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Hermès : La hausse de l'euro impactera la rentabilité en 2018

Marché : Hermès: Rentabilité record au premier semestre grâce aux couvertures de changesMarché : Hermès: Rentabilité record au premier semestre grâce aux couvertures de changes

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Hermès International a dégagé des résultats semestriels en forte hausse, portés par une solide croissance organique, tout en avertissant que l'appréciation de l'euro face au dollar pèserait sur sa rentabilité en 2018.

Le sellier a vu son résultat opérationnel courant grimper de 13% à 931 millions d'euros, tandis que sa rentabilité opérationnelle a atteint un record à 34,3%, grâce à un impact positif d'environ 1,0 point venant de ses couvertures de change.

Il a toutefois souligné que sa performance semestrielle, portée en partie par ces effets de couvertures, ne pouvait être extrapolée sur l'ensemble de l'année.

Interrogé sur l'impact du renchérissement de l'euro vis-à-vis du dollar, Axel Dumas, gérant du groupe, a précisé lors d'une conférence téléphonique avec la presse que cette hausse serait sans effet sur les résultats de 2017, compte tenu des couvertures en cours, mais qu'elle affecterait la rentabilité en 2018.

Tiré par sa division phare, la maroquinerie, le groupe avait déjà fait état, le 21 juillet, d'une croissance de ses ventes de 9,7% sur les six premiers mois de l'année à taux de changes constants.

Interrogé ensuite par les analystes, Axel Dumas a indiqué que les tendances du marché du luxe demeuraient "globalement inchangées depuis le début de 2017", mais que des événements comme l'attentat de Barcelone et les tempêtes qui ont sévi au Texas, en Floride et à Saint-Barthélémy pourraient avoir un impact au troisième trimestre.

Il a également indiqué qu'avec la hausse de l'euro, Hermès ne relèverait pas ses tarifs dans la zone dollar, de façon a réduire les écarts de prix entre l'Europe et l'Asie.

Le nouveau site de e-commerce, promis pour 2017, a été lancé cet été au Canada et le sera en octobre aux Etats-Unis, premier marché du groupe, avant d'ouvrir en Europe, en cas de succès outre-Atlantique.

ÉCARTS DE VALORISATION

Après des chiffres jugés robustes et supérieurs aux attentes, l'impact de l'euro fort sur les résultats de 2018 pèse sur le titre en Bourse.

"L’euro fort provoquera une érosion du chiffre d'affaires 2018. A ce stade, le luxe coûte cher et il vaut mieux attendre les soldes", note Grégoire Laverne, gérant chez Roche-Brune.

La valeur cède -2,44% à 421,95euros à 13h06, alors que l'indice SBF 120 est peu changé (+0,03%), pour des multiples de valorisation qui demeurent les plus élevés du secteur (35,2 fois les résultats 2018 estimés, contre 21,7 pour LVMH et 20,6 pour Kering).

Cet écart pourrait toutefois se réduire, selon les analystes de HSBC pour qui les investisseurs pourraient hésiter à payer une telle prime pour un groupe qui ne surperforme plus significativement ses pairs et qui, comme l'ensemble du luxe, sera impacté par la remontée de l'euro face au dollar.

Pour Luca Solca, chez Exane BNP Paribas, l'écart devrait aussi se réduire avec la fin de la prime spéculative liée à la sortie de la holding familiale de Bernard Arnault, PDG de LVMH, après la simplification des structures de détention de LVMH et son rachat de Dior.

Cette part n'est toutefois pas entièrement soldée et représentait encore 1,87% du capital et 1,13% des droits de vote d'Hermès au 11 juillet, selon l'Autorité des marchés financiers.

Si Hermès a fait moins bien que LVMH et Kering, qui ont signé des croissances organiques respectives de 12% et 28% au premier semestre, la progression de ses ventes est plus régulière dans le temps, témoignant de l'attractivité d'une marque qui pilote jusqu'ici avec succès l'augmentation des capacités de production de sa maroquinerie.

"Hermès est la plus stable des valeurs du luxe, qui résiste le mieux en période de crise. Mais quand l'humeur se focalise sur la nouveauté et la mode, il peut sous-performer ses pairs", commentent les analystes de Kepler Cheuvreux.

(Avec Sudip Kar-Gupta, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2017 Thomson Reuters


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