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Marché : Accélération confirmée de la croissance française fin 2010

Accélération confirmée de la croissance française fin 2010Accélération confirmée de la croissance française fin 2010

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - L'économie française a rebondi de 1,5% en 2010 après avoir subi en 2009 la pire récession depuis la Seconde guerre mondiale, a confirmé vendredi l'Insee, accréditant le scénario d'une accélération progressive d la croissance au fil des trimestres.

La croissance des trois derniers mois de l'an dernier a été révisée en hausse, à 0,4% contre 0,3% estimé initialement mi-février, alors que celle du troisième trimestre a été revue à la baisse dans les mêmes proportions, à 0,2% contre 0,3% annoncé auparavant, selon les comptes nationaux détaillés.

Quelques heures avant la publication de ces chiffres, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait confirmé viser une croissance de 2,0% cette année, que nombre d'économistes jugent encore exagérément optimiste.

"Je vais maintenir ma prévision de croissance pour 2011 à 2,0%", a-t-elle dit lors d'une interview exclusive à Reuters Insider réalisée aux Etats-Unis.

Le gouvernement devrait présenter le mois prochain ses prévisions actualisées dans le cadre du programme de stabilité soumis à la Commission européenne.

Christine Lagarde a affiché la même confiance en matière de réduction des déficits publics, que le gouvernement entend ramener à 6,0% du PIB cette année après 7,7% l'an dernier.

"Je n'ai pas encore les chiffres définitifs mais je crois que nous ferons du très, très bon travail pour poursuivre la baisse du déficit en 2011 comme en 2010", a-t-elle dit.

CONFIANCE

Plusieurs enquêtes et indicateurs ont montré ces dernières semaines une nette amélioration du climat des affaires et des perspectives d'activité dans de nombreux secteurs de l'économie.

La production industrielle a ainsi augmenté de 1,0% en janvier, soit deux fois plus qu'attendu et la confiance des industriels a atteint en mars son plus haut niveau depuis trois ans.

"Ce mouvement d'amélioration des enquêtes dure depuis plusieurs mois et il est assez général, il est bien affirmé en France comme dans les autres pays, il concerne tous les secteurs, donc on pense qu'il traduit une réalité", a déclaré à Reuters Frédérique Cerisier, économiste de BNP Paribas.

"Si on a un très bon premier trimestre, de l'ordre de 0,7-0,8% de croissance comme le prévoit la Banque de France, (la prévision gouvernementale de 2,0%) devient accessible. Ça n'est pas gagné mais il faut reconnaître que c'est plus plausible qu'il y a quelques mois."

La Banque de France a réaffirmé il y a deux semaines sa prévision d'une croissance de 0,8% sur les trois premiers mois de l'année, même si son gouverneur, Christian Noyer, a souligné que la tendance du début 2011 ne se maintiendrait sans doute pas sur l'ensemble de l'année.

L'INFLATION MENACE LE POUVOIR D'ACHAT

L'accélération de la croissance au quatrième trimestre est due notamment à la vigueur de la consommation des ménages, qui a progressé de 0,9% sur les trois derniers mois de l'année, après +0,5% sur juillet-septembre.

Une accélération qui ne doit rien à l'amélioration du pouvoir d'achat, bien au contraire: l'inflation (+0,5% après +0,2%), nourrie notamment par l'envolée des prix de l'énergie et de l'alimentation, a effacé une bonne partie de la hausse de 0,8% du revenu disponible brut, limitant la progression du pouvoir d'achat à 0,3% sur octobre-décembre, contre +0,7% au troisième trimestre.

Les ménages ont en fait puisé dans leurs économies pour augmenter leurs dépenses: le taux d'épargne a diminué de 0,5 point pour revenir à 15,6% en fin d'année, son plus bas niveau depuis fin 2008. En moyenne sur 2010, le taux d'épargne des Français ressort à 15,8%, en baisse de 0,4 point.

Une autre enquête publiée vendredi par l'Insee a montré une dégradation de la confiance des ménages en mars.

"C'est la question clé pour les ménages pour les mois à venir, souligne Frédérique Cerisier. Est-ce que le marché du travail va se redresser suffisamment rapidement pour que l'accélération de l'inflation ne soit pas trop mordante? Ce n'est pas du tout certain et c'est ce qu'il faut surveiller."

Les entreprises non-financières, elles, ont réduit leur taux de marges d'un demi-point au quatrième trimestre, à 29,3%. Un repli qui s'explique à la fois par la hausse des matières premières, qui a limité la progression de la valeur ajoutée, et par les hausses de salaires (+0,9% au quatrième trimestre) et d'effectifs (+0,2%).

En moyenne sur l'année, le taux des marges des sociétés non-financières ressort à 29,7% après 29,8% en 2009.

Marc Angrand, édité par Patrick Vignal

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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