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Quels sont les patrons du CAC 40 les mieux payés en 2018?

mercredi 6 novembre 2019 à 16h17
La rémunération des patrons a encore grimpé en 2018, avec une

(BFM Bourse) - L'exercice 2018 a été contrasté en termes de rémunération des dirigeants, constate la société de conseil aux investisseurs Proxinvest. Celle des patrons du SBF 120 -le gros des société cotées en France- a décliné en moyenne de 4%. Mais la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40, soit les plus grandes sociétés, a bondi à un nouveau record depuis la crise financière. Une progression due à une poignée de cas de dirigeants parmi les plus rémunérés - dont l'emblématique Carlos Ghosn.

C'est une véritable "dérive" que dénonce Proxinvest s'agissant des rémunérations perçues par une poignée de dirigeants du CAC 40, souvent les mieux rémunérés à la base. Dans son 20e rapport sur "La Rémunération des Dirigeants des sociétés du SBF 120", la société de conseil aux investisseurs, spécialisée dans les questions de gouvernance, pointe en effet un paradoxe choquant. Alors que la rémunération des dirigeants des entreprises cotées s'est dans l'ensemble orientée à la baisse (même au sein du CAC 40 où la rémunération médiane a en fait diminué), Proxinvest déplore un "dérapage" pour une petite poignée de grands patrons -dont Carlos Ghosn, parmi les plus richement rétribués malgré l'annulation de son variable- qui ont vu leurs émoluments progresser de façon injustifiée, bien au-delà du niveau des performances des entreprises ou de l'évolution de la rémunération moyenne des salariés des entreprises concernées.

Pour mémoire, le rapport Proxinvest examine l'ensemble des formes de rémunération des dirigeants attribué au titre de l’exercice 2018, c'est à dire la partie fixe mais aussi le bonus annuel, l'intéressement, ainsi que les éventuels jetons de présence, avantages en nature, stock-options et actions gratuites de performance (valorisées à leur date d’attribution) et toutes autres formes indirectes de rémunération.

En 2018, la rémunération des dirigeants exécutifs du SBF 120 a reculé de 4% en moyenne à 3,6 millions d'euros. Mais cette modération bienvenue ne se retrouve pas au sein du sous-échantillon des très grandes entreprises françaises. La rémunération totale moyenne des présidents exécutifs du CAC 40 a en effet augmenté de 6% (à échantillon constant, de 12% en données brutes compte tenu de l'évolution des sociétés composant l'indice) à 5,8 M€, un nouveau record depuis la crise de 2008.

"Dérives sur une poignée de dirigeants"

S'agissant de la seule partie fixe, la rémunération moyenne baisse de 2% dans le SBF 80 (les 80 sociétés suivant le top 40), alors qu'elles grimpe de 3% parmi le CAC 40, une appréciation clairement supérieure à l’inflation, que Proxinvest juge trop rapide.

Cette année encore, la rapport conclut à "une absence de justification de l’ampleur des hausses de rémunération au sein du CAC 40, tant sur le plan de la performance actionnariale que sur le plan de la cohésion sociale". Ni l'évolution des bénéfices (en recul de 6,2% en 2018 au sein du CAC 40 à échantillon constant) ni celle des salaires ne justifie cette hausse, selon la société de conseil. "Alors que la Loi Pacte obligera les sociétés à communiquer sur les écarts d’évolution vis-à-vis des salariés (ratio d’équité), Proxinvest constate que la hausse des rémunérations des dirigeants du CAC 40 est trois fois plus rapide que celle des salariés, tant en 2018 que sur la période 2014-2018". Pour la deuxième année consécutive, la rémunération moyenne de 5,8 millions d'euros pour les patrons du CAC 40 excède la rémunération maximale socialement acceptable, définie à 240 SMIC par Proxinvest (5 millions d'euros).

Et ce sont bien "les dérives observées sur une poignée de dirigeants en tête du classement" qui explique cette hausse aussi élevée. En effet, cette rémunération plafond souhaitée par Proxinvest n’est plus dépassée en 2018 que par 22 présidents exécutifs du SBF 120 (dont 16 du CAC 40) contre 29 en 2017 (dont 19 du CAC 40).

Le patron de Dassault Systèmes reste en tête

De même, la médiane des rémunérations (50% des grands patrons gagnent moins, 50% gagnent plus) au sein du CAC 40 baisse de 12% à 4,1 millions d'euros, autre élément qui montre bien que l'inflation moyenne est le fait de quelques patrons seulement.

C'est le directeur général de Dassault Systèmes (revenu en 2018 au sein du CAC 40) qui garde la tête du classement. Bernard Charlès a perçu une rémunération totale de 33,1 millions d'euros selon les calculs de Proxinvest, en hausse de 34,6%, grâce à "une très généreuse attribution gratuite d’actions de performance" dont la valorisation a été retraitée par Proxinvest (l'entreprise indique pour sa part une rémunération de 22,9 millions d'euros).

Le PDG de Kering, François-Henri Pinault, prend la deuxième place. La prime exceptionnelle attribuée sous forme d’unités de performance sans condition de performance d’une valeur de 5,81 millions d'euros, ainsi qu’une convention d’assistance conclue avec sa holding Artémis d’un montant de 5,08 millions, font grimper le coût total à 17,3 millions d'euros (+75,7%) au sens de Proxinvest (12,2 millions selon le groupe).

14,3 millions d'euros pour Carlos Ghosn

L'ex président-directeur général de Renault et ex-président de Nissan, démissionné début 2019, apparaît en troisième place avec 14,3 millions d'euros (+12,1%)... Alors même qu'il n’a perçu aucune rémunération variable au titre de l’exercice 2018 de la part de Renault à la suite du rejet par l’assemblée générale (sur recommandation du conseil) de la résolution afférente. Carlos Ghosn a aussi été privé d’actions gratuites et de retraite. Chez Nissan, le coût communiqué au titre de l’exercice clos le 31 mars 2019 (année fiscale décalée au Japon) s’élève à 13,3 millions d'euros. L’affaire Ghosn aura permis de comprendre que Carlos Ghosn avait tous pouvoirs pour décider unilatéralement de sa rémunération chez Nissan, et mis au jour "un manque de transparence vis-à-vis des actionnaires et de capacité de contrôle sur les avantages indirects perçus par les parties liées".

L'américain Douglas Pferdehirt, l'ancien dirigeant de FMC Technologies et actuellement PDG de TechnipFMC est selon Proxinvest le quatrième dirigeant le mieux payé, avec une rémunération totale qui s’élève à 11,7 millions d'euros (+10,7% en 2018), malgré un bilan financier peu reluisant. La société, promise à une nouvelle scission, a affiché 1,7 milliard d'euros de pertes nettes, mais également une baisse de 16% de son chiffre d’affaires, et une baisse de son cours de 61% depuis la fusion, sans parler d'un contexte social très dégradé. Douglas Pferdehirt s’est néanmoins de nouveau vu attribuer des instruments de rémunération (options et actions gratuites) sans conditions de performance, "mauvaise pratique usuelle aux Etats-Unis mais non conforme au code Afep-Medef", rappelle la société de conseil.

Jean-Paul Agon, le PDG de L’Oréal, occupe la cinquième place du classement avec 9,5 millions d'euros, une rémunération en léger recul de -0,5%. Néanmoins, le patron de L'Oréal bénéficie toujours de la rémunération fixe (2,2 millions d'euros) ainsi que la rente attendue de retraite (1,57 million d'euros) les plus élevées du CAC 40.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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