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Marché : Départ d'un cadre de Novartis lié à un contrat avec Michael Cohen

Marché : Départ d'un cadre de Novartis lié à un contrat avec Michael CohenMarché : Départ d'un cadre de Novartis lié à un contrat avec Michael Cohen

par John Miller

ZURICH (Reuters) - Le directeur juridique de Novartis, Felix Ehrat, va quitter le groupe pharmaceutique en raison de son rôle dans la conclusion d'un contrat de 1,2 million de dollars (1 million d'euros) avec l'avocat de Donald Trump, Michael Cohen, après avoir admis mercredi que ce contrat était une erreur.

Ce contrat, auquel le laboratoire suisse a mis fin cette année, prévoyait le versement de 100.000 dollars par mois au cabinet Essential Consultants de Michael Cohen, qui est impliqué dans le versement controversé de 130.000 dollars à l'actrice de films pornographiques Stormy Daniels en échange de son silence sur une relation sexuelle présumée avec Donald Trump en 2006.

Ce contrat avait été approuvé début 2017 sous la direction de l'ancien patron de Novartis, Joe Jimenez, et faisait partie de sa stratégie pour tirer davantage de renseignements sur la manière dont la nouvelle administration Trump pourrait aborder certaines questions de politique de santé aux Etats-Unis.

Des membres du Congrès américain ont demandé à Novartis, ainsi qu'au groupe de télécoms américain AT&T, qui a également effectué des versements au cabinet de Michael Cohen, de s'expliquer plus en détail.

Le sénateur démocrate Ron Wyden, de la commission sénatoriale des Finances, a estimé que ces contrats s'apparentaient à une manoeuvre pour soudoyer une personnalité. Il a engagé une enquête.

Dans un communiqué avant la tenue d'une réunion avec les investisseurs du groupe, Felix Ehrat a reconnu avoir signé ce contrat aux côtés de Joe Jimenez, qui a démissionné le 1er février et a été remplacé par Vas Narasimhan.

"Même si ce contrat était légal, c'était une erreur", a dit Felix Ehrat. "En tant que cosignataire avec notre ancien directeur général, je prends personnellement la responsabilité de mettre fin au débat public sur cette question", a-t-il ajouté.

PLUS D'INTÉGRITÉ

Novartis a souligné mercredi l'absence d'implication de Vas Narasimhan dans cette affaire, estimant qu'il n'avait rien à voir avec ce contrat. Il a dit que le conseil d'administration n'était pas non plus au courant du contrat avec Michael Cohen.

"Nous aussi avons fait des erreurs récemment et le monde attend à juste titre davantage d'un groupe pharmaceutique de premier plan", a déclaré Vas Narasimhan. "Notre nouvelle équipe de direction et moi-même sommes fermement engagés à nous assurer que nous fonctionnons toujours dans la plus grande intégrité et avec un jugement éclairé et nous allons travailler dur à restaurer une confiance durable dans la société".

Le contrat signé avec le cabinet de Michael Cohen a xxxx aux efforts déployés par Novartis pour améliorer son image ternie par une série de scandales de corruption.

Depuis 2015, le groupe pharmaceutique a versé des centaines de millions de dollars pour payer des amendes ou mettre fin à des poursuites à l'amiable dans des affaires de pots-de-vin en Corée du Sud, aux Etats-Unis et en Chine. Un procès pour un autre dossier de corruption est prévu en 2019 aux Etats-Unis.

Les actionnaires de Novartis ont exhorté Vas Narasimhan et d'autres dirigeants à exercer une plus grande "influence morale" pour éviter les erreurs d'ordre éthique que Joe Jimenez en 2016 a imputées à une culture d'entreprise "orientée sur les résultats", ainsi qu'à certains individus.

Felix Ehrat sera remplacé par Shannon Klinger, actuellement responsable de l'éthique. Vas Narasimhan a promu Shannon Klinger au comité exécutif cette année en faisant du changement de culture d'entreprise une priorité.

Vas Narasimhan a par ailleurs insisté auprès des investisseurs sur le vaste portefeuille de nouveaux médicaments, dont le potentiel de ventes annuelles est estimé à plus d'un milliard de dollars (847 millions d'euros), ce qui permettra d'accroître les ventes et la marge bénéficiaire jusqu'en 2022.

Parallèlement, le groupe va réfléchir à une réduction de la voilure dans ses opérations non stratégiques, y compris le pôle de médicaments génériques aux Etats-Unis, tout en étudiant les opportunités d'acquisitions pour renforcer son portefeuille dans ses domaines clés.

Les domaines prioritaires concernent notamment l'oncologie, ainsi que les thérapies cellulaires et géniques.

Le mois dernier, Novartis s'est renforcé dans la thérapie génique avec l'acquisition de l'américain AveXis pour 8,7 milliards de dollars (7,08 milliards d'euros).

(Jean-Stéphane Brosse et Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

Copyright © 2018 Thomson Reuters


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