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Marché : 'un environnement plutôt favorable pour les actions'

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(CercleFinance.com) - Les Bourses européennes alignent les séances de hausse depuis une dizaine de semaines. Cela signifie-t-il que la crise est finie pour autant? François Savary, qui dirige le département d'analyse financière à l'origine des stratégies d'investissement de Reyl & Cie, répond aux questions de Cercle Finance.

Cercle Finance: Après le succès de l'opération d'échange de la dette grecque, où en sont les marchés aujourd'hui?

François Savary: Nous répétons depuis plusieurs mois que l'année 2012 constituera un rendez-vous extrêmement important pour les marchés. Il y a peu de temps, les investisseurs s'interrogeaient encore sur la possibilité d'un retour en récession de l'économie mondiale. Ces doutes ont été levés en début d'année: une rechute en récession sera évitée cette année. A ce titre, les mois de janvier et février ont marqué un profond changement dans la physionomie des marchés, avec une attitude beaucoup plus optimiste de la part des investisseurs. La principale raison de cet engouement est l'injection massive de liquidités réalisée par les banques centrales, aux Etats-Unis mais également dans le reste du monde. Nous sommes en train d'assister à une convergence des politiques monétaires mondiales dans un sens plus expansif. Est-ce que ce mouvement va perdurer dans les prochains mois? Toute l'évolution des marchés en dépend.

CF: S'agit-il d'un scénario favorable pour les actions?

FS: Le pire scénario possible serait celui d'une déflation généralisée. Nous l'appelons 'maladie japonaise', du nom de la longue période déflationniste qui a frappé le Japon à partir des années 1990. Ce postulat est tout simplement inconcevable pour la Fed et les autres banques centrales anglo-saxonnes. Ben Bernanke, le patron de la Réserve Fédérale, l'a clairement laissé entendre au mois de janvier. Il préfère prendre le risque d'une inflation maîtrisée qu'ouvrir la porte à la déflation. In fine, cela devrait créer un environnement globalement plutôt favorable pour les actions et les matières premières.

CF: Existe-t-il un véritable risque énergétique?

FS: Ce risque est actuellement indéniable, tout particulièrement en ce qui concerne la zone euro. La faiblesse de la monnaie unique signifie que les prix pétroliers libellés en euro sont revenus à des niveaux proches de leurs plus hauts de 2008. Au-delà de 140 ou 150 dollars le baril, on serait face à un réel danger. De fait, le mécanisme de propagation peut se réaliser par trois biais: en grevant les dépenses d'investissement en Europe, en pénalisant le pouvoir d'achat via l'augmentation des prix à la pompe aux Etats-Unis et en limitant les politiques d'assouplissement en Asie du fait de l'accélération de l'inflation.

CF: Et quant au risque politique?

FS: Si l'on se projette dans un horizon de trois à six mois, un ensemble de facteurs économiques, financiers et géopolitiques incite à se montrer vigilants en termes d'allocations d'actifs. Non seulement l'Europe s'apprête à être frappée par la récession, mais il lui sera difficile de renouer avec des taux de croissance supérieurs à 1% par la suite. La situation est aggravée par la situation géopolitique mondiale. Je crois que cela justifie une approche défensive au niveau de la sélection des actifs. Les investisseurs ont évidemment intérêt à détenir du cash et je ne recommande pas plus de 35% de pondération en actions au sein d'un portefeuille. Les marchés d'actions sont, de mon point de vue, mûrs pour une consolidation, qui pourrait atteindre 5% à 7% par rapport aux niveaux actuels. Cela ne signifie pas forcément qu'il faudra se précipiter sur les actifs au lendemain de la correction. Le dossier Iran/Israël comporte encore beaucoup trop de risques.

CF: L'Asie est-elle toujours la région la plus intéressante pour les investisseurs?

FS: Chez Reyl & Cie, nous considérons que chaque correction boursière constitue une occasion idéale pour se renforcer vis-à-vis des marchés émergents, quelles que soient les classes d'actifs, tout particulièrement en Asie. Les dernières statistiques économiques montrent que la Chine dispose d'une marge de manoeuvre suffisante pour concrétiser un 'atterrissage en douceur' par le biais d'une politique de baisse des taux. Nous privilégions, en ce qui nous concerne, les groupes asiatiques bénéficiant de la montée de la consommation intérieure ou les grandes multinationales étrangères liées d'une façon ou d'une autre à la consommation, ce qui va de LVMH à Swatch en passant par Siemens et Schneider.

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