Bourse > Actualités > Interviews > Frédéric Rozier : "Eviter de "jouer" les publications de résultats"

Frédéric Rozier : "Eviter de "jouer" les publications de résultats"

Frédéric RozierFrédéric Rozier

(Tradingsat.com) - Après avoir frôlé les 3.800 points fin janvier, le marché parisien a subi une correction à 3600 points. Il regagne néanmoins du terrain depuis quelques séances, signe que les investisseurs reprennent des positions. Le point avec Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert.

Tradingsat.com : Comment interprétez-vous les récents soubresauts du marché ?

Frédéric Rozier : Le marché a démarré l’année sur les chapeaux de roues, un peu comme en 2011 et 2012. Ensuite, le souvenir des déconvenues des années précédentes a incité à prendre des bénéfices compte tenu d’un calendrier assez compliqué avec le sommet européen, le feuilleton à rallonge de la falaise fiscale américaine, les élections italiennes… Au vu également d’une volatilité retombée sur ses niveaux historiquement bas, et d’une valorisation du marché de 12 fois les bénéfices, plutôt correcte compte tenu des incertitudes, les catalyseurs pour franchir les 3800 points ont fait défaut.

Tradingsat.com : Conseillez-vous d’acheter aujourd'hui ?

Frédéric Rozier : Nous avons adopté un biais prudent à partir de la mi-janvier, dans une logique d’allègement des positions, avec une optique de correction entre 7% et 10%. Une partie du chemin a été faite. Nos objectifs techniques se situent aux alentours d’une zone pivot autour de 3590 points, au dessus de laquelle la tendance de fond reste positive. On ne peut exclure à ce stade un comblement du gap à 3520-3530 points, mais la correction donne déjà l’occasion de reprendre doucement quelques positions au cas par cas, sans précipitation, et sans se montrer trop optimiste sur le potentiel de hausse à court terme. Les investisseurs entrés sur le marché en 2013, ayant subi la correction, peuvent se montrer réticents à se renforcer immédiatement. Le risque est donc que le marché évolue à l’horizontal pendant quelque temps.

Tradingsat.com : Et si le CAC 40 venait à casser les 3590 points ?

Frédéric Rozier : C’est le deuxième scénario. La rupture des 3590 points entraînerait une accélération de la baisse vers 3525 points et pourrait raviver les interrogations du marché sur la réalité de la reprise. D’autant que les signaux macroéconomique n’incitent pas à l’optimisme : les chiffres américains ne sont pas si bons que cela et certaines statistiques européennes montrent franchement des faiblesses. Ainsi, la croissance en France a été nulle en 2012. De plus, un certain nombre d’entreprises ont connu un dernier trimestre 2012 difficile les incitant à la prudence sur leurs perspectives 2013. Si cela se multiplie, les ratios de valorisation pourraient se tendre mécaniquement, remettant en question la reprise des marchés à court terme.

Tradingsat.com : A quel(s) type(s) de valeurs peut-on s’intéresser dans le contexte actuel ?

Frédéric Rozier : La sélectivité s’impose. Tout d’abord, éviter de « jouer les valeurs » avant publication. Les déceptions sont sanctionnées durement, comme on l’a vu hier sur Peugeot ou PagesJaunes. Il veut mieux privilégier des titres de qualité, comme Sanofi ou Vinci, qui ont déjà publié leurs résultats, et recommencer à initier des positions même si les prévisions de ces grandes entreprises pour 2013 s’avèrent plutôt prudentes. Sur la thématique « recovery », nous recommençons par ailleurs à nous intéresser à Veolia. Le message de restructuration de la société commence à passer auprès des investisseurs. On peut éventuellement se placer pour viser 10,5 à 11 euros à court terme, mais de la même façon il veut mieux éviter de se positionner juste avant les résultats qui seront publiés le 28 janvier.

Propos recueillis par François Berthon

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI