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Marché : Angela merkel invite à se hâter lentement pour l'union bancaire

Angela merkel invite à se hâter lentement pour l'union bancaireAngela merkel invite à se hâter lentement pour l'union bancaire

par Noah Barkin et Stephen Brown

BERLIN (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel a jugé lundi "improbable" qu'un superviseur bancaire unique soit opérationnel en Europe dès le 1er janvier, estimant qu'il importait d'abord d'asseoir la crédibilité de la réforme.

Lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, différée cette année dans l'attente du verdict de la Cour constitutionnelle allemande sur le nouveau Mécanisme européen de stabilité (MES), la chancelière a aussi exprimé son soutien à la politique de rachats d'obligations souveraines par la Banque centrale européenne.

L'annonce de la BCE, l'avis favorable de la cour de Karlsruhe au MES et la victoire des libéraux pro-européens aux élections législatives néerlandaises ont soulagé les marchés, permettant à l'euro de revenir à son meilleur niveau depuis mai face au dollar.

Angela Merkel est du coup apparue détendue à sa conférence de presse, répondant pendant une heure et demi aux questions des journalistes.

Elle a apporté un soutien remarqué à son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, qui, pendant le week-end, a relativisé la perspective de voir la BCE assumer dès janvier son nouveau rôle de superviseur unique pour les banques de la zone euro.

"La question n'est pas de faire quelque chose le plus vite possible qui, au bout du compte, ne marchera pas; c'est de regagner la crédibilité", a-t-elle dit.

Elle a ainsi jugé "assez improbable" que la nouvelle autorité soit opérationnelle dès le 1er janvier, estimant qu'il valait mieux aller "un peu plus lentement" pour assurer qu'elle soit de "haute qualité".

SOUTIEN À LA BCE

Angela Merkel a parallèlement écarté l'idée que des banques en difficulté puissent faire appel au MES dès à présent, sans que l'union bancaire ne soit encore en place.

La création du superviseur unique, qui devra être avalisée par les 27 Etats membres de l'UE, vise à rompre l'interdépendance entre les banques en crise et les gouvernements endettés, un cercle vicieux qui a exacerbé la crise de la dette depuis trois ans dans la zone euro.

L'Allemagne était l'un des pays à avoir défendu la réforme dès le sommet européen de juin dernier, mais elle a depuis mis en garde contre une mise en oeuvre trop hâtive et s'inquiète de perdre son droit de regard sur ses nombreuses Landesbanken et banques coopératives.

Interrogée sur les critiques formulées à l'encontre des rachats obligataires de la BCE par le président de la Bundesbank Jens Weidmann, Angela Merkel a estimé que son ancien conseiller économique avait le droit d'exprimer ses opinions sur les stratégies de crise.

Wolfgang Schäuble, au contraire, avait jugé ce week-end que le débat public sur le programme de rachats d'obligations risquait d'entamer la confiance dans la BCE.

La chancelière a veillé à ménager Weidmann, dont les critiques sont partagées par une bonne partie de l'opinion publique allemande, tout en exprimant son soutien au président de la BCE Mario Draghi.

La BCE, a-t-elle dit en substance, ne viole pas son mandat en achetant des obligations d'Etats qui en font la demande moyennant le respect de strictes conditions.

"Si la BCE détermine que la transmission monétaire est devenue difficile, alors elle doit prendre des mesures pour assurer la stabilité des prix; ce n'est pas à nous de lui fixer des limites", a-t-elle fait valoir. "Le gouvernement allemand a la conviction que la question de la stabilité monétaire justifie les dernières décisions de la BCE".

Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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