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FDJ/Privatisation : Tous les fonds ne tenteront pas leur chance

Marché : FDJ/Privatisation: Tous les fonds ne tenteront pas leur chance

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Certains fonds d'investissement ne tenteront pas leur chance lors de la privatisation du groupe FDJ, pas pour des raisons financières mais pour des motifs éthiques.

Les députés français ont adopté mardi en première lecture le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises), visant à favoriser la croissance des entreprises en associant davantage les salariés à leurs résultats. Le texte met aussi sur les rails un vaste programme de privatisations, dont la Française des Jeux (FDJ) devrait donner le coup d'envoi.

L'ouverture du capital de l'ex-France Loto pourrait se faire sous la forme d'une introduction en Bourse ou de la cession de titres de l'Etat à des actionnaires privés - opérateurs de contenus ou acteurs du secteur du jeu - ou à des fonds d'investissement, ou les deux.

Mais quel que soit l'intérêt du dossier, certains investisseurs ne le regarderont même pas.

"Les jeux de hasard font souvent partie d'un pack d'exclusion, où on va retrouver les armes, le tabac, l'alcool, selon une vision très partagée dans le monde anglo-saxon et nordique", observe Eric Van La Beck, directeur du pôle ISR (Investissement socialement responsable) chez OFI AM.

"Et cette vision s'internationalise, comme tout ce qui est investissement. En France aussi, on trouve de plus en plus souvent des exclusions, pas tellement pour l'alcool, mais il est clair que pour la plupart de la communauté d'investissement responsable, le loto ce n'est pas possible."

Interrogées sur leurs futures pistes pour investir, des sources proches de grands noms de l'investissement ont répondu de manière catégorique qu'un actif comme FDJ était contraire à leur politique, à l'instar de la holding de la famille Peugeot, FFP, dont la diversification n'ira pas jusque-là, ou encore des Australiens de Macquarie.

"Cela peut limiter le spectre des investisseurs", ajoute Eric Van La Beck. "L'investissement responsable, c'est l'irruption de la société civile dans le domaine de l'investissement. La tendance à exclure les jeux de hasard ne changera donc pas, au contraire, elle risque même d'être étendue à tout ce qui est considéré comme addictif, avec notamment les jeux sur internet."

D'autres gestionnaires de fonds pourraient au contraire retenir du dossier FDJ les efforts du groupe à gérer ce type de risque, précise-t-il.

La Française des jeux met ainsi en avant une politique RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) particulièrement rigoureuse pour lutter contre les risques de fraude et de blanchiment d'argent, soutenir le sport - et maintenant aussi le patrimoine - et prévenir le jeu des mineurs et le jeu excessif.

Selon une source proche du groupe, la privatisation devrait intervenir mi-2019 après le vote de la loi Pacte et celui d'une loi sur les jeux.

(Gilles Guillaume, avec Blandine Hénault, édité par Benoît Van Overstraeten et Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2018 Thomson Reuters

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