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Marché : 3.000 milliards de réserves qui pèsent sur l'économie chinoise

3.000 milliards de réserves qui pèsent sur l'économie chinoise3.000 milliards de réserves qui pèsent sur l'économie chinoise

par Aileen Wang et Koh Gui Qing

PEKIN (Reuters) - L'accumulation de devises par la Chine, dont les réserves de change ont dépassé les 3.000 milliards de dollars, symbolise au premier abord l'enrichissement rapide du pays, mais à bien y regarder elle est également signe d'un dysfonctionnement de la deuxième économie mondiale.

Selon les analystes, ces gigantesques réserves révèlent à quel point le yuan est sous-évalué, annoncent une poussée inflationniste et suggèrent que le gouvernement chinois pourrait investir bien davantage pour favoriser une croissance viable.

La Banque populaire de Chine a annoncé jeudi que ses réserves de change, les plus importantes au monde devant celles du Japon, avaient augmenté de 197 milliards de dollars au premier trimestre pour atteindre 3.050 milliards de dollars, soit le triple des réserves japonaises.

"C'est clairement beaucoup trop, cela dépasse largement les besoins et, bien plus grave, c'est préjudiciable pour l'économie", commente Stephen Green, économiste chez Standard Chartered.

Sur les dix dernières années, les réserves ont été multipliées par 17.

Pour chaque dollar engrangé, la Chine imprime 6,5 yuans, irriguant son économie de liquidités. Or Pékin peine justement à drainer les flux excessifs de liquidités et connaît une inflation approchant d'un plus haut de trois ans.

ÉCONOMIE LOCALE SACRIFIÉE

Pour neutraliser cet excès de liquidités, la Chine a entrepris des opérations dites de "stérilisation", en procédant notamment au relèvement des réserves obligatoires des banques à 20%, afin de limiter le crédit.

Selon la plupart des estimations, les besoins de réserves de la Chine s'élèveraient à environ 780 milliards de dollars. Ce montant permettrait de se conformer aux normes de garantie standard en cas de crise financière, à savoir financer trois mois d'importations et couvrir l'ensemble de la dette chinoise à court terme.

Mais la Chine continue cependant à amasser des réserves, refusant de laisser le yuan s'apprécier de crainte d'affecter ses exportations, au grand dam de ses partenaires commerciaux, notamment des Etats-Unis.

Cette politique n'est pas sans conséquence sur l'économie locale puisqu'elle va à l'encontre d'un soutien nécessaire à la consommation pour compenser la croissance timide de certaines exportations chinoises, analyse Ji Lie, chercheur à la Central University of Finance and Economics.

"Laisser l'ensemble de l'économie locale souffrir d'une forte inflation seulement pour protéger les exportations, c'est un prix trop fort à payer."

"Au vu du vaste marché (qu'elle représente), la Chine ne peut pas se permettre de sacrifier son économie interne."

En 2009, les exportations nettes chinoises représentaient seulement 4% de la production totale du pays, la consommation et l'investissement comptaient pour 48% chacun.

L'APPRÉCIATION DU YUAN, ENJEU MAJEUR

Mais alors, où investir ces 3.000 milliards de dollars? Cette gigantesque somme laisse peu de possibilités en dehors du placement dans la dette américaine, ce qui implique que Pékin soit vulnérable aux fluctuations du dollar.

Si la Chine avait laissé le yuan s'apprécier librement, les investissements auraient pu être destinés à la construction d'écoles ou d'hôpitaux qui manquent cruellement dans le pays.

La Chine est le premier détenteur étranger d'emprunts d'Etat américains, avec 1.150 milliards de dollars de dette américaine fin janvier.

Toutefois, Pékin commence progressivement à réaliser qu'un yuan plus fort permettrait de mieux combattre l'inflation.

La banque centrale a par ailleurs annoncé la semaine dernière permettre les transactions entre le yuan et un éventail plus étendu de devises sur son marché local des changes, soulignant la détermination de Pékin à accroître le poids de sa devise sur la scène internationale.

Catherine Monin pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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