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Le trésor américain suspend la vente de ses actions citigroup

jeudi 17 décembre 2009 à 09h17
Le trésor américain suspend la vente de ses actions citigroup

par Dan Wilchins et David Lawder

NEW YORK/WASHINGTON (Reuters) - Le Trésor des Etats-Unis a décidé de surseoir à la vente de ses cinq milliards de dollars d'actions Citigroup, le placement fait par la banque n'ayant suscité qu'une demande médiocre et s'étant opéré à un prix, bien plus bas que prévu, de 3,15 dollars par action.

Des analystes remettent en cause le "timing" de l'opération pour expliquer les résultats de l'opération.

Citigroup a vendu pour milliards d'actions et d'obligations convertibles pour rembourser ce qu'elle doit à l'Etat et s'affranchir des restrictions imposées par ce dernier sur les rémunérations des dirigeants.

La transaction consiste en milliards d'actions ordinaires et en milliards d'obligations au coupon de 7,5% qui seront automatiquement converties en actions dans trois ans, avec une prime de 25%.

La banque compte aussi émettre ,7 milliard d'actions destinées au personnel et pourrait également vendre pour milliards de titres au premier trimestre 2010.

Cette opération a coûté cher à l'actionnaire, dont les parts valent 20% de moins que leur cours de clôture de vendredi, avant que la banque n'annonce son intention de rembourser Washington.

"Pour les managers de Citigroup c'est une opération formidable; ils pourront être payés plus. Pour les actionnaires c'est épouvantable; la société a payé le prix fort pour ce capital", commente Sean Egan, de l'agence de notation Egan-Jones Ratings.

Washington avait acheté des actions Citigroup à ,25 pièce cette année dans le cadre d'un plan de renflouement d'urgence de la troisième banque américaine. Les 7,7 milliards d'actions que détient l'Etat ne valent plus à présent que ,3 milliards. Cette participation valait à l'origine milliards et en octobre représentait près de milliards.

Le Trésor "ne vendra pas à perte, voilà tout", a dit une source proche du dossier.

Washington a décidé de ne pas vendre d'actions Citi pour l'instant ni pendant une période de 90 jours, ont fait savoir la banque et le Trésor, ce dernier détenant le tiers environ du capital de Citi.

Citigroup avait dit lundi que le Trésor vendrait jusqu'à milliards d'actions en parallèle à son propre placement.

DES INVESTISSEURS LASSÉS

Citigroup est la troisième grande banque américaine à avoir opéré un placement de titres de plusieurs milliards de dollars en décembre. Bank of America a placé pour ,3 milliards de titres au début du mois et Wells Fargo ,25 milliards cette semaine.

Cette multiplication d'opérations a sans doute lassé l'investisseur, disent des analystes. "Ce sont les acheteurs qui contrôlent la mécanique à présent", constate Blake Howells (Becker Capital Management).

Citigroupo n'a pu générer du bénéfice cette année qu'en vendant des actifs et en récoltant le plus possible d'avantages fiscaux. Quelques trimestres de réels bénéfices bancaires auraient sans doute mis l'investisseur dans de meilleures dispositions, expliquent les analystes.

Même si Citigroup s'est hâtée de rembourser, au moins partiellement l'Etat, dès cette année, Kenneth Feinberg, le "M. Rémunérations" de Washington, n'en a pas moins la haute main sur les salaires de ses dirigeants cette année ce qui ôte une certaine pertinence à la décision de la banque.

"Citigroup aurait dû attendre, c'est évident", en conclut Sean Egan.

Mais selon une personne au fait des cogitations de la banque, un placement aurait été difficile à quelque moment que ce soit car elle devait lever un gros montant de capital par rapport à sa capitalisation et au volume de trading quotidien.

Citigroup négociait avec les autorités depuis des mois et lorsqu'elle s'est finalement entendue avec elles cela n'avait pas grand sens d'attendre, ajoute cette personne.

Citigroup précise dans un communiqué que son placement d'actions et de titres convertibles est le plus important jamais opéré sur les marchés de capitaux US.

La banque, qui a imputé sur ses comptes plus de 0 milliards de dépréciations et de pertes sur créances depuis le début de la crise, a reçu une aide publique de milliards en octobre 2008, à partir du Troubled Asset Relief Program (Tarp), et une autre de milliards en décembre de l'année dernière.

Washington a convenu cette année de convertir milliards d'actions préférentielles reçues de Citigroup en actions ordinaires. L'Etat a aussi accepté de convertir une autre tranche de titres préférentiels de milliards que la banque compte rembourser par le produit du placement effectué mercredi.

Par ailleurs, l'opération se traduit aussi par la rupture de l'accord passé entre la banque et l'Etat par lequel ce dernier garantissait un portefeuille de quelque 0 milliards d'actifs contre des pertes excessives.

L'action a terminé à ,45 mercredi, avant la mise à prix du placement.

Version française Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2009 Thomson Reuters

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