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Après dix années de surperformance, les actions japonaises gardent un potentiel de revalorisation

dimanche 9 janvier 2022 à 07h00
Vue de Toyko depuis Roponggi Hills avec au premier plan à gauche la Tokyo Tower

(BFM Bourse) - Alors que va débuter (le 1er février) l'année du Tigre d'eau, les marchés asiatiques recèlent un véritable dragon que les investisseurs internationaux n'ont pas encore totalement découvert, avance M&G Investments.

C'est jusqu'ici un gisement de performance qui a largement échappé aux investisseurs internationaux: alors que les gérants mondiaux étaient significativement sous-pondérés sur les actions japonaises, celles-ci sont généré une performance remarquable ces dernières années. En effet, sur la période de dix ans qui s'étend jusqu'au 31 décembre 2021, l'indice Topix (Tokyo stock Price IndeX, souvent jugé plus représentatif du marché japonais un peu à l'image du S&P 500 par rapport au Dow Jones pour les Etats-Unis) a généré un rendement total annuel composé de 13 % (en devise locale), pointe Carl Vine, gérant chez M&G Investments. En dehors de l'indice S&P500, qui a enregistré un rendement composé de 16,5% en moyenne sur la même période, ce résultat est bien supérieur aux rendements des autres grands marchés, plutôt à un chiffre.

Cette décennie de rendements solides a été facilitée par une vague de réformes importantes au sein des entreprises japonaises, dans le sillage des mesures de redressement mises en place par le gouvernement Shinzō Abe à partir de 2012. Dans le cadre de cette campagne coordonnée, surnommée "Abenomics", diverses agences gouvernementales ont fait pression sur le secteur privé dans le but d'améliorer la gouvernance des entreprises et augmenter leurs bénéfices.

Et les Abenomics ont bien porté leurs fruits: au cours des dix dernières années, la croissance du résultat d'exploitation et des bénéfices par action des grandes firmes japonaises a dépassé celle des sociétés cotées des autres grands pays (entreprises du S&P 500 comprises cette fois). Or, malgré cette amélioration significative, les marges bénéficiaires japonaises sont encore inférieures de moitié à celles des États-Unis, ce qui suggère une marge d'amélioration supplémentaire, juge le spécialiste qui a repris l'an dernier la gestion du M&G (Lux) Japan Fund, le fonds phare de la société de gestion britannique sur la thématique japonaise.

"Des changements extraordinaires ont lieu"

L'amélioration des marges n'est toutefois qu'une partie de l'histoire de la réforme des entreprises nippones. "Le véritable changement, qui a été naturellement lent à se mettre en place, est le changement de mentalité que nous constatons dans les conseils d'administration à travers le Japon. Alors que les entreprises réévaluent ce qui est nécessaire pour rester leaders, des changements extraordinaires ont lieu, notamment des réévaluations totales des lignes d'activité, des portefeuilles de produits et de la composition du bilan", indique Carl Vine.

Cela a des implications positives non seulement pour les marges, mais aussi pour les revenus - grâce à un positionnement plus compétitif et à une meilleure économie unitaire par une meilleure optimisation des actifs et une réduction des investissements en capital.

Pourtant, le cours des actions japonaises ne semble pas encore à la hauteur de cette toile de fond encourageante, estime Carl Vine. Alors que le programme de réformes continue de s'accélérer, les perspectives de surperformance des bénéfices et de rendement du capital lui semblent encore "très bonnes".

3.000 sociétés cotées au Japon

De son côté Richard Kaye, gérant du fonds Comgest Growth Japan (un des plus performants sur la thématique) assure que pour les investisseurs le marché japonais demeure "l’un des plus intéressants au monde, à condition de sélectionner les bonnes entreprises". Il existe près de 3.000 sociétés cotées au Japon dont beaucoup sont ignorées par les analystes financiers. Un grand nombre d’entre elles ont survécu à tous types de défis (des décennies d’appréciation du yen, le manque de ressources naturelles, le risque géopolitique, la stagnation économique, la concurrence asiatique…), un vivier de candidats pour un portefeuille de croissance.

Parmi les principales position du M&G Japan figuraient fin 2021 des poids-lourds tels que Toyota, Sony, Nitendo ou Hitachi. Carl Vine mise également sur des entreprises moins connues en occident comme Kinetsu World Express, un géant de la logistique, Sparx Group (gestion d'actifs) ou Orix Corporation, un groupe de services financiers associé à Vinci pour la gestion des aéroports du Kansai et d'Osaka.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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