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Et si l'après-coronavirus signait la revanche des petites sociétés cotées en Bourse?

samedi 27 juin 2020 à 07h00
Lectra, une small caps à l'implantation locale sur qui mise Amplegest

(BFM Bourse) - Les investisseurs pourraient être amenés à porter un regard plus clément sur les PME françaises cotées, qui ont souffert de la chute printanière des marchés davantage que les grandes capitalisations, parie Amplegest. La crise provoquée par la pandémie du coronavirus pourrait en effet servir de révélateur de leurs vertus - à commencer par un ancrage plus local.

Malgré un parcours boursier difficile, et ce depuis plus de deux ans, les petites valeurs françaises constituent toujours une sérieuse opportunité d’investissement. Telle est la conviction d'Augustin Bloch-Lainé, gérant actions en charge des fonds Amplegest Mid Caps et Amplegest PME au sein de la société de gestion éponyme. "La crise du Covid-19, qui a mis en lumière la nécessité de revenir à une production locale et à une consommation raisonnée et responsable, pourrait même déboucher sur un monde nouveau qui appartiendra davantage aux PME qu’aux grandes multinationales", avance le gérant.

Force est de reconnaître que les petites capitalisations déçoivent depuis plus de deux ans. "De manière inhabituelle, elles sous-performent nettement les plus grosses capitalisations sur une période prolongée". À la mi-juin 2020, le CAC Small Net Return affichait ainsi une chute de -32,3% contre seulement -14,35% pour le CAC 40 depuis le dernier pic des marchés, atteint le 31 janvier 2018. Cette correction s’est traduite par une diminution des multiples de valorisation -une dévalorisation des actions par rapport à leurs résultats puisqu'au cours des deux dernières années ces entreprises ont, dans la très grande majorité des cas, fait progresser leurs bénéfices.

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En raison de la crise sanitaire, 2020 s’annonce encore plus difficile sur ce plan puisque peu de sociétés seront capables d’améliorer leurs résultats. Cependant, la matérialisation (aussi brutale fut-elle) du risque de crise, plus ou moins redouté après plus de dix ans d’expansion, pourrait restituer aux investisseurs un horizon d’investissement long. Horizon soutenu par la loi Pacte, qui cherche à réorienter l’épargne en particulier de l’assurance-vie et du Plan Epargne Retraite vers ce compartiment, rappelle Augustin Bloch-Lainé - mais que la crise du Covid-19 a étouffé pour l’instant.

Une approche private equity

Aux yeux du gérant, cette crise a également servi de révélateur. "Dans un contexte économique et politique instable, les entreprises capables d’affronter des vents moins porteurs se sont durablement construit une réputation et se sont révélées aux yeux des investisseurs".

Prônant une méthode d’analyse des entreprises cotées très proche de celle du private equity, Amplegest s'oriente vers des sociétés ayant une assise financière solide, une activité bénéficiant d’une certaine récurrence et un bon niveau de rentabilité. Bref, des sociétés dont la pérennité n'est peu ou pas susceptible d'être remise en cause par la crise - laquelle pourrait même entraîner une revalorisation des "survivants".

Comme chaque crise, celle-ci pourrait également générer des opportunités directes. Amplegest en voit de nombreux exemples.

Bilendi, fournisseur de panels pour les instituts de sondage, est un acteur 100% online. La crise pourrait bien faire disparaître définitivement les enquêtes réalisées dans la rue, élargissant ainsi considérablement le marché adressable de cette société. De même, Virbac, spécialiste de la santé animale, pourrait bénéficier de la forte hausse des adoptions d’animaux de compagnie pendant le confinement. Le leader mondial du catamaran, Fountaine Pajot, pourrait être porté par une nouvelle façon de voyager d'une clientèle fortunée, favorisant les espaces privés et isolés. Pour leur part, Ateme (fournisseur de solutions de compression vidéo) et Xilam (producteur de contenus animés) profitent déjà de la propension des ménages à consommer de plus en plus de divertissement à leur domicile. Enfin, Pharmagest, éditeur de solutions logicielles pour le secteur de la santé, pourrait voir sa croissance s'accélérer à la suite de la révélation de certaines carences technologiques dans ce secteur, développe le gérant.

Un ancrage plus local comme atout

Par ailleurs, dans un monde qui souhaite simplifier ses chaînes logistiques (produire plus près, employer des ressources locales), les petites capitalisations auront bien moins à se réinventer que les grandes entreprises car leurs empreintes géographiques sont, par construction, plus étroites. Lectra, qui est une magnifique entreprise spécialisée dans les systèmes de découpe automatique pour l'industrie du prêt-à-porter, l'automobile et l'ameublement -un acteur typique de l’industrie 4.0- a depuis longtemps fait le choix de maintenir sa production à Cestas, dans la région de Bordeaux, quand ses principaux concurrents délocalisaient en Asie. "Cette crise a permis de révéler maintenant la pertinence de cette décision prise il y a plus d’une décennie", apprécie Augustin Bloch-Lainé.

"Si l’avenir est à une production locale, à une consommation raisonnée et responsable ainsi qu’à une plus faible interdépendance des régions du monde, alors il appartient sans doute davantage aux petites entreprises qu’aux multinationales", conclut le gérant.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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