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Société générale attendue sur sa rentabilité et les contentieux

Société générale attendue sur sa rentabilité et les contentieuxSociété générale attendue sur sa rentabilité et les contentieux

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Lanterne rouge des principales valeurs bancaires de la zone euro depuis le début de l'année, la Société générale doit convaincre les investisseurs mardi, lors de la présentation de son nouveau plan stratégique, de sa capacité à améliorer sa rentabilité et à faire face aux risques d'amendes aux Etats-Unis.

Les incertitudes entourant l'issue de ces contentieux et leurs coûts financiers pèsent sur le cours de la banque française et incitent les investisseurs à rester à l'écart de la valeur.

Depuis le début de l'année, le titre a perdu plus de 6% de sa valeur alors que l'indice bancaire européen a gagné près de 7% depuis janvier.

Ses concurrents français, BNP Paribas et Crédit agricole SA, ont quant à eux progressé de respectivement 5% et 20% cette année.

Ailleurs en Europe, l'allemand Deutsche Bank a gagné près de 5% tandis que l'italien UniCredit et l'espagnol Santander affichent des gains de respectivement 25% et près de 15%.

"Il y a beaucoup d'attente autour de cette journée investisseurs", souligne Xavier de Buhren, gérant chez Mirabaud AM, à propos de la Société générale. "C'est la plus mauvaise performance des valeurs bancaires de la zone euro."

La banque de La Défense mène actuellement des discussions avec les autorités américaines en vue du règlement de deux litiges.

Le premier a trait au volet pénal aux Etats-Unis d'un différend commercial avec la Libyan Investment Authority (LIA), qui a fait l'objet en mai d'un règlement amiable se traduisant par le versement par la banque de 963 millions d'euros au fonds souverain.

Le deuxième contentieux porte sur l'affaire du Libor où plusieurs banques, dont la Société générale, sont soupçonnées de manipulation des taux interbancaires.

Un troisième contentieux, dont l'issue paraît plus lointaine, concerne des soupçons de violation d'embargo.

RISQUE DE NOUVELLES PROVISIONS EN 2018

Pour y faire face, la SocGen a d'ores et déjà inscrit dans ses comptes 2,2 milliards d'euros de provisions pour litiges.

Pour les analystes de KBW, ces contentieux planeront sur la journée investisseurs du 28 novembre et pourraient nécessiter de nouvelles provisions l'an prochain.

"La banque reste vulnérable aux risques de litiges au quatrième trimestre et en 2018", soulignent-ils dans une note de recherche. "Le plan B, qui consistait à placer des titres ALD pour absorber le coût des litiges, a été mis à mal avec la chute du cours de Bourse d'ALD (filiale de gestion de flottes automobiles, NDLR)."

Mise sur le marché au prix de 14,30 euros à la mi-juin, l'action du groupe ALD, dont la Société générale détient toujours 80% du capital, s'échange désormais autour de 12,5 euros, soit une contraction de plus de 12%.

"Il y a un vrai problème lié aux litiges. Ces dossiers traînent depuis longtemps. Combien cela va-t-il coûter au final ?", s'interroge un analyste financier qui n'a pas souhaité être nommé. "Les investisseurs restent du coup prudents."

QUELLE STRATÉGIE EN EUROPE CENTRALE ET DE L'EST ?

Mais c'est aussi la stratégie de la Société générale en Europe centrale et de l'Est, initiée par l'ancien PDG Daniel Bouton, qui interpelle.

Certains jugent que les activités de la banque dans la région ne sont pas suffisamment rentables. Mais pour la direction de la banque, cette zone géographique, où la SocGen est présente dans des pays comme la Roumanie ou la République tchèque, recèle pourtant un fort potentiel de croissance.

"Avec la faible rentabilité des activités en Europe centrale, il y a un vrai sujet d'allocation du capital", fait remarquer Xavier de Buhren. "Si on prend en compte les exigences des régulateurs locaux, la franchise Europe centrale accapare un quart des fonds propres de la banque."

"Avec un ROE (rendement de fonds propres, NDLR) de 7% et un coût du capital de 13%, il n'y a aucune création de valeur", poursuit le gérant de Mirabaud AM. "Vont-ils faire un grand ménage avec des cessions d'actifs plus risqués ? Vont-ils procéder à des restructurations pour baisser les coûts ou au contraire réinvestir sur certaines zones ? L'exercice n'est pas facile."

La banque a eu l'occasion ces derniers mois de réitérer son souhait de se renforcer en Europe centrale et de l'Est dans les pays où elle est le plus susceptible d'atteindre la taille critique.

Fin 2016, lors de l'annonce de la vente de sa filiale croate Splitska Banka, elle avait d'ailleurs expliqué qu'elle saisirait les opportunités de consolidation en Europe centrale et orientale.

Plus globalement, les analystes de Jefferies veulent s'assurer que la banque est en mesure d'atteindre son objectif d'un rendement des fonds propres (ROE) de 10%. Cette interrogation sur le ROE pèse, selon eux, sur la valorisation de la banque.

En 2016, son ROE est ressorti à 7,8% contre 7% en 2015.

Les investisseurs auront aussi à coeur d'entendre le discours, qu'ils espèrent plus optimiste, des dirigeants de la SocGen sur les activités dans la banque de détail en France, qui a pâti ces dernières années, comme cela a été le cas pour les autres établissements bancaires européens, du contexte de taux historiquement bas et des renégociations de crédit.

Ce marché doit aussi composer avec l'arrivée de nouveaux concurrents comme Orange Bank qui a poussé le Crédit agricole à lancer une offre bancaire à bas prix.

(Avec Marc Angrand, édité par Dominique Rodriguez et Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2017 Thomson Reuters


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