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En Bourse, mieux vaut diversifier son portefeuille qu'essayer d'éviter les krachs

dimanche 14 octobre 2018 à 12h00
Mieux vaut diversifier qu'essayer d'éviter les fluctuations des indices boursiers

(BFM Bourse) - Inutile d'essayer de passer à travers les phases de chute des marchés en allégeant son portefeuille quand les indices sont chers. A long terme, seule la diversification des actifs préservera vos performances. A condition de s'astreindre à cette approche même quand les actions sont à la mode.

Eviter Ies krachs des marchés actions en réduisant tactiquement son exposition quand les valorisations sont trop élevées ? A long terme, cette approche ne fonctionne pas d'après AQR, une société américaine de gestion alternative. C'est encore la bonne vieille diversification qui marche le moins mal.

D'abord ne pas perdre

La principale source de performance en Bourse étant de… savoir limiter les pertes, les investisseurs ont la hantise de la prochaine correction de grande ampleur sur les marchés. Un krach brutal –généralement imprévisible– et voilà les gains de plusieurs années d’épargne anéantis ! Malheureusement, essayer de limiter les dégâts sur son portefeuille en réduisant tactiquement son exposition aux actions produit souvent des résultats décevants, explique AQR Capital Management.

11 krachs boursiers avec 33% de pertes en moyenne depuis 1929

Dans une étude parue au troisième trimestre, AQR a étudié la performance de différentes stratégies de protection lors des chacune des grandes corrections boursières observées depuis un siècle, en retenant celles dépassant 20% depuis les plus-hauts – conventionnellement désignés comme les phases de "bear market".

Depuis le krach de 1929, le marché américain (à l’aune du S&P 500) a subi onze de ces chutes supérieures à 20%, recense AQR, soit un peu plus d’une par décennie. En moyenne, Wall Street a perdu 33%. Et il a fallu en moyenne 27 mois pour récupérer le niveau d’avant-crise – à supposer que les investisseurs aient su faire le dos rond plutôt que de perdre espoir (en vendant généralement au point bas). Pouvoir tout simplement éviter les phases de baisses apparaît donc en théorie comme une possibilité intéressante.

Les krachs boursiers s'annoncent rarement à l'avance

Le principal problème est qu’il est improbable qu’un investisseur bénéficie d’une capacité quasi surnaturelle à prévoir un krach après l’autre, ni même de déceler parmi les nombreuses corrections qui s’enclenchent lesquelles se transformeront en bear market d’ampleur. Pour les Cassandre, c’est généralement le niveau jugé extravagant des marchés qui annonce une inéluctable correction. Or, l’histoire montre qu’un excès de valorisation –considéré selon le ratio CAPE (ou Shiller PE) pour les besoins de l’étude d’AQR- est loin d’annoncer correctement les krachs. Certes, les baisses ont été plus marquées en moyenne lorsque les indices partaient d’un niveau de valorisation élevé. Mais pour autant, un krach n'intervient pas systématiquement à chaque fois que les valorisations deviennent en apparence trop généreuses.

Un excès de prudence est tout aussi délétère pour la performance

Loin de là : un investisseur qui aurait donc réduit son exposition à chaque fois que les ratios s'envolent n'aurait pas été en mesure de bénéficier d'une grande partie de la performance à long terme des marchés, note AQR. Exemple très récent : en août 2016, le marché américain a atteint le décile supérieur de sa fourchette historique de valorisation (il est devenu plus cher qu'il ne l'a été pendant 90% de son histoire), ce qui n'a pas empêché de continuer à grimper par la suite jusqu'au pic atteint au début de ce mois d'octobre.

Diversifier représente la meilleure solution à long terme

Les calculs d'AQR montrent que la meilleure alliée des investisseurs est en fait la bonne vieille diversification, en veillant bien à détenir en portefeuille des classes d'actifs décorrélées des actions comme les obligations et les matières premières, lesquelles ont -en moyenne- dégagé des résultats positifs en phase de forte baisse des actions.

Une discipline qui peut être difficile à respecter

AQR souligne que le plus difficile peut être de s'en tenir à une telle diversification aussi bien dans les phases de tourmente boursière que lorsque les indices sont au beau fixe. En soi, diversifier son portefeuille y introduit de nouveaux risques : les actifs diversifiés, obligations ou matières premières, seront en effet forcément amenés à connaître des périodes de sous-performance qui pourraient inciter à s'en défaire - et s'exposer de façon excessive au prochain krach boursier.

C'est l'une des raisons pour laquelle la diversification peut être difficile à mettre en pratique, en dépit de ses avantages en théorie évidents...

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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