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Marché : 'vers une plus grande sélectivité' des investisseurs

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(CercleFinance.com) - Après une année 2011 pénible, les marchés d'actions signent un grand retour depuis trois mois, avec des gains qui atteignent par exemple plus de 20% en 10 semaines pour l'indice DAX. Maxime Botti, gérant de fonds actions chez Reyl Asset Management, explique l'attitude à adopter face à ce rebond.

Cercle Finance: Comment avez-vous vécu le récent redressement des marchés d'actions?

Maxime Botti: Les mois de janvier et février ont été difficiles pour les tenants d'une approche systématique basée sur la sélection d'actions. Le sauvetage de la Grèce et les opérations de refinancement de la BCE ont déclenché un rebond boursier dans lequel bon nombre d'investisseurs ont voulu rentrer à tout prix, sans vrai discernement. Cela s'est traduit par un rachat de la cote de manière non discriminante qui n'a pas rendu la tâche facile aux 'stock pickers' que nous sommes. Cette dynamique de flux passée, je crois que nous allons assister à une plus grande sélectivité de la part des opérateurs. Tant mieux, car notre méthodologie de 'stock picking' se montre particulièrement efficace lorsque le marché ne fait que se concentrer sur les fondamentaux.

CF: Quelle stratégie faut-il choisir à l'heure actuelle?

MB: Pour ce qui nous concerne, nous continuons de déployer la même philosophie d'investissement, basée sur une association d'éléments de finance comportementale et de facteurs fondamentaux traditionnels. C'est cette dernière approche qui nous permet d'amortir les points d'inflexion et les cassures qui marquent le passage entre deux phases distinctes de marché (à la hausse ou à la baisse). Nous adaptons ensuite notre stratégie localement, en fonction des régions. Ce système fonctionne très bien pour les pays émergents et l'Europe. Aux Etats-Unis, nos performances s'avèrent parfois plus contrastées en raison de la qualité et de la rapide diffusion de l'information dans le pays. Sur les marchés américains, il se révèle souvent plus difficile de profiter des opportunités d'arbitrage.

CF: Continuez-vous à croire au potentiel des marchés émergents?

MB: Le monde émergent représente pour nous un vrai pays de cocagne. Il s'agit d'un marché encore très fragmenté qui recèle d'énormes opportunités en matière de 'stock picking' puisque nous nous appuyons sur une couverture d'une trentaine de pays. C'est le terreau idéal pour notre méthodologie. Plus généralement, c'est là-bas que sont produites les richesses aujourd'hui et qu'on génère les excédents.

CF: Avez-vous des valeurs recommandées dans les pays émergents?

MB: Il nous est difficile d'afficher une préférence pour tel ou tel titre alors que nous maintenons en permanence des positions ouvertes sur 300 à 400 valeurs. S'ajoute à cela un taux de rotation extrêmement élevée, compris entre 30% et 40%. A l'heure actuelle, notre première pondération, Gazprom, ne représente pas plus de 1% de notre portefeuille.

CF: Après les marchés émergents, les analystes mettent désormais en avant tout le potentiel des marchés frontières (Croatie, Nigeria, Koweit, Qatar,...). Est-ce le bon moment pour s'y intéresser?

MB: Pour des questions de liquidité, nous jugeons qu'il est encore trop tôt pour y investir. L'une des conditions sine qua non de notre intérêt pour une classe d'actifs est sa liquidité, à laquelle on peut ajouter l'existence de bases de données satisfaisante sur une période prolongée. Pour les marchés frontières, ces critères ne sont pas réunis aujourd'hui d'après nous, mais rien ne dit qu'ils ne le seront pas dans le futur.

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