Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Les actions asiatiques demeurent un gisement de croissance trop peu exploité des investisseurs

samedi 12 juin 2021 à 12h00
Bouteilles de gin Ginebra S. Miguel

(BFM Bourse) - Nul n'ignore d'où vient l'essentiel de la croissance mondiale. Pourtant, les investisseurs occidentaux sont souvent peu exposés aux actions asiatiques. Les Bourses d'Asie recèlent pourtant de belles affaires, à condition de pouvoir surmonter un certain nombre d'obstacles...

Les économies des pays asiatiques sont vivement reparties : selon la Banque Mondiale, l'Asie orientale et le Pacifique devraient enregistrer cette année une croissance de 7,7% et la partie sud (sous-continent indien) un essor de 6,8%, davantage que toutes autres régions du monde. Beaucoup d’entreprises locales sont en pleine croissance et de nouveaux champions locaux émergent... mais les investisseurs européens profitent peu de ce dynamisme, déplore Amiral Gestion. "L’Asie est encore sous-représentée dans leurs portefeuilles alors que la zone recèle beaucoup d’opportunités d’investissement", indiquent dans une tribune les gérants de la société indépendante tricolore, connue pour son biais fondamental et "value".

Ce désintérêt apparent s’explique par les particularités de ces marchés. Force est de reconnaître que la spécificité des normes comptables locales et la barrière de la langue ne rendent pas leur abord facile.

L’accès à l’information est également difficile et disparate. Nombre de sociétés cotées en Asie ne publient aucune information en anglais. Il faut également être capable de décrypter les biais culturels. Par exemple, les entreprises chinoises ont souvent un biais optimiste, elles communiquent sur le bon côté des choses. À l’inverse, les entreprises japonaises ont tendance à voir le verre à moitié vide : leurs dirigeants sont généralement très conservateurs en termes de prévisions. Autant de biais au travers desquels l'analyste doit se frayer un chemin...

Mais une fois ces barrières d’entrée passées, les opportunités sont nombreuses en Asie, assure Amiral Gestion. Notamment :

• Des valorisations attractives : le ratio cours sur bénéfices estimés pour 2022 est de l’ordre de 15 en Asie, alors qu’il dépasse 20 aux Etats-Unis (et avoisine 16 en Europe). En termes de (Price/Earnings ratio) de Shiller (cours rapporté à la moyenne des profits sur 10 ans), les marchés asiatiques sont plus attractifs que tout autre région.

• Une faible couverture : une vingtaine d’analystes suivent en moyenne chaque grande valeur aux Etats-Unis et 17 en Chine, mais seulement 3 en Inde, 4 en Corée, en Thaïlande et au Japon. Ce suivi plus réduit crée des opportunités : il est plus facile d’identifier des anomalies de marchés, des entreprises sous-valorisées.

• L’arrivée d’une nouvelle génération d’entrepreneurs : le Japon est souvent vu comme un pays traditionnaliste dont les entreprises sont gérées selon des préceptes d'un autre âge. La réalité est tout autre, selon Amiral, qui relève de 80 introductions en Bourse par an au Japon. "Beaucoup de jeunes entreprises introduites en bourse ont été créées par des trentenaires ou des quadras, qui ont fait leurs classes chez Google ou Facebook avant de revenir au pays. Elles sont très bien gérées et ont des liens avec les économies de toute la région". Pigeon -leader des produits de puériculture notamment sur le marché chinois- est un de ces géants asiatiques méconnus.

• Un vivier d’entreprises en croissance : En huit ans, le nombre de sociétés cotées a augmenté de 33% sur les marchés asiatiques développés et de 54% sur les marchés émergents (où... 8000 nouvelles entreprises ont rejoint la cote). Ces entreprises arrivent plus tôt sur les marchés qu’en Europe. Elles n’ont pas fait l’objet de plusieurs tours de financements par le private equity ou le capital risque. Ce qui permet, le cas échéant, de se positionner plus en amont de la création de valeur. "Partout en Asie, des entreprises innovantes et rentables arrivent en bourse. La qualité de ces entreprises, mesurable par leur retour sur capitaux employés, est en nette augmentation. Il y a de vraies opportunités d’investissement à saisir", apprécie la société de gestion.

Au sein de différents fonds de sa gamme Sextant, Amiral mise ainsi sur diverses sociétés asiatiques peu connues dans nos contrées à l'image de MAP Aktif, un groupe de distribution spécialisée indonésien coté depuis 2004, ou le producteur philippin de spiritueux Ginebra (majoritairement détenu par San Miguel).

Amiral a aussi un fort biais japonais (près de 50% de l'actif de son fonds Sextant Asie). Dans l'archipel, ses gérants misent notamment sur le cabinet de conseil Business Brain Showa-Ota, sur Anest Iwata, fabricant de compresseurs, de pompes à vide et d'équipements et de systèmes d'application de peinture et revêtement ou encore sur la société de gardiennage et de sécurité Secom Joshinetsu. Sextant Asie détient aussi des parts d'une entreprise nippone pour le coup extrêmement connue chez nous : Nintendo.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+318.80 % vs +31.40 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat