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Gregory Moore : "nous restons assez exposés aux cycliques et aux financières"

(Tradingsat.com) - Alors que la Grèce n'a jamais été aussi près d'un accord avec ses créanciers publics et privés - à moins que ne ce soit de la faillite - les indice boursiers continuent à faire preuve de fermeté, visiblement soutenus par les incroyables quantités de liquidités déversées par la BCE. Gregory Moore, gérant chez Montségur Finance, nous explique pourquoi le fonds Opportunités fait encore mieux que le marché en ce début d'année.

Tradingsat.com : Que vous inspire la bonne tenue des actions depuis le début de l'année 2012 ?

Gregory Moore : Elle s'explique par l'action de la Banque Centrale Européenne, en particulier le refinancement à trois ans mené pour près de 500 milliards d'euros auprès des banques en décembre. Une seconde opération se prépare d'ailleurs à la fin de ce mois, qui pourrait dépasser les 1000 milliards. Parallèlement, les tensions sur les dettes souveraines se sont fortement atténuées, comme le montre le net repli des taux auxquels se sont déroulées les dernières émissions de dettes de l'Italie et de la France. Les mesures prises par la BCE peuvent s'assimiler à un véritable assouplissement quantitatif, à l'image de celui mené par la Fed aux Etats-Unis. Reste à savoir si les monceaux de liquidités que les banques sont allées cherchées auprès de la BCE vont être réinjectées dans l'économie réelle.

Tradingsat.com : Les perspectives économiques de la zone euro ne sont-elle pas justement inquiétantes ?

Gregory Moore : Il y a en effet des difficultés économiques, une croissance très certainement amoindrie, voire une récession probable. En parallèle, alors que lors de la crise de 2008, il s'agissait d'un problème d'endettement au niveau des entreprises, nous sommes face aujourd'hui à un véritable problème de surendettement des Etats. Pour y remédier, des tour de vis très importants sont actuellement mis en œuvre en Espagne, et en Italie, et dans une moindre mesure en France, avec le risque toutefois de ralentir encore davantage une économie déjà fragilisée.

Tradingsat.com : Comment gérez vous le fonds Montségur Opportunités dans ce contexte ?

Gregory Moore : Le fonds est investi quasiment à 100% pour profiter de la tendance, en restant assez exposé à la fois aux valeurs cycliques, liées à l'automobiles, à la construction… et aux valeurs financières, celles-là même qui avaient fortement souffert en 2011 et qui bénéficient aujourd'hui d'un fort mouvement de rattrapage. C'est ce qui explique la nette « surperformance » du fonds depuis le début de l'année (+17%) par rapport au CAC 40 (+8%), à laquelle les valeurs moyennes participent grandement.

Tradingsat.com : Quelles valeurs financières détenez-vous en portefeuille ?

Gregory Moore : Société Générale et Natixis figurent dans le fonds Montségur Opportunités. Le cours de bourse de la SG a été littéralement massacré l'année dernière avec une chute de près de 60%. Le titre était tombé à des niveaux qui intégraient un scénario vraiment très noir. A 15 euros, la valorisation n'intégrait plus que les activités de banque de réseau. Tout actif a un prix. De même pour Natixis, qui a sombré avec le secteur alors que son exposition aux dettes souveraines est nulle. Nous nous sommes par ailleurs récemment positionnés sur Boursorama aux alentours de 5,5 euros ; le titre devrait selon nous profiter d'une actualité favorable en terme d'ouvertures de compte.

Tradingsat.com : A quelles autres valeurs vous êtes vous récemment intéressés ?

Gregory Moore : Nous avons entré Carrefour en portefeuille, en arbitrant avec Casino dans le secteur de la distribution. D'une part, la valorisation des actifs de Carrefour est largement supérieure au cours de bourse, et nous jouons d'autre part le redressement opérationnel du groupe avec l'arrivée d'un nouveau dirigeant. Nous avons ensuite racheté de l'Alcatel-Lucent, une valeur toujours très volatile, dite à fort bêta, pénalisée fin janvier par une mauvaise publication de son concurrent suédois Ericsson. Le groupe nous semble très bien placé pour profiter des gros investissements auxquels les opérateurs télécoms doivent procéder pour faire face à l'essor des flux de données. Deux ans après l'arrivée de Ben Verwaayen, l'amélioration opérationnelle du groupe nous paraît tangible, tandis que les craintes sur le besoin de trésorerie ont diminué avec la récente cession de la filiale Genesys pour 1,5 milliard d'euros.

Propos recueillis par François Berthon

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