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Les banques ne recouvreront pas pleinement leur santé financière avant 2023

samedi 26 septembre 2020 à 11h00
Secteur bancaire mondial – Le rétablissement s'étalera jusqu'en 2023, ou plus

(BFM Bourse) - S&P Global Ratings a multiplié les révisions négatives sur le secteur bancaire depuis mars, et l'agence de notation redoute qu'il soit difficile aux grands groupes bancaires de retrouver leurs ratios financiers d'avant le Covid-19.

Le rétablissement du secteur bancaire mondial s'étalera jusqu'en 2023, ou au-delà. Voilà le pronostic peu réjouissant dressé par S&P Global Ratings, dans le sillage de la multitude des constats de dégradation des finances dressés par l'agence, ayant entraîné ces derniers mois plus de 300 décisions négatives sur le crédit (dégradation de la perspective ou abaissement pur et simple de notes).

Les conséquences de la pandémie de coronavirus et du choc baissier sur le pétrole ont durement touché les institutions financières à travers le monde. L'agence récapitule avoir pris pas moins de 335 mesures de notation négatives dans le monde depuis le début de l'épidémie, et le retour aux niveaux de solidité financière d'avant-crise sera lent et incertain, souligne-t-elle.

D'une part, l'agence a déjà revu négativement ses anticipations sur les tendances économiques et sectorielles sous-tendant la vigueur économique de nombreuses économies du G20, qui représentent à ce jour l'essentiel de l'activité des grands groupes bancaires. Et la tendance apparaît devoir plutôt persister dans le même sens, dans la mesure où les risques de baisse sont toujours au premier plan.

Même pour les marchés bancaires les mieux lotis que sont la Chine -où les banques ont constitué des provisions relativement importantes et où l'économie pourrait croître cette année- ou encore le Canada, Singapour, Hong Kong, la Corée du Sud et l'Arabie Saoudite, S&P voit peut de chances d'un retour à des ratios pré-crise avant la fin 2022.

Aux États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne, Italie, Japon, Australie, Brésil, Indonésie et Russie notamment, il faudra vraisemblablement attendre fin 2023. S'agissant des banques opérant en Europe notamment, l'agence s'attend à une augmentation significative des créances irrécouvrables en 2020 (certes depuis des niveaux historiquement bas). Ces pertes de crédit resteront élevées en 2021. En effet le plein effet ne se fera sentir qu'une fois retirées les mesures de soutien budgétaires. Comme cela interviendra plus tardivement en France a priori, il devrait y avoir un effet retard plus marqué avec des pertes encore plus forte en 2021 qu'en 2020.

Et pour certains marchés, tels que l'Inde, le Mexique ou l'Afrique du Sud, les systèmes bancaires pourraient ne retrouver leur niveaux d’avant-crise qu’au-delà de 2023.

Globalement il apparaît difficile aux banques d'échapper aux tendances des marchés dans lesquels elles opèrent. "Nous estimons que le rétablissement dépendra davantage de facteurs macro-économiques et de l’action des pouvoirs publics que de métriques de crédit individuelles. Comme pour les entreprises, l’impact de la pandémie est très inégal selon les régions du globe. Une différence essentielle dans le cas des banques étant l’effet retard avec lequel se manifestent ralentissement et rebond économiques", ajoute l'agence.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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