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La voie est libre pour le renouvellement de Richard chez Orange

Richard a vocation à être reconduit à la tête d'Orange, dit Le MaireRichard a vocation à être reconduit à la tête d'Orange, dit Le Maire

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Stéphane Richard a toutes les chances d'être renouvelé pour un troisième mandat à la tête d'Orange après avoir reçu le soutien public de l'Etat français, premier actionnaire du numéro un des télécoms dans l'Hexagone.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a mis fin au suspense en déclarant que le dirigeant de 56 ans avait vocation à être renouvelé à son poste, un mois avant un vote clef au conseil d'administration de l'opérateur historique.

L'ancien monopole s'oriente ainsi vers la continuité, Stéphane Richard ayant promis le mois dernier aux investisseurs d'accélérer la croissance pour les trois ans à venir en poursuivant sa stratégie d'investissement dans les réseaux, une feuille de route qui avait été approuvée par son conseil.

"Stéphane Richard a fait du bon travail à la tête d'Orange. Donc il a vocation à être reconduit à la tête d'Orange", a expliqué Bruno Le Maire sur Radio Classique.

Le PDG, arrivé chez Orange après la crise déclenchée par une série de suicides, a réussi à "pacifier" l'entreprise, avait déjà estimé le ministre la veille sur BFMTV.

Un boulevard s'ouvre pour le dirigeant qui n'aura finalement pas à affronter de rival, la candidature pressentie du numéro un de la BPI Nicolas Dufourcq ne s'étant pas concrétisée.

Seul candidat officiellement déclaré, Stéphane Richard bénéficiait déjà du soutien des administrateurs indépendants et des représentants des salariés au conseil, selon une source au fait du dossier.

Le vote des trois représentants de l'Etat, qui contrôle près de 23% de l'ancien monopole via l'Agence des participations de l'Etat et bpiFrance, restait la seule inconnue.

Une réunion du comité de nomination d'Orange est prévue sur le sujet d'ici la fin de la semaine. Le conseil d'administration se réunira ensuite le 20 février pour statuer sur les résolutions soumises à l'assemblée générale du 4 mai, dont celle prévoyant le renouvellement du mandat d'administrateur de Stéphane Richard.

A 13h18, le titre progresse de 2,15% à 14,76 euros, affichant ainsi la meilleure performance du CAC 40 (0,1%)

L'ÉPÉE DE DAMOCLÈS JUDICIAIRE

Le dirigeant, qui bénéficie du soutien de ses équipes, est crédité d'avoir redressé les résultats d'Orange après le cataclysme provoqué par l'arrivée de Free (Iliad) sur le marché du mobile en 2012.

S'il a implanté avec succès Orange en Espagne, accéléré l'expansion du groupe en Afrique et amorcé la diversification dans les services en lançant Orange Bank, il a en revanche échoué à concrétiser la consolidation du marché français.

Inquiété sur sa stratégie dans les contenus par les investissements massifs du rival SFR, le PDG a pour l'instant échappé à l'orage, profitant indirectement des déboires boursiers de ce dernier.

Si l'horizon se dégage pour le PDG, il reste menacé à titre personnel par une procédure judiciaire dans le cadre de l'affaire Tapie.

"Si jamais dans le cours de cette procédure judiciaire il devait y avoir une condamnation, il remettrait immédiatement son mandat et démissionnerait", a prévenu Bruno Le Maire.

Stéphane Richard et cinq autres personnes dont Bernard Tapie ont été renvoyés fin décembre devant le tribunal correctionnel dans l'affaire de l'arbitrage qui a permis en 2008 à l'homme d'affaires d'obtenir 404 millions d'euros pour le règlement de son litige avec le Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas.

Stéphane Richard, directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde à l'époque des faits, devra répondre de complicité d'escroquerie et complicité de détournement de fonds publics. Il réfute ces accusations.

S'il est confirmé pour un troisième mandat, Stéphane Richard aura un rôle clef à jouer dans la consolidation possible du marché européen des télécoms tout comme dans une potentielle recomposition du secteur français.

Il devra également réorganiser ses équipes avec le départ annoncé du secrétaire général Pierre Louette. Ramon Fernandez devrait en revanche conserver la direction financière, a-t-on précisé de source proche du dossier.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2018 Thomson Reuters


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