par Emma Pinedo et David Latona
MADRID, 27 mai (Reuters) - La police espagnole s'est rendue mercredi au siège du Parti socialiste (PSOE) au pouvoir, à la recherche de documents dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'entrave à la justice destinée à perturber des procédures engagées contre le parti ou le gouvernement, a annoncé la Haute Cour.
Les chefs d'accusation portent entre autres sur corruption en bande organisée, violation du secret de l'instruction, incitation au faux témoignage, falsification de documents commerciaux, trafic d'influence ou encore atteinte aux institutions de l'Etat.
Le juge Santiago Pedraz a ordonné la remise de divers documents et de dossiers électroniques au siège du PSOE, a dit la Haute Cour.
Les policiers ont agi dans le cadre d'une procédure distincte d'une perquisition classique. Ils ont dû informer au préalable le PSOE de leur venue et devaient se contenter de rechercher des éléments spécifiques.
Le président du gouvernement Pedro Sanchez a insisté sur ce point lors d'une conférence de presse à Rome après une audience auprès du pape Léon XIV. Il a ajouté que son parti coopérait pleinement avec la justice et nourrissait un respect absolu pour l'appareil judiciaire.
L'enquête se concentre sur Santos Cerdan, ancien secrétaire du PSOE, ainsi que sur d'autres cadres du parti, des avocats, un homme d'affaires et un policier. C'est la première fois que le nom de Santos Cerdan apparaît dans le dossier. Il dément toute malversation dans le cadre d'une enquête distincte le visant également.
Le Parti socialiste espagnol est au coeur de diverses affaires impliquant des proches du chef du gouvernement et des membres de leurs familles
Pedro Sanchez a dit à Rome que, si de nouveaux comportements fautifs étaient mis au jour, le PSOE les traiterait avec la même fermeté qu'auparavant.
Parmi les affaires visant le PSOE, la Haute Cour a annoncé la semaine dernière que l'ancien chef de gouvernement socialiste José Luis Rodríguez Zapatero, allié de Pedro Sanchez, faisait l'objet d'une enquête pour des soupçons de trafic d'influence et de blanchiment d'argent.
José Luis Rodríguez Zapatero rejette les accusations à son encontre et Pedro Sanchez a réaffirmé mercredi son soutien à son prédécesseur.
(David Latona et Emma Pinedo, version française Bertrand Boucey, édité par Benoit Van Overstraeten)
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