

Depuis, il a assumé le rôle de sherpa de l'Allemagne lors des réunions du G20 et a représenté la première économie européenne lors de grands sommets financiers internationaux. Il a également assuré l'intérim à la tête du ministère des Finances lorsque Wolfgang Schäuble a été hospitalisé plusieurs semaines il y a près d'un an.

Ceci étant, dans ces différentes fonctions, Jörg Asmussen a surtout été un négociateur en coulisses, quelqu'un chargé de résoudre les problèmes avec en ligne de mire la position officielle de l'Allemagne.

Au cours de cette période, il a ainsi très peu exprimé ses propres opinions.

PLUTÔT UN 'FAUCON'

"Comment il va réfléchir et agir est encore un mystère. Personnellement, je crois qu'on peut le ranger davantage dans la catégorie des faucons que dans celle des colombes, mais j'imagine qu'il va adopter une position de médiateur", a déclaré Manfred Neumann, professeur émérite qui a connu Jörg Asmussen comme étudiant en économie à Bonn.

Jürgen Stark, que Jörg Asmussen remplacera au sein du directoire de la BCE, était un partisan de la ligne dure en termes de politique monétaire, incarnant la tradition orthodoxe allemande dans ce domaine.

Excédé par le programme de rachats d'obligations souveraines mené par la BCE, Jürgen Stark a démissionné de son poste vendredi, deux ans et demi avant la fin de son mandat, une décision qui a provoqué une onde de choc sur les marchés.

Ce départ est intervenu sept mois après celui, tout aussi inattendu, d'Axel Weber pour les mêmes raisons. Ces deux démissions ont montré à quel point les tenants de l'orthodoxie en matière d'inflation étaient désormais isolés au sein de la BCE.

En raison de son appartenance au SPD, certains conservateurs allemands redoutent que Jörg Asmussen ne fasse trop de concessions aux 'colombes' de l'Europe du Sud.

"Il a certainement les qualités et le profil pour le poste. Mais je me demande s'il jouera le même rôle qu'Otmar Issing (ancien économiste en chef de la BCE), Stark ou Weber dans la défense de la stabilité de la politique monétaire", s'est interrogé Klaus-Peter Willsch, un élu de la CDU.

D'autres estiment que, comme le président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la BCE Jens Weidmann, Jörg Asmussen, natif de la ville de Flensburg, à deux pas de la frontière danoise, se coulera dans le moule de la tradition allemande une fois qu'il arrivera à Francfort.

Jens Weidmann et Jörg Asmussen, qui ont tous deux eu Axel Weber comme professeur d'économie à Bonn, ont depuis trois ans travaillé main dans la main dans les réponses apportées par Berlin à la crise financière.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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