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Julien Lepage : "le marché n'est pas survalorisé"

jeudi 14 octobre 2010 à 09h25

(BFM Bourse) - Après avoir connu son meilleur mois de septembre depuis 1997, le CAC 40 tente en octobre de poursuivre sur sa lancée. Le moment d'acheter ? Le point avec Julien Lepage, co-gérant des fonds Sextant Grand Large et Sextant PEA au sein d'Amiral Gestion.

Tradingsat.com : Comment appréhendez-vous le risque sur les marchés aujourd'hui ?

Julien Lepage : C'est une bonne période pour acheter des actions. Or les investisseurs, particuliers ou institutionnels, ont aujourd'hui une grande aversion pour le risque, et marquent leur préférence pour les obligations. Le nœud du problème se situe assez simplement dans l'historique des performances. Beaucoup d'investisseurs à qui l'on avait expliqué que la Bourse était un placement gagnant sur le long terme, se demandent ce qu'il faut entendre aujourd'hui par « long terme ». Grosso modo, le marché se paye en effet moitié prix d'il y a dix ans, même si bien sûr, les valorisations étaient alors gonflées par la bulle Internet, qui n'avait pas encore explosé.

Tradingsat.com : Les actions ne sont-elles pas risquées ?

Julien Lepage : Les obligations sont toujours considérées comme des placements sans risque dans le sens où le remboursement du capital à l'échéance est garanti - à condition que l'émetteur ne fasse pas faillite. Or, les exemples de l'Argentine il y a quelques années, ou plus récemment de la Grèce, ont bien montré qu'il pouvait être risqué de prêter à un Etat. C'est un choix d'investissement discutable, encore plus au regard de la rémunération du risque. Prêter à l'Etat français ou américain ne rapporte même pas 3% ! Je ne suis pas un adepte des grosses capitalisations, mais à ce compte là, il vaut mieux acheter du France Télécom qui offre 8% de rendement.

Tradingsat.com : Quelle est votre opinion sur les fondamentaux des entreprises ?

Julien Lepage : Elles ont traversé la crise de façon plutôt satisfaisante. Dans l'ensemble, leurs bilans ne suscitent pas d'inquiétude particulière, et investir dans une entreprise permet de bénéficier d'une exposition à l'international. Leur valorisation boursière attrayante tient à la prise en compte par les investisseurs d'un contexte macroéconomique peu encourageant pour les prochaines années. L'économie est en convalescence, et le marché aussi…

Tradingsat.com : Comment voyez vous évoluer le marché boursier ?

Julien Lepage : Il n'est pas survalorisé. Il a donc plus de chances de monter que de baisser.

Tradingsat.com : Quel regard portez-vous sur le regain d'opérations dans le secteur Internet ?

Julien Lepage : Je ne suis pas surpris dans la mesure où les valorisations sur Internet en France et dans le monde entier sont basses. Par exemple, Google, que nous avons en portefeuille, se paie « seulement » 20 fois ses bénéfices, ce qui n'a rien d'excessif pour un leader mondial dont les bénéfice ont continué de croître de 20% en 2009, l'année de la récession ! Les petites sociétés du secteur en France que nous avons en portefeuille valent moins de 8 fois leur résultat d'exploitation.

Tradingsat.com : Pouvez-vous en citez quelques-unes ?

Julien Lepage : Nous gardons les mêmes depuis longtemps : 1000mercis, que nous avons en portefeuille depuis l'introduction en 2006, une très belle société, peu valorisée en Bourse ; nous avons également des positions sur LeGuide.com, un comparateur de prix, dont la pertinence du modèle économique lui a d'ailleurs déjà valu de faire l'objet d'une tentative d'OPA.

Tradingsat.com : L'éditeur de jeux vidéos Gameloft reste l'une des principales positions du fonds Sextant PEA.

Julien Lepage : L'augmentation de la qualité des jeux sur mobiles lui permet de profiter à plein de l'essor du marché des smartphones. La frontière entre les jeux mobiles et les jeux pour consoles portables se réduit à vitesse grand V. Pour une qualité devenue similaire, le prix d'un jeu sur smartphone est 5 fois mois cher que sur une console portable…

Tradingsat.com : Cette évolution se voit-elle dans les ventes du groupe ?

Julien Lepage : Le chiffre d'affaires iPhone de Gameloft représentait déjà 7 millions d'euros au quatrième trimestre 2009. Un client iPhone achète beaucoup plus de jeux qu'un possesseur de téléphone « classique ». Avec la forte hausse du nombre de smartphones, sous Android notamment, les ventes vont décoller. Gameloft devrait en profiter. Entre le déclin des ventes des « petits » jeux Java – sur lesquels le groupe était leader – et la généralisation des jeux HD, la croissance du groupe pourrait globalement s'élever à 15% par an dans les années qui viennent.

Tradingsat.com : Dans quel(s) autre(s) secteur(s) investissez vous principalement ?

Julien Lepage : Outre Internet, nous misons essentiellement sur l'énergie. Ces deux secteurs offrent une visibilité sur vingt ans. Les prix de l'énergie sont appelés à monter inexorablement. Dans ce domaine, nous cherchons principalement nos idées d'investissement aux Etats-Unis et au Canada. En France, nous apprécions beaucoup Entrepose Contracting.

Tradingsat.com : Un mot sur le secteur financier.

Julien Lepage : Nous détenons historiquement peu de banques en portefeuille. Nous sommes positionnés sur ce thème uniquement via les caisses régionales du Crédit Agricole, qui sont des banques commerciales sans aucune activité de marché. Ce qui permet d'éviter toutes les problématiques - passablement compliquées - autour du contenu du bilan des établissements et de l'impact des nouvelles règles prudentielles. La plupart de ces caisses affichent des valorisations attrayantes alors que leurs résultats progressent régulièrement. Certaines affichent des décotes sur fonds propres de 60 à 70%, tout en offrant un rendement intéressant…

Propos recueillis par François Berthon

Propos recueillis par - ©2021 BFM Bourse
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