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Les 5 éléments qui expliquent le plongeon des Bourses mondiales

jeudi 6 décembre 2018 à 18h38
Les Bourses mondiales sont en net recul depuis près de deux mois

(BFM Bourse) - À l'image des autres places financières dans le monde, la Bourse de Paris accumule les pertes depuis mardi et, plus largement, depuis fin septembre. Décryptage.

Depuis son récent plus haut touché le 27 septembre dernier à 5.540,41 points, le CAC a perdu plus de 13,7% de sa valeur, en comptant le recul de près de 3,3% observé jeudi par l'indice vedette de la cote parisienne. Par rapport à leurs récents pics (atteints entre le 21 septembre et le 4 octobre), les autres principaux indices mondiaux affichent des pertes similaires à celles du CAC 40. Le Dax allemand a perdu 12,8%, le "Footsie" anglais a lâché 11% tandis que la Bourse de Milan a reculé de 13,5%. Outre-Atlantique, si le Dow Jones a "seulement" cédé 7,8% de sa valeur, les pertes sont plus importantes sur l'indice technologique, le Nasdaq, qui perd plus de 12%.

Alors que le mois de décembre est généralement propice à un "rally de fin d'année" sur les places boursières, l'édition 2018 pourrait bien déroger à la "règle" statistique qui fait du dernier mois de l'année civile l'un des meilleurs de l'année sur les marchés. En cause, les nombreuses incertitudes, tant politiques qu'économiques, qui paralysent les marchés et incitent les investisseurs à la prudence en attendant d'y voir plus clair. Tour d'horizon des raisons qui expliquent

1. La guerre commerciale sino-américaine

Depuis mars dernier et les premières menaces de Donald Trump sur Twitter, les deux premières puissances économiques mondiales se livrent une guerre commerciale à l'issue très incertaine compte tenu, notamment, de la personnalité et du caractère imprévisible du président américain. Excédés par leur déficit commercial vis-à-vis de la Chine, les États-Unis ont progressivement imposé des droits de douane de 10 à 25% sur un certain nombre de produits chinois importés aux États-Unis (représentant 200 milliards de dollars d'importations), faisant craindre un ralentissement de l'économie mondiale si cette situation venait à perdurer. Les Chinois ont répliqué avec une salve de taxes sur 60 milliards de produits américains importés dans l'empire du Milieu.

Après la trêve commerciale de 90 jours -le temps de s'entendre sur des changements structurels dans leurs relations commerciales- décrétée samedi dernier à l'issue d'une rencontre entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump, les marchés pensaient s'être enlevés une épine du pied. Et si les investisseurs imaginaient déjà que cette détente commerciale tant attendue allait lancer le fameux "rally" de fin d'année, force est de constater que la lune de miel entre les présidents Xi et Trump aura été de courte durée.

L'annonce de l'arrestation jeudi matin, au Canada, de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois Huawei, soupçonnée de violation des sanctions américaines contre l'Iran, la Syrie et la Corée du Nord renforce de nouveau les tension entre les deux États. D'autant que, pour justifier la guerre commerciale, les États-Unis reprochaient déjà à la Chine de ne pas respecter la propriété industrielle et d'imposer des transferts de technologie "forcés" aux entreprises étrangères. La Chine est en effet passé du statut de consommateur de technologies à celui de producteur, dans la course à l'innovation que se livrent notamment les deux plus grandes puissances économiques. À la suite de cette arrestation, le gouvernement chinois a demandé la libération immédiate de sa compatriote, faute de quoi Pékin "prendra toutes les mesures nécessaire"

2. Le pétrole dans la tourmente

Alors que s'ouvre ce jeudi la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Vienne, le cours du baril d'or noir a rarement été aussi volatil qu'actuellement. La faute en revient aux trois hommes qui ont la mainmise sur le marché mondial du pétrole, à savoir Donald Trump, Vladimir Poutine et Mohammed ben-Salmane (le prince héritier saoudien), les dirigeants des trois plus gros pays producteurs d'or noir multipliant les annonces contradictoires depuis quelques mois. Résultat des craintes de surabondance de l'offre et d'un ralentissement de la demande mondiale à compter de l'année prochaine, les cours du pétrole brut ont perdu environ 30% depuis le pic atteint au début du mois d'octobre.

Encore aujourd'hui, les barils de Brent européen et de WTI américain ont cédé plus de 4% en intraday à la suite de déclarations du ministre saoudien de l'Énergie avant de remonter légèrement dans l'après-midi. Les opérateurs auront les yeux rivés, jeudi et vendredi, sur la réunion de l'Opep et de ses partenaires à Vienne, qui doivent décider de réduire ou non la production qui atteint des records, tout comme les stocks de brut américains.

3. L'inversion de la courbe des taux

La Bourse américaine a subi un très net repli mardi dans la crainte d'un possible ralentissement de l'économie américaine, avec des signes d'inversion de la courbe des taux sur le marché obligataire. L'écart entre les rendements des bons du Trésor américains à échéance 2 ans et ceux à échéance 10 ans est en effet passé à moins de 10 points de base pour la première fois depuis dix ans. Les analystes redoutent que la courbe des taux s'inverse prochainement, une configuration -où les taux courts rapportent davantage que les taux longs- qui a historiquement annoncé de nombreuses récessions, généralement dans un délai de deux trimestres après le début du phénomène.

Si cette notion d'inversion de la courbe des taux n'est pas très intuitive, il faut comprendre que, dans un marché normal, les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter à long terme qu'à court terme. Lorsque la situation s'inverse, cela traduit un manque de confiance des marchés dans l'avenir de l'économie à court terme. Après être tombé à moins de dix points de base mardi, ce "spread" de taux s'est légèrement détendu jeudi en remontant à 13 points de base (à 2,87% à 10 ans contre 2,74% à 2 ans) vers 17h45.

4. L'incertitude sur le Brexit

Au rayon politique, le Brexit reste une préoccupation majeure pour les marchés. Si l'accord de divorce entre l'Union européenne et la Grande Bretagne a été officiellement scellé le dimanche 25 novembre dernier, la Première ministre britannique doit encore faire le faire valider par le Parlement britannique. Et encore hier, Theresa May a été accusée d'avoir cherché à "induire en erreur" les parlementaires, pour avoir initialement refusé de publier un avis juridique susceptible de renforcer l'opposition au texte. Sa ratification par la Chambre des Communes lors du vote prévu le 11 décembre apparaît donc plus incertaine que jamais, avec les conséquences économiques que cela induit.

5. Retournement de cycle dans certains secteurs

Plusieurs pans de l'économie mondiale sont à la peine depuis quelques mois, plombés par la guerre commerciale qui s'est intensifiée tout au long de l'année ou par des marchés qui arrivent à saturation comme c'est le cas pour celui des smartphones. Tête de gondole du secteur, le géant américain Apple a vu son titre dévisser de 26% depuis son dernier pic. La firme à la pomme a été particulièrement sanctionnée par les investisseurs à partir de la présentation du 1er novembre dernier au cours de laquelle le groupe a fait part de prévisions inférieures aux attentes des analystes.

La "keynote" du 1er novembre avait également été l'occasion, pour la firme de Cupertino, d'annoncer qu'elle renonçait à publier les chiffres de ventes d'iPhone. Une manière de reconnaître l'arrivée à maturité du marché mondial des smartphones qui limitera forcément la croissance de ses ventes d'iPhone. Plus globalement, le marché craint désormais un ralentissement de la croissance mondiale dans le sillage de la Chine. Et dans celui d'Apple, c'est la quasi-totalité du secteur tech qui s'est effondré sur les différentes places boursières mondiales, à l'image des GAFAM.

Autre marché en grandes difficultés : l'automobile. L'ensemble du secteur est très mal orienté en raison des nombreuses incertitudes qui entourent le secteur -indicateurs économiques décevants en Chine dans un contexte de guerre commerciale, craintes autour du Brexit, "profit warnings" de plusieurs constructeurs et fournisseurs- ainsi que des nouvelles normes antipollution WLTP qui ont pesé sur les derniers résultats des constructeurs. Une note des analystes de la banque britannique HSBC résumait les craintes du marché, tout en dégradant les recommandations sur plusieurs valeurs françaises du secteur.

Enfin, le ralentissement des deux secteurs sus-cités (automobiles et smartphones) se répercute sur le secteur des semi-conducteurs, très dépendant de ces deux industries. À la bourse de Paris, STMicro et Soitec ont encore reculé de près de 6% jeudi alors que le marché se montre de plus en plus méfiant envers le secteur.

Quentin Soubranne - ©2018 BFM Bourse
Votre avis

Ils ont donné leur avis

07/12/2018 par alexatix 1
Les petits porteurs n'ont pas accès à la VAD ?
06/12/2018 par xbidard170 1
Tout ceci n'est que du baratin : ce qui fait baisser la Bourse c'est la VAD ou comment faire du fric en vendant ce qu'on n'a pas. Une honte ! Les petits porteurs n'y ont pas accès. Qu'ils s'en aillent très vite ! La VAD va les ruiner. C'est le monde à l'envers. Les vadeurs font fuir les petits porteurs qui vendent dans la panique. C'est organisé et voulu.
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