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Attention aux faux départs sur les indices boursiers en 2019

samedi 12 janvier 2019 à 08h00
Le début d'année 2019 pourrait rester peu porteur pour les indices boursiers

(BFM Bourse) - Après une année 2018 exceptionnellement difficile -non par l'ampleur des baisses mais par leur caractère généralisé à tous les segments de marché- la tentation est grande de miser sur un rebond cette année. Mais si le repli des valorisations peut offrir de belles opportunités, certains gérants s'attendent à une performance en deux temps, la volatilité risquant de subsister en première partie d'année.

Alors que la Bourse de Paris a subi l'an dernier sa plus mauvaise performance depuis 2011, le terme de "krach" serait néanmoins inadapté, souligne Michel Menigoz, responsable de la gestion action et diversifiée au sein de Sanso Investment Solutions. Les marchés financiers n'ont effectivement pas connu d'effondrement brutal des cours. Mais "il est certain que l'année écoulée a été exceptionnelle non par l'ampleur mais par l'uniformité des baisses", souligne-t-il.

A l'échelon européen, c'est le segment des petites capitalisations ("small caps") qui a affiché la plus forte baisse, soit -20% (contre "seulement" -11% pour le CAC 40), tandis que le plus performant a été celui des obligations d'Etat (+6%), soit un différentiel maximal de 26%. Or, l'ampleur annuelle des écarts de performances entre classes d'actifs atteint généralement 50% - en 2017 il était même de 80%, rappelle le gérant. "Exceptionnelle, cette conjonction a fortement pénalisé les gestionnaires - imaginez les résultats de ceux qui s'étaient mis à l'écart de la dette gouvernementale pour acquérir des fonds diversifiés à la place..."

Un contexte politique compliqué

C'est donc un marché globalement baissier (bear market ou à sa limite pour nombre d'indices) qui a succédé il est vrai à des années de hausse considérable, rappelle Arnaud Cadart, gérant de portefeuilles pour Flornoy & Associés Gestion. "Les marchés ont dû digérer certains excès de valorisation, dans un contexte -jamais bon pour la valorisation des actions- de remontée des taux américains qui était cependant largement attendue", observe-t-il.

Mais cette phase de digestion est arrivée dans un contexte politique très difficile étant donné la façon d'agir peu orthodoxe du président américain. Pendant les 18 premiers mois de son mandat, l'attitude de Donald Trump n'a pas posé problème aux marchés, puisque ses prises de positions médiatiques ou politiques à l'encontre du commerce international -qui constitue aujourd'hui la première source de croissance économique à l'échelle mondiale- ont fini par mettre à mal les positions des investisseurs.

"Tout cela a pénalisé l'économie chinoise, ce qui était peut-être en partie l'effet recherché, mais ce jeu dangereux a déstabilisé les perspectives des investisseurs,. De même, cela a rendu plus réticents les chefs d'entreprises à prendre des décisions en matière d'investissement, faute de perspectives claires pour se projeter", résume Arnaud Cadart. "Cela a fini par se retourner contre l'économie américaine dont les perspectives de croissance ont été revues en baisse. Quant à l'Europe, l'irrésolution du Brexit, le bras-de-fer sur le budget italien et la crise des "gilets jaunes" ont mis en évidence ses difficultés structurelles, pénalisant une performance qu'on aurait pu espérer enfin consistante face aux US dans un contexte de hausse du dollar".

Trump semble avoir compris la nécessité de calmer le jeu

Mais de là à intégrer une récession aux Etats-Unis, il est un pas que Michel Menigoz se refuse à franchir. "L'économie américaine revient à un rythme plus normal, notamment sous l'effet de l'effacement de l'impact favorable de la réforme fiscale mise en oeuvre au début du mandat de Donald Trump. Mais nous sommes face à un ralentissement cyclique, pas dans une situation où les entreprises se mettent à perdre de l'argent". Selon Arnaud Cadart, "l'administration Trump a compris la nécessité de calmer le jeu. Certes le président des Etats-Unis a toujours besoin de mobiliser un électorat plutôt populaire, mais une baisse de Wall Street n'est bonne pour personne, même pour les classes populaires étant donné l'importance de l'épargne boursière dans le financement des retraites et de la prévoyance. Et il a suffisamment marqué son territoire au cours des deux premières années pour démontrer qu'il a en large partie respecté son mandat".

Michel Menigoz souligne également l'importance de prendre du recul sur la baisse récente de Wall Street, alors que la majorité des analystes s'accordaient il y a un an pour juger que les indices américains avaient trop monté. "Après neuf années de hausse, une correction annuelle n'est pas dramatique ! Le retour à une valorisation moyenne de moins de quinze fois les bénéfices attendus apporte d'ailleurs une marge bienvenue par rapport aux probables révisions en baisse des analystes". Ce contexte devrait inciter les investisseurs à reprendre progressivement position sur les marchés, dont certains segments offrent "un bon compromis valorisation/croissance, à l'image des actions émergentes qui devraient commencer à attirer l'attention des gérants", parie-t-il.

Les investisseurs attendront des preuves

Pour sa part Arnaud Cadart estime que le rebond pourrait venir des valeurs cycliques, mais le gérant conseille de ne pas se départir de toute prudence pour autant. "Mieux vaut faire preuve de patience en conservant une fraction de liquidités". En effet, "s'étant fait prendre à revers en 2018, beaucoup de stratèges évoquent désormais des rebonds sans lendemain en s'inscrivant dans la perspective d'une récession d'ici à 2020. Faute de vraie conviction à l'achat, le premier semestre pourrait être encore mou pour les marchés, les gérants profitant de chaque rebond pour sortir des positions les plus problématiques. Il faudra que l'accalmie s'installe sur le plan macro-économique démontrant que la croissance, au moins à l'échelon mondial, reste présente, pour envisager un rebond durable".

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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