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Philippe Lesueur : "la bourse reconnaît toujours les tendances porteuses sur le long terme"

(Tradingsat.com) - Revenu fin mai sous les 3000 pts, loin de ses plus haut de l'année à 3600 pts de la mi-mars, le CAC 40 semble vouloir débuter le mois de juin sous de meilleurs auspices. Est-ce le moment d'acheter ? Tout dépend de son horizon d'investissement et des risques que l'on est disposé à prendre, comme l'explique Philippe Lesueur, gérant des fonds Europe Expertise et France Expertise chez Cholet Dupont.

Tradingsat.com : Que vous inspire le niveau du CAC 40, en baisse depuis le début de l'année ?

Philippe Lesueur : La crise retombe dans une phase aigue. Difficile de savoir comment on va en sortir même si tout le monde pressent que cela va coûter cher, en particulier au secteur financier. Les défis auxquels l'Europe fait face vont irrémédiablement contribuer au maintien d'une faible croissance… mais celle-ci ne devrait pas non plus s'écrouler. Par ailleurs, même lorsque les choses vont mal au plan macroéconomique, de nombreuses entreprises ont les modèles économiques pour continuer à créer de la valeur.

Tradingsat.com : Comment positionnez vous vos portefeuille dans ce contexte ?

Philippe Lesueur : Nous sommes sur la défensive. Pour le moment, le risque penche toujours plutôt davantage du mauvais côté. Nous nous tenons donc à l'écart de tout ce qui peut sembler risqué en prenant du recul. Notre gestion a pour principe d'investir progressivement en fonction de la tendance économique plutôt que d'essayer de profiter des mouvements boursiers de court terme avec le risque d'être pris à contre-pied. La Bourse reconnaît toujours les tendances porteuses sur le long terme.

Tradingsat.com : Essilor, Sanofi, Total, Eutelsat, Pernod Ricard, L'Oréal, Casino, Air Liquide, Danone sont les premières lignes du fonds CD France Expertise.

Philippe Lesueur : Ce sont des valeurs typiques de fond de portefeuille et leur diversité doit permettre à celui-ci d'absorber un possible accident sur un titre particulier. L'idée est d'atténuer au maximum la volatilité du marché en se positionnant sur des entreprises qui ont fait la preuve de leur capacité à se développer sur la durée. Où sont les relais de croissance aujourd'hui ? Notamment dans la progression de la consommation des nouvelles classes moyennes des pays émergents. Ce qui nous conduit par exemple à nous positionner sur une valeur comme L'Oréal. Autre angle abordé, celui de l'évolution démographique, avec le vieillissement de la population, une thématique à laquelle Sanofi ou Essilor peuvent se rattacher.

Tradingsat.com : Ces valeurs seront-elles dynamiques en cas de rebond et/ou épargnées si la baisse s'accélère ?

Philippe Lesueur : Nous expliquons à nos clients qu'ils ne sont pas là pour faire « des coups » en Bourse mais pour gérer une épargne dans la durée. La date à laquelle vous épargnez ne correspond pas nécessairement à un point bas sur le marché, pas plus que celle à laquelle vous souhaitez récupérer votre argent ne correspond à un point haut. La stabilité du comportement du fonds est donc primordiale pour éviter les erreurs de timing. La volatilité de nos portefeuilles ne représente que 60% de celle de l'indice depuis que nous avons mis en place ce mode de gestion. Et sur deux ans, le fonds CD France Expertise est à +0,7%, alors que le CAC 40 dividendes réinvestis recule de -9,4%. Sur trois ans, le rapport est de 12,5% contre 1,0%. Globalement, nous atténuons les variations brutales, à la hausse comme à la baisse.

Tradingsat.com : Comment rassurer aujourd'hui des investisseurs qui semblent de plus en plus fébriles ?

Philippe Lesueur : Si vous ne voulez pas prendre le risque de perdre, il faut prendre le risque de ne pas gagner. C'est pour cela d'ailleurs que l'Allemagne parvient à emprunter à 2 ans à 0% et à 10 ans à moins de 1,5% ! Mais justement, cette faiblesse des taux nominaux devrait commencer à faire réfléchir. Si vous raisonnez en rentabilité totale, c'est-à-dire en additionnant la plus ou moins value que vous faites sur une action et le dividende, de nombreuses valeurs offrent aujourd'hui un rendement nettement supérieur aux taux longs. Ainsi, en trois ans, France Télécom a perdu 50%, mais avec le dividende, la baisse est ramenée à « seulement » 28% (respectivement -50% et -39,5% pour le CAC). Or, au cours actuel, avec un dividende 2012-2017 qui pourrait être réduit à 1,0/1,20 euro, le rendement de France Télécom frôle encore les 10/12% ! Du fait même de la baisse des cinq dernières années, la rentabilité des cinq prochaines pourrait s'avérer tout à fait honorable Donc d'un côté, nous ciblons des valeurs à la croissance - par forcément spectaculaire, mais - durable, et de l'autre, celles dont le rendement va constituer un important matelas de rentabilité.

Propos recueillis par François Berthon

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