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Igor de Maack : "Les grandes capitalisations "value" ont encore du potentiel"

(Tradingsat.com) - Revenue à 4500 points, la bourse de Paris semble hésiter sur la marche à suivre. La tendance est positive mais le marché éprouve peut-être le besoin de temporiser en attendant de nouveaux catalyseurs. Le point avec Igor de Maack, co-gérant des fonds actions françaises Centifolia et Gallica, de DNCA Finance, éligibles au PEA.

Tradingsat.com : Le CAC 40 culmine au plus haut depuis septembre 2008. Comment voyez-vous la suite ?

Igor de Maack : Nous arrivons en quelque sorte à une phase de plateau, à la confluence de deux mouvements: d’un côté la reprise macroéconomique qui se dessine en Europe, et de l’autre un redressement de la courbe des bénéfices des entreprises, qui n’a pas encore vraiment débuté, même si nous avons de bons résultats trimestriels. La demande domestique européenne est en train de se reconstruire, doucement, dans un contexte où la croissance mondiale reste en phase d’expansion malgré l’hiver rigoureux aux Etats-Unis, les doutes dans les pays émergents, et le risque géopolitique ukrainien. Le tout soutenu par des politiques monétaires qui devraient rester accommodantes particulièrement en Europe où la communauté financière attend l’annonce et les contours du programme quantitatif promis par la BCE en juin.

Tradingsat.com : La situation géopolitique en Ukraine est-elle une menace importante pour les marchés ?

Igor de Maack : C’est un sujet qui va rester lancinant, et qui risque d’apporter de la nervosité et de la volatilité sur les marchés. Il faut aussi voir que l’Allemagne, le premier pays de la zone euro, est très liée économiquement à la Russie et à l’Europe de l’Est en général. C’est une courroie de transmission à ne pas négliger. Pour autant, les marchés ont l’habitude de composer avec les tensions géopolitiques, comme avec l’Iran, ou la Syrie. Il est probable que l’on se dirige vers un certain « pourrissement » de la situation, aucun des protagonistes n’ayant intérêt à la ce que la situation ne dégénère.

Tradingsat.com : Que pensez-vous de l’adage qui recommande de « vendre en mai » (et de s’en aller) ?

Igor de Maack : Les mois de mai sont généralement mauvais, mais les statistiques réalisées sur le S&P 500 depuis 1950 montrent aussi que juin et août sont encore pire. C’est une phase de respiration, on ne peut pas demander aux marchés de gagner 4% tous les quadrimestres. Les multiples de valorisation sont aujourd’hui devenus plus exigeants qu’il y a quelques mois. Les prévisions de bénéfices des entreprises devront être revues à la hausse pour libérer un nouveau potentiel. Nous aurons la réponse d’ici novembre, une fois connus les résultats semestriels, puis les résultats à 9 mois, qui donneront les éléments nécessaires aux analystes pour ajuster leurs prévisions. Pour l’instant, on note que les résultats trimestriels ont été plutôt satisfaisants, particulièrement pour les entreprises domestiques ou les activités européennes des entreprises mondialisées.

Tradingsat.com : Votre fonds vedette d’actions françaises Centifolia gagne près de 12% depuis le début de l’année. Sur quelles valeurs mettez vous l’accent ?

Igor de Maack : En particulier les grandes capitalisations de type « value » [sous-évaluées, ndlr], qui affichent encore du retard par rapport au marché même si elles ont bénéficié d’un rattrapage ces derniers mois. Ces valeurs continuent de bénéficier d’un mouvement de repondération dans les portefeuilles des gérants. Je pense notamment aux secteurs un peu « honnis » et déflationnistes comme les télécoms ou la distribution. Une valeur comme Orange affiche ainsi la plus forte hausse du CAC 40 depuis le début de l’année. Les cas de restructurations, de redressement d’entreprises comme Alcatel-Lucent, CGG, Air France, STMicroelectronics, voire Crédit Agricole, permettent également d’obtenir des performances très intéressantes. Sur le plan macroéconomique, la France est le dernier pays à se lancer dans des réformes. Le marché français est extrêmement profond, liquide, diversifié, des atouts qui permettent de le mettre au centre des allocations.

Tradingsat.com : Beaucoup d’éléments militent donc pour une poursuite de la hausse du marché français cette année ?

Igor de Maack : Oui, notamment aussi parce qu’il affiche un retard excessif sur son voisin, le marché allemand. A la différence des autres pays de l’Europe du Sud, la France continue à bénéficier d’un coût de l’argent très bas. Avec la combinaison de la reprise économique et des coûts de financement toujours très faible, les entreprises françaises peuvent tirer leur épingle du jeu. De plus, la faiblesse du coût de l’argent se traduit par la multiplication de fusions ou d’acquisitions, ce qui constitue un autre soutien du marché.

Tradingsat.com : Le fonds Centifolia est-il très investi sur le marché aujourd’hui ?

Igor de Maack : Le ratio d’investissement a un peu baissé dernièrement, de façon mécanique, avec l’arrivée de flux d’investissement sur les actions françaises. Mais oui, nous sommes très investis et offensifs sur la croissance des bénéfices par action. Nous avons positionné Centifolia pour qu’il bénéficie de la reprise à la fois micro et macroéconomique. La croissance estimée des bénéfices des entreprises dans le fonds en 2014 est de 43% pour 2014, contre plutôt 16% en comparaison pour le CAC 40.

Tradingsat.com : Outre les télécoms et la distribution, que trouve-t-on parmi les plus fortes positions du fonds ?

Igor de Maack : Les télécoms sont en effet bien représentés avec Orange, Vivendi, Bouygues, de même que la distribution, avec notamment Casino, mais aussi la FNAC, qui est un cas typique de la gestion DNCA, combinant à la fois un secteur délaissé et un cas de restructuration. Le titre réalise une performance de plus de 40% depuis le début de l’année. On retrouve aussi dans le portefeuille Sanofi, la moins chère des grandes valeurs pharmaceutiques. Le groupe a su organiser ses relais de croissance pour faire progresser ses bénéfices après la tombée dans le domaine public de brevets clés. Eurotunnel est une position historique, redevenue une entreprise « normale » avec la réduction de son endettement et l’augmentation régulière des dividendes versés. Michelin est exposée à la reprise du cycle, tandis que Total est l’exemple d’une grande capitalisation affichant un décote de valorisation et des dividendes généreux...

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