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Frédéric Rozier : "La Bourse de Paris peut progresser de 15% à 20% cette année"

Frédéric RozierFrédéric Rozier

(Tradingsat.com) - Après une année 2013 qui aura finalement répondu aux attentes les plus optimistes à la Bourse de Paris avec une hausse de 18%, 2014 a démarré de façon indécise. Malgré ces débuts hésitants et une visibilité à court terme qui peut sembler limitée, le marché parisien dispose encore d’un potentiel d’appréciation significatif, comme nous l’explique Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert.

Tradingsat.com : Quel est votre pronostic pour 2014 ?

Frédéric Rozier : Notre sentiment sur le potentiel du marché cette année est très positif. Le marché pourrait connaître une progression de 15% à 20% pour viser 4800 à 4900 points sur le CAC 40. Une évolution qui pourrait selon nous se dérouler en deux phases. Durant la première phase, au premier trimestre, on imagine assez bien un marché volatil, avec un risque de correction en début d’année, qui pourrait provenir notamment de l’éventualité d’une reprise américaine peut-être un peu trop vigoureuse.

Tradingsat.com : En quoi une forte reprise de la croissance américaine serait-elle une mauvaise nouvelle ?

Frédéric Rozier : Ce serait à n’en pas douter une bonne nouvelle dans l’absolu. Mais le marché n’a peut être pas bien estimé aujourd’hui l’ampleur du rebond dont l’économie américaine est capable. Le « risque » se situerait dans une amélioration plus rapide que prévu, qui pousserait la Fed américaine à accélérer la sortie de sa politique de facilité quantitative, le fameux « quantitative easing » ou QE, qui est comme chacun le sait, le principaux moteur des marchés actions de ces dernières années. Derrière la fin du QE, il y a la crainte d’une remontée des prix et des taux. Il ne faudrait donc pas que les nouvelles soient « trop bonnes » sur le front macroéconomique aux Etats-Unis.

Tradingsat.com : A part le risque de « trop bonnes nouvelles », quels sont les éléments à surveiller cette année ?

Frédéric Rozier : Etant donné que les marchés américains sont bien valorisés, il faudra surveiller que la croissance retrouvée ne se fasse pas au détriment de la rentabilité des entreprises américaines, qui atteint justement des niveaux records aujourd’hui. C’est un élément d’incertitude. On note aussi que (sans vraiment rebondir) l’or semble avoir cesser de chuter, et donne le sentiment d’avoir touché ses plus bas. La remontée des taux à 10 ans américains au dessus des 3% pourrait aussi faire renaître quelques craintes sur une remontée des prix. Voilà notre scénario pour les trois premiers mois de l’année. En revanche, il ne faut pas oublier que la BCE a gardé des marges de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire si besoin pour accélérer la relance en Europe. Tous les voyants, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, devraient donc progressivement passer au vert dans le courant de l’année.

Tradingsat.com : Quel est votre sentiment sur les marchés émergents ?

Frédéric Rozier : Si l’on considère que les marchés et les économies forment des cycles, la logique voudrait que les marchés émergents continuent à souffrir. Les derniers indices PMI des directeurs d’achat chinois marquent d’ailleurs un ralentissement de la croissance de l’activité. Par ailleurs, la fin du « Quantitative Easing » pourrait accélérer le rapatriement des liquidités vers les Etats-Unis et l’Europe.

Tradingsat.com : Quelle est l’allocation d’actifs préconisée aujourd’hui par Meeschaert ?

Frédéric Rozier : D’une part, on se recentre sur les marchés matures, l’Europe, les Etats-Unis, dont les marchés actions pourraient donc connaître une très belle année après une phase d’hésitation de quelques mois. D’autre part, nous invitons à la prudence sur les marchés de taux. Nous avons totalement modifié aujourd’hui notre gamme obligataire en nous repositionnant sur des taux variables afin de préparer le mouvement de remontée de taux qui semble déjà être en place aux Etats-Unis, et qui pourrait mettre un peu plus de temps à arriver en Europe.

Tradingsat.com : Quelles sont vos convictions et vos paris en termes de secteurs et de valeurs ?

Frédéric Rozier : Nos paris sont assez tranchés. Nous mettons de côté tous les secteurs qui avaient fait mieux que résister aux soubresauts du marché jusqu’à la fin du premier semestre 2013, en particulier le secteur du luxe, très bien valorisé, et largement exposé à l’évolution des marchés asiatiques, notamment chinois ; je veux parler de valeurs comme Remy Cointeau, LVMH, Christian Dior, Kering, liées au monde émergent. Nous prenons le pari de l’approche « value », de la thématique du rendement, et des valeurs de croissance exposées à l’économie américaine, telles que Saint-Gobain, Schneider… La gestion collective est par ailleurs sans doute le moyen le plus sûr aujourd’hui d’investir sur le marché américain. La sélectivité est en effet devenue primordiale pour investir aux Etats-Unis, qui sont en avance sur l’Europe en termes de valorisation. Nous conseillons ainsi à nos clients le fonds MAM America, géré par Grégory Volokine. Enfin, nous avons pour l’instant réduit notre exposition aux valeurs financières. Mais par la suite, nous pourrions remonter leur pondération dans nos portefeuilles, en cas, de « trou d’air » lié à des tensions sur les taux d’intérêt, pour jouer une intervention de la BCE.

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