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Pierre Schang : "Il faut acheter les creux de marché, et vendre les rebonds"

mercredi 7 mars 2018 à 11h45
Pierre Schang

(BFM Bourse) - Brutalement retombée sous les 5200 points après ses plus hauts de janvier au-dessus des 5 500 points, la Bourse de Paris connaît un début d’année 2018 difficile, marqué notamment par les menaces de guerre commerciale de Donald Trump. Redevenu plus volatil, le marché n’en recèle pas moins toujours des opportunités, explique Pierre Schang, gérant chez Amilton AM.

Tradingsat.com : Quel est votre sentiment sur le marché ?

Pierre Schang : L’an dernier, la reprise économique associée à une faible inflation a fortement fait progresser les marchés. Face à des valorisations plus exigeantes, il y a eu des prises de profits, avec une première salve en novembre, une seconde en février, et la troisième début mars. De plus, le mouvement de revalorisation des sociétés dites « early cyclicals », recherchées par les investisseurs en début de cycle économique, comme les valeurs liées aux matières premières est aujourd’hui pratiquement achevé. Par ailleurs, si la macroéconomie avait tendance depuis plusieurs trimestres à surprendre positivement, les dernières statistiques ne montrent plus la même accélération. Finalement, alors que tout le monde allait dans le même sens en 2017, les opinions recommencent à diverger. 2018 s’annonce donc plus compliquée que 2017. Dans un contexte plus volatil, il faudra acheter les creux de marché, et vendre les rebonds en privilégiant notamment les « late cyclicals » (media, consommation des ménages…) en ce début d’année puis les dossiers plus défensifs en seconde partie d’exercice.

Tradingsat.com : Craignez-vous l’impact des déclarations de Donald Trump ?

Pierre Schang : Nous ne gérons pas le portefeuille en fonction des déclarations de M.Trump. Même si la mise en œuvre de barrières douanières protectionnistes par les Etats-Unis pourrait constituer un signal négatif pour l’économie mondiale, il nous semble peu probable que la première puissance mondiale se livre à ce genre d’exercice dans des proportions qui pourraient pénaliser sa croissance.

Tradingsat.com : Bigben Interactive figure parmi les premières positions du fonds Amilton Premium Europe.

Pierre Schang : C’est une forte conviction. A l’origine, Bigben Interactive vendait uniquement des produits électroniques grand public, accessoires pour consoles de jeux vidéo et pour téléphones mobiles, une activité qui représente environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une croissance comprise entre 0 et 5% par an, et 7% de marge. La présence du groupe dans l’édition de jeux vidéo est plus récente. C’est un métier beaucoup plus créateur de valeur que par le passé, qui dégage 25% de marge. Les contenus sont actuellement très recherchés en raison de la multiplication des canaux de distribution que ce soit pour les films, les séries, ou les jeux vidéo. D’après nos calculs, Bigben Interactive devrait valoir plus de 330 millions d’euros, contre moins de 230 millions d’euros en Bourse aujourd’hui, soit un potentiel d’appréciation d’environ +45%.

Tradingsat.com : Votre stock-picking sur Atari et Claranova a bien fonctionné.

Pierre Schang : Nous sommes sortis d’Atari après le doublement du cours et l’emballement qui a suivi les annonces de projet dans les crypto-monnaies, encore difficile à valoriser. Le titre a dépassé les 200 millions d’euros de capitalisation qui étaient notre objectif. De même sur Claranova, nous avons pris d’importants profits à court terme en bonne gestion même si un potentiel demeure dans l’activité mobile, et sans tenir compte à ce stade des perspectives dans l’Internet des Objets.

Tradingsat.com : Pouvez-vous donner une autre idée de pari pour les prochains mois ?

Pierre Schang : Nous croyons beaucoup en EOS Imaging, alors que les conditions sont maintenant réunies pour un décollage du titre. L’utilité de la technologie d’imagerie 3D à faible rayonnement mise au point par la société est établie depuis longtemps. Restait à améliorer l’exécution de la stratégie commerciale. Le chiffre d’affaires a souffert au deuxième trimestre 2017 d’un attentisme dans les commandes des hôpitaux aux Etats-Unis suite à l’élection de M.Trump. Les dirigeants en ont profité pour réorganiser et redimensionner l’équipe commerciale afin qu’elle soit à la mesure du potentiel énorme de ce marché. Les effets se sont rapidement fait sentir avec une croissance de 40% en Amérique du Nord au quatrième trimestre. Nous pensons que la tendance va se confirmer en 2018 ce qui doit permettre d’attirer l’attention d’investisseurs américains en vue d’une introduction au Nasdasq. Sur cette place de cotation, ce type de dossiers se traite sur la base de multiples de valorisation 2 fois supérieurs à ceux d’EOS Imaging. Il y a aussi toujours un aspect spéculatif. Les géants US des dispositifs médicaux Stryker ou Medtronic, avec lesquels EOS Imaging a noué des partenariats au Royaume-Uni et au Japon, pourraient ne faire qu’une bouchée de la société. Nous visons 8 euros par action sur ce dossier soit un potentiel d’appréciation de +48%.

Propos recueillis par François Berthon - ©2018 BFM Bourse
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