Bourse > Actualités > Avis d'expert > Nicolas Chéron : Cap sur la BCE

Nicolas Chéron : Cap sur la BCE

Nicolas ChéronNicolas Chéron
Nicolas Chéron

Stratégiste chez CMC Markets Diplômé de l'EDHEC Lille, Nicolas Chéron a travaillé pour des courtiers et gérants de portefeuille en tant que stratégiste court et moyen terme, sur actions, forex et matières premières. Co-responsable de l'équipe de recherche chez Zonebourse pendant deux ans, il a ensuite rejoint les …Lire la suite

(Tradingsat.com) - "Super Mario" comme l’ont surnommé les médias et opérateurs des marchés devra une nouvelle fois user de son habile dialectique pour sécuriser les marchés obligataires, rassurer les opérateurs sur les perspectives de la zone euro et ne pas laisser l’euro s’envoler de nouveau en direction des 1,20, ce qui aurait tendance à peser sur la performance des actions européennes.

"Taper or not taper"

La question n’est plus de savoir si Mario Draghi va allonger la durée du programme actuel d’assouplissement quantitatif. À ce sujet, la quasi-totalité des économistes interrogés s’attend à un allongement du programme en cours de 6 mois, de mars à septembre 2017. La question est plutôt de savoir si le montant mensuel de ce soutien sera de 80 milliards ou de 70 voire 60 milliards, ce qui sous-entendrait le démarrage du fameux ralentissement des achats mensuels ou « tapering » comme l’appellent les anglais. Parallèlement à cela, il sera aussi primordial de voir si la BCE fait des ajustements sur les aspects techniques de son programme afin de gérer la problématique de manque d’actifs disponibles sur le marché obligataire Après 48H de forte hausse menant CAC 40 et DAX sur de nouveaux records annuels à respectivement 4 690 et 10 950 points, les indices européens semblent désormais attentistes, à la veille du dernier rendez-vous de l’année avec le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Mario Draghi.

A venir en 2017.

Dans ces conditions, les marchés pourraient être chahutés, volatils, partagés entre d’une part le sentiment de satisfaction de l’allongement du programme de la BCE et d’autre part le fait qu’à terme ce dernier puisse se tarir. Un éventuel repli des cours des indices, pour venir tester les résistances dépassées à 4 570/4 600 et 10 750/10 800 sur CAC 40 et DAX, serait alors légitime, sans pour autant remettre en question la tendance de fond haussière, en place en Europe depuis le Brexit.

"La question à 200 pips"

Tout comme au début de l’année 2015, l’euro va-t-il chuter en direction de la parité là où le consensus des analystes des banques l’attend, ou va-t-il encore prendre la majorité à contre-pied ? La seconde option est en tous les cas, selon nous, un scénario à ne pas prendre à la légère. En effet, la paire EURUSD en inscrivant rapidement un plus bas de 20 mois à 1,052 puis en remontant rapidement au-dessus des 1,07 ce lundi, a piégé les vendeurs. Un second décalage haussier après la BCE en direction des 1,09/1,10 achèverait certainement ces derniers, notamment si la question d’un ralentissement futur des achats mensuels de la BCE était évoqué…Sous 1,069 ce danger serait à nouveau écarté.

Évolution du CFD sur CAC 40 – Données journalières

Source : CMC Markets, Plateforme Next Generation au 07/12/2016. Performances nettes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À moyen terme, l’indice français évolue dans un canal haussier ici en bleu. Tant que les cours évolueront dans ce dernier les acheteurs pourraient garder la main. À plus court terme, les acheteurs ont enfin enfoncé la porte des plus hauts annuels, à 4 610 points, puis le cours de clôture de 2015 à 4 640 points. Suracheté et attentiste à court terme, le CAC 40 attend le discours de son principal soutien depuis janvier 2015, Mario Draghi. Un repli est possible avant une éventuelle reprise de la hausse, seule une clôture au-dessous des 4 570 points nous ferait douter d’une poursuite haussière.

Évolution du CFD sur EURUSD – Données journalières

Source : CMC Markets, Plateforme Next Generation au 07/12/2016. Performances nettes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Concernant l’euro, méfiance. La tendance est baissière en données mensuelles et hebdomadaires, mais les acheteurs tentent de reprendre la main. En cas de tenue des 1,069 plus hauts de la semaine dernière, la paire pourrait tenter de retrouver de nouveau les 1,08 de lundi voire les 1,085 plus bas d’octobre et par extension les 1,10, seuil psychologique. À contrario, si les cours repartent rapidement sous 1,069, la tendance et les vendeurs pourraient probablement reprendre leurs droits.

Par Nicolas Chéron, Stratégiste pour CMC Markets

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI