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Marché : Un collectif interpelle le Quai d'Orsay sur Lafarge en Syrie

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PARIS (Reuters) - Un collectif de défense des chrétiens d'Orient, la CHREDO, a demandé à une juge d'instruction chargée du dossier Lafarge de vérifier si le gouvernement français s'était conformé aux directives de l'Onu sur les contacts avec l'Etat islamique (EI) et autres groupes extrémistes islamistes.

Le CHREDO est la troisième association à avoir porté plainte "contre Lafarge et autres", avec constitution de partie civile, après les organisations non gouvernementales Sherpa et European center for constitutional and human rights (ECCHR).

Lafarge, absorbé en 2015 par le groupe suisse Holcim, est notamment accusé d'avoir contribué à financer l'EI pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie syrienne de Jalabiya en 2013 et 2014, dans une région contrôlée par cette organisation qui a revendiqué une série d'attentats en France.

Dans un courrier du 8 novembre 2017, l'avocat de la CHREDO, Sévag Torossian, demande à la juge Charlotte Bilger de vérifier auprès du Quai d'Orsay si le gouvernement français a respecté la résolution 2253 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette résolution du 17 décembre 2015 impose aux Etats de communiquer à un comité ad hoc de l'ONU les noms de personnes, groupes et entreprises concourant à financer ou à soutenir les activités de l'EI, d'al Qaïda et autres entités assimilées.

Il s'agit de savoir si le gouvernement français a transmis à ce comité le nom du groupe Lafarge ou de ses dirigeants pour inscription sur une liste relative aux sanctions contre l'EI et al Qaïda, écrit l'avocat.

CADRES EN GARDE À VUE

"Dans le cas contraire, il nous semble nécessaire de savoir pourquoi le gouvernement français s'en est abstenu, ce afin de déterminer toutes les responsabilités et complicités par omission ou dissimulation", ajoute-t-il.

Pour le président de la CHREDO et vice-président de la région Ile-de-France Patrick Karam, "manifestement, la France savait ce que Lafarge faisait là-bas".

Sherpa a pour sa part demandé en octobre à la justice d'entendre comme témoins l'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et deux anciens ambassadeurs de France.

Cette ONG souhaite notamment établir, non seulement si le ministère des Affaires étrangères français était au courant des arrangements de Lafarge avec l'EI en Syrie mais également s'il a encouragé le groupe à y maintenir ses activités.

Selon Sherpa, un ancien cadre de Lafarge, qui a travaillé 30 ans pour le groupe, a déclaré dans le cadre de l'enquête "avoir été en contact régulier avec le Quai d'Orsay, qui n'a jamais dit à Lafarge d'arrêter, bien au contraire".

Une information judiciaire a été ouverte le 13 juin par le parquet de Paris pour financement d'entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui.

Le parquet a aussi ouvert en octobre 2016 une enquête préliminaire sur la base d'une plainte de l'ancien ministre des Finances Michel Sapin pour infraction au code des douanes.

La CHREDO a porté plainte le 22 septembre dernier pour complicité de crime contre l'humanité.

Trois cadres de Lafarge ont été placés en garde à vue mercredi pour être interrogés par la douane judiciaire sur les conditions dans lesquelles le cimentier a pu poursuivre ses activités en Syrie sous la coupe de l'EI.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

Copyright © 2017 Thomson Reuters


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