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Frédéric Rozier : Vigilance sur les marchés, "septembre est un mois difficile"

(Tradingsat.com) - Tombé tout près de 4100 points le 8 août dernier, puis remonté à 4500 points un mois plus tard, le CAC 40 semble hésiter à présent sur la marche à suivre. Le point sur la situation avec Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert.

Tradingsat.com : Comment expliquez-vous le comportement du marché pendant l’été ?

Frédéric Rozier : En termes de proportion, le rebond est un peu similaire à celui qui avait suivi la chute de mai-juin en 2013. Cet été, les tensions géopolitiques ont d’abord clairement joué un rôle dans la correction du marché, mais les craintes entourant le problème ukrainien ont été peu à peu « gommées ». D’une certaine façon, les investisseurs se sont « acclimatés » à la situation, qui - pour l’instant du moins - ne semble plus devoir dégénérer. D’autre part, la dégradation de la conjoncture européenne a alimenté les anticipations d’intervention de la BCE. Les mauvaises nouvelles sont devenues de bonnes nouvelles aux yeux du marché, et Mario Draghi a finalement exaucé le souhait des opérateurs.

Tradingsat.com : Les décisions du Président de la BCE peuvent-elles suffire à relancer la croissance européenne ?

Frédéric Rozier : A ce stade l’efficacité des LTRO (opérations de refinancement à long terme des banques européennes à des conditions avantageuses) n’est pas prouvée. Il est difficile de savoir si le lien entre ce type de mesure et la sphère réelle de l’économie va s’opérer. Bien sûr, la réduction du taux de dépôt - passé de -0,10% à 0,20% - peut pousser les banques à prêter les sommes récupérées plutôt que de les placer à la BCE. Mais est-ce que cela va vraiment relancer le crédit alors que la plupart des banques affirment aujourd’hui qu’il y a un problème de demande et non pas un problème d’offre ? Par ailleurs, vouloir aplanir davantage une courbe des taux qui se situe déjà à des niveaux historiquement bas risque d’avoir un effet limité.

Tradingsat.com : Quels sont les secteurs en Bourse qui peuvent néanmoins profiter du contexte ?

Frédéric Rozier : Les financières ont profité des annonces de la BCE sur la baisse des taux et le lancement d’un programme d'achats de titres adossés à des actifs (ABS) et d'obligations sécurisées. Le repli de l’euro face au dollar qui a suivi ces mêmes annonces a logiquement favorisé les valeurs dollars. On assiste à une rotation sectorielle rapide, « d’opportunisme ». Paradoxalement, les défensives se sont également bien comportées, alors que ce type de situation devrait théoriquement plutôt favoriser les cycliques. Or, celles-ci n’ont pas bougé. Les obligations ne rapportant plus grand-chose, les investisseurs semblent acheter des actions « faute de mieux » et se placent sur des actions sous valorisées de qualité, telles qu’Air Liquide ou Essilor. Ils ne sont pas prêts pour le moment à miser sur la reprise économique.

Tradingsat.com : Quel conseil donnez-vous aujourd’hui pour les semaines à venir ?

Frédéric Rozier : Nous sommes vigilants. Septembre est statistiquement le mois le plus difficile, le plus baissier pour les marchés. La saisonnalité est donc défavorable au moment où les indices américains atteignent des records. Les prochains résultats trimestriels ne s’annoncent pas phénoménaux malgré l’amélioration de la parité euro/dollar. Les perspectives économiques restent atones. La BCE a abaissé ses prévisions de croissance et d’inflation. Il n’y a donc pas matière à créer un important mouvement acheteur sur le marché. Nous avons commencé à prendre quelques profits, tout en participant aux thèmes du moment, en achetant quelques valeurs dollars par exemple.

Tradingsat.com : Quels types de secteurs et de valeurs sont à privilégier ?

Frédéric Rozier : Nous avons acheté un peu de Publicis, dont plus de 40% du chiffre d’affaires est libellé en dollars. Nous regardons aussi le secteur agroalimentaire, très exposé aux pays émergents, à l’image de de Danone. Nous restons positifs sur des dossiers défensifs comme Sanofi ou Essilor, ainsi que sur le secteur du luxe. Nous sommes à pondération sur les financières, et notre préférence dans ce secteur va aux assureurs, et en particulier à Axa.

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