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Interview : "j'apprécie total, vinci, vallourec, maurel & prom, sanofi et cegid"

jeudi 10 janvier 2008 à 11h32

(BFM Bourse) - L'année boursière 2008 débute mal : quatre baisses en six séances. Le traditionnel rally haussier de janvier n'est manifestement pas au rendez-vous. Pour Jacques Burlot, gérant du fonds Tocqueville Dividende chez Tocqueville Finance, le marché n'en continue pas moins d'offrir des opportunités de long terme.

Tradingsat.com : Le fonds Tocqueville Dividende a gagné plus de 12% par an en moyenne depuis sa création en avril 2001. Comment obtenez-vous cette performance ?

Jacques Burlot : Comme son nom l'indique, le FCP Tocqueville Dividende est orienté vers les valeurs distribuant des dividendes élevés. Après ce premier filtre de gestion, nous cherchons à sélectionner les valeurs présentant un caractère le plus souvent défensif, sans exclure certaines options originales, comme des situations de retournement. Notre biais peut parfois nous empêcher de détenir certaines valeurs à gros potentiel, comme EDF, qui a réalisé un très beau parcours l'an dernier. Nous n'avons pu l'intégrer dans le portefeuille parce que son rendement est inférieur à 3%. Mais sur le long terme, l'achat de titres et de fonds versant des dividendes demeure bien évidemment l'une des meilleures façons de s'enrichir.

Tradingsat.com : Quelles sont les valeurs qui retiennent actuellement votre attention ?

Jacques Burlot : La flambée du baril à 100 $ conforte logiquement notre conviction sur Total, qui est la première ligne du portefeuille. D'une part, j'ai tendance à penser qu'il y a un risque à ne pas être présent sur le secteur de l'énergie, pour de simples raisons géopolitiques dans les zones de production en Moyen Orient bien sûr, mais aussi en Afrique, au Nigéria ou en Amérique Latine. D'autre part, je me souviens qu'à plusieurs reprises, le secteur de l'énergie s'est révélé être le seul à bien se sortir de certaines crises économiques et boursières. C'est une sorte de « put » sur le marché. Toujours dans le domaine de l'énergie, le versement de dividendes exceptionnels par Vallourec et Maurel & Prom m'a permis d'intégrer ces deux valeurs dans le portefeuille. J'estime que le scénario d'un rachat, pour l'un comme pour l'autre n'est absolument plus « pricé ». Dans la construction et les concessions, le fort repli de Vinci peut être mis à profit. Enfin, le marché est en train de redécouvrir le caractère défensif du secteur pharmaceutique. Un mouvement que j'avais anticipé en achetant Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline.

Tradingsat.com : Préférez-vous investir dans des small et mid caps ou au contraire, dans les grandes capitalisations ?

Jacques Burlot : Je ne subis aucune contrainte en terme de tailles de capitalisation boursière. Le compartiment des petites et moyennes capitalisations est extrêmement bien pourvu en valeurs de rendement, mais pour des raisons de liquidité compte tenu de la taille du fonds (près de 1.3 Milliard), j'ai eu tendance a renforcer les grosses capitalisations ces derniers mois. Au vu de l'évolution des marchés, je ne regrette évidemment pas ce choix. Du fait de sa profondeur et de la baisse des cours, parfois vertigineuse, le segment des petites et moyenne valeurs comporte néanmoins de nombreuses véritables opportunités. Citons Cegid: je suis frappé de voir qu'une société qui fait l'objet d'un reclassement de titres auprès de Groupama à 55 euros cote moins de 25 euros ! Entre autres exemples de valeurs massacrées, NRJ, Valéo, la Cnim ou DPAM peuvent également retenir mon attention.

Tradingsat.com : Quel est votre sentiment sur l'année 2008 ? Le subprime et ses effets collatéraux vont-ils continuer de peser sur la tendance ?

Jacques Burlot : En soi, le problème de liquidité est d'une certaine façon résolu par les interventions énergiques des banques centrales. Les liquidités d'ailleurs ne manquent pas. C'est leur circulation qui pose problème, à cause d'un déficit de confiance persistant. Contrairement à d'autres grandes crises, notamment celle du fonds LTCM en 1998, la confiance met beaucoup de temps à revenir, à cause de l'opacité avérée du modèle de titrisation des créances qui nuit à la visibilité sur les bilans des banques. En définitive, je pense que cette crise est salutaire. Je m'attends à une année 2008 volatile. La situation impose de faire preuve de réactivité pour profiter des creux de marché. J'ai déjà profité de moments de paniques extrêmes pour commencer à renforcer certaines bancaires, comme Natixis et BNP Paribas.

Propos recueillis par F.B.

Propos recueillis par - ©2020 BFM Bourse
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