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Marché : Affrontement économique etats-unis/chine au sommet de l'apec

Affrontement économique etats-unis/chine au sommet de l'apecAffrontement économique etats-unis/chine au sommet de l'apec

par Caren Bohan et Michael Martina

HONOLULU, Hawaï (Reuters) - Le sommet Asie-Pacifique (Apec) à Honolulu a donné lieu samedi à des échanges contradictoires entre les Etats-Unis et la Chine, les deux géants de la région dont les analyses divergent en matière économique.

Le président chinois Hu Jintao a voulu, lors de son intervention, assurer les autres dirigeants de l'ouverture de Pékin aux échanges commerciaux et à la poursuite de réformes.

Il a en contrepartie souligné que son pays entendait peser davantage dans les grandes orientations de l'économie mondiale, et estimé que les pourparlers du cycle de Doha, sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), demeuraient le lieu privilégié de débat sur le libre-échange.

Barack Obama a estimé lui que Pékin devait respecter les règles en vigueur sur la protection de la propriété intellectuelle et laisser le yuan s'apprécier face au dollar.

"Ce que je dis depuis mon premier jour en fonction (...), c'est que nous voulons que les Chinois respectent les règles. Et le dossier des changes est probablement un bon exemple", a dit le président des Etats-Unis.

"Pour une économie comme celle des Etats-Unis - dont le principal avantage compétitif réside dans notre savoir, nos innovations, nos brevets, nos droits d'auteur -, il est inacceptable de ne pas bénéficier du niveau de protection nécessaire dans un marché aussi important que la Chine", a-t-il poursuivi.

Dans le contexte de morosité économique, avec un chômage qui se maintient obstinément aux alentours de 9% de la population active américaine, Barack Obama, qui briguera dans un an un nouveau mandat, est pressé d'agir pour tenter de rééquilibrer les relations commerciales avec la Chine.

Lors d'une rencontre bilatérale avec Hu Jintao, il a fait état de la "frustration croissante" de l'opinion publique américaine face aux pratiques de la Chine en matière de commerce et de changes, jugées déloyales, a rapporté à la presse un conseiller du président américain.

"Le déficit commercial et les problèmes de chômage ne sont pas la conséquence du taux de change du yuan et même une forte appréciation du yuan ne réglerait pas les problèmes auxquels sont confrontés les Etats-Unis", a répliqué Hu Jintao, cité par le site chinanews.com à Pékin.

MOYENS D'ACTION LIMITÉS

Les Etats-Unis ne disposent guère de moyens d'influencer Pékin: la Chine est en effet le premier détenteur de dette américaine avec plus de 1.100 milliards de dollars.

Le débat sur le cadre à privilégier pour organiser le commerce régional illustre le désaccord sino-américain.

Les Etats-Unis privilégient leur projet de Partenariat transpacifique (TPP) aux objectifs commerciaux plus stricts que ceux du cycle de Doha.

Hu Jintao, qui s'exprimait devant une assemblée de dirigeants d'entreprises, a assuré que la Chine était déterminée à faire progresser le libre-échange autour de l'océan Pacifique. Il a toutefois souligné que les pourparlers de Doha devaient se poursuivre afin de déboucher au plus vite sur un accord offrant des concessions sur les taxes douanières aux pays les moins développés.

Autre débat en cours, la représentation de la Chine au FMI. Les Etats-Unis comme les pays européens renâclent à céder plus de pouvoirs aux grands pays émergents au sein du Fonds monétaire international.

La gouvernance économique, a répondu Hu Jintao, doit refléter l'évolution du paysage mondial afin de renforcer "la voix des marchés émergents et des pays en développement".

"La Chine oeuvrera à réformer le système économique international et à créer un ordre économique international plus juste et équitable", a-t-il ajouté, soulignant que Pékin "jouera un plus grand rôle dans l'économie internationale et les institutions financières".

Avec Laura MacInnis; Gregory Schwartz et Henri-Pierre André pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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