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Marché : 'nous ne voyons pas de retour à la récession'

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(CercleFinance.com) - Dans un entretien accordé à CercleFinance, François Savary, Directeur des Investissements chez REYL & Cie, revient sur les perspectives économiques pour les États-Unis et pour l'Europe.

Cerclefinance: Peut-on craindre un retour à la récession aux États-Unis?

François Savary: Les chiffres des quatre à cinq dernières semaines illustrent clairement un essoufflement de la croissance, mais nous ne croyons pas qu'il se transformera en récession. N'oublions pas que l'économie américaine a créé plus de deux millions d'emplois depuis la reprise de la croissance en 2009, et les derniers indices ISM se maintiennent au dessus des 50 [frontière entre expansion et contraction de l'activité, NDLA]. Autre point rassurant, les prêts industriels restent orientés à la hausse en glissement annuel. Après le plongeon de 2008-2009 et la forte reprise gonflée par un effet de base favorable, nous sommes entrés dans une troisième phase: celle-ci sera marquée par une croissance durablement erratique où accélérations et ralentissements alterneront, une période comparable à ce qu'ont connu les États-Unis dans les années 1950.

CF: La fin du 'QE2' marque-t-elle selon vous un tournant définitif dans la politique monétaire de la Fed?

FS: Si la possibilité d'un 'QE3' nous paraît exclue pour le reste de l'année, la Réserve fédérale peut garder la porte ouverte à des ajustements quantitatifs à plus long terme: elle pourrait réactiver ce type de mesures si les destructions d'emplois reprennent aux États-Unis. Une éventuelle reprise des ajustements quantitatifs dépendrait du bilan que l'on pourra tirer quant aux effets du 'QE2' sur l'économie réelle, au-delà de son impact évident sur les marchés financiers. Il est en tout cas certain que le 'QE2' a contribué à ranimer l'inflation, car les liquidités sont finalement allées, pour l'essentiel, sur les marchés émergents et sur les matières premières.

CF: Doit-on s'attendre à une accentuation des tensions inflationnistes?

FS: Les tensions inflationnistes pourraient sembler s'assagir à court terme, grâce notamment à des effets de base, mais fondamentalement, nous nous dirigeons vers plus d'inflation. Les indicateurs économiques ternes en Europe ou aux États-Unis pourraient certes laisser penser que l'inflation devrait ralentir, mais ils ne nous paraissent plus vraiment pertinents, car ce sont désormais les économies émergentes qui génèrent l'essentiel de l'inflation.

CF: Vous attendez-vous à de nouvelles hausses de taux directeur par la BCE dans les mois à venir?

FS: Le BCE pourrait effectivement procéder à des hausses de taux, principalement pour des raisons de crédibilité, ce qui constituerait selon nous une erreur. L'Europe nous paraît obnubilée par l'inflation, alors que son problème essentiel porte sur son potentiel de croissance économique. Les responsables de la BCE semblent penser que l'économie dans son ensemble se porte bien en raison des chiffres de l'Allemagne ou d'autres pays d'Europe du Nord, mais il ne faut pas oublier que trois pays de la zone euro sont déjà confrontés à des plans d'austérité drastiques qui plombent leurs économies et que d'autres comme la France et l'Italie ont besoin d'ajustements budgétaires importants.

CF: Les obligations gouvernementales des grands États de la zone euro pourraient-elles encore profiter de la crise des dettes des pays périphériques?

FS: Si les obligations françaises ou allemandes en ont bien profité jusqu'à présent, nous nous montrons plus réservés pour la suite, car elles pourraient maintenant pâtir de cette crise, quelle que soit l'option choisie par les dirigeants européens. Dans le cas où les Européens opteraient pour une intégration plus marquée, avec une péréquation financière entre les États membres, cette solution impliquerait un alourdissement de la dette allemande dont la qualité pourrait dès lors se trouver dégradée aux yeux des investisseurs. Dans l'autre hypothèse, l'ensemble de dettes pourrait souffrir d'une défiance accrue après des restructurations de certaines dettes, à commencer par celle de la Grèce. Cette restructuration nous paraît difficilement évitable, car le pays ne pourra de toute façon pas rembourser une dette publique représentant 150 à 160% du PIB avec une économie sans croissance pendant plusieurs trimestres, voire plusieurs années.

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