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Xavier d’Ornellas : "La fin de la baisse est proche"

(Tradingsat.com) - La panique sur les marchés asiatiques s’est propagée sur les marchés européens et américains. Au pire de la séance de lundi, le CAC 40 perdait 400 points, plongeant de -8,6% pour finalement terminer en repli de -5,35%. La Bourse de Paris a chuté d’un peu plus de 800 points en deux semaines, comme lors de la tempête boursière de l’été 2011. Xavier d’Ornellas, gérant associé et responsable du Pôle Flexible d’Amplegest, nous livre son analyse de la situation.

Tradingsat.com : Comment expliquer un tel plongeon en si peu de temps sur les marchés ?

Xavier d’Ornellas : L'élément déclencheur a été la décision des autorités monétaires chinoises de dévaluer le yuan au début du mois. Cela a été interprété comme la réponse des autorités chinoises à un ralentissement beaucoup plus important que prévu de la croissance chinoise. Dévaluer une monnaie de 3 à 4% pour relancer une économie de la taille de celle de la Chine n’est pourtant pas l'option la plus crédible. A notre sens, les autorités chinoises ne font que poursuivre leur politique de long terme visant à faire du yuan une monnaie qui compte dans le panier des grandes devises.

Tradingsat.com : Les craintes sur l’économie chinoise sont-elles exagérées ?

Xavier d’Ornellas : Le ralentissement de la croissance en Chine est significatif, et l’ampleur de l’onde de choc de ce ralentissement sur le reste de l’économie mondiale est la question essentielle que se posent aujourd’hui les marchés. Cette question sert de prétexte pour déboucler un certain nombre de positions. Tout est lié, la baisse des matières premières est comprise comme un signe manifeste du ralentissement économique général. A côté de cela, la croissance aux Etats-Unis ne dépasse pas 2,5% quand l’Europe n’est qu’au tout début du redémarrage de son cycle économique… L’horizon n’est donc pas totalement dégagé, mais le marché sanctionne surtout l’incertitude et le fait que ni la BCE ni la Fed ne se sont exprimées de façon spécifique sur le problème chinois.

Tradingsat.com : Quel(s) effet(s) pourrait avoir la dévaluation du yuan sur l’économie mondiale ?

Xavier d’Ornellas : Elle peut en effet réalimenter, raviver, les inquiétudes sous-jacentes concernant le problème de la déflation. Si la Chine venait à laisser filer le yuan – ce qui n’est quand même pas le cas pour l’instant -, elle pourrait alors commencer à exporter de la déflation, et l’on reviendrait donc « à la case départ » pour les économies développées, notamment au Japon, qui commence tout juste à sortir de la déflation. Cela rendrait aussi les choses plus difficiles aux Etats-Unis et surtout en Europe.

Tradingsat.com : Comment expliquer que l’on ait pu perdre plus de 8% en cours de séance à Paris ?

Xavier d’Ornellas : Il ne faut pas négliger un problème d’ « illiquidité » sur les marchés européens, qui amplifie les mouvements de marché. Le fait que certains gros intervenants – telles que les banques – soient aujourd’hui exclus des marchés pour des raisons réglementaires affecte la liquidité. Il peut donc en découler ponctuellement - la preuve - des variations comparables à celles de la Bourse chinoise, dont la volatilité est traditionnellement très élevée. Avant de commencer à chuter, les marchés chinois ont cependant connu un mouvement de spéculation aussi spectaculaire que celui connu par le Nasdaq au plus fort de la bulle Internet en 2000.

Tradingsat.com : Peut-on considérer que les inquiétudes sont maintenant intégrées dans les cours ?

Xavier d’Ornellas : Si l’on regarde les choses de façon rationnelle, nous venons vraisemblablement d’entrer dans une zone de neutralité. En d’autres termes, la fin de la baisse est proche. Le marché est revenu sur des niveaux de rendement sur dividende de 3,5%, très attrayants qui constituent traditionnellement des prix de soutien. Mais comme un mouvement de panique est par définition dépourvu de rationalité, il est difficile de savoir exactement où cela va s’arrêter, d’autant que nous sommes encore en période estivale. La question qui se pose à présent est celle des catalyseurs qui pourront alimenter le rebond. Le sommet des banquiers centraux de Jackson Hole qui débute jeudi pourrait apporter des éléments de réponse…

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