(CercleFinance.com) - Wall Street a manifesté un brusque accès de nervosité et de défiance vis à vis de la conjoncture en cette veille de 'pont' de 3 jours pour la célébration de l'Independance Day.
Cette période correspond également avec de nombreux départs en vacances de gérants de fonds d'investissement: certains ont fait le ménage par le vide avant de partir en congé et avec d'autant plus de détermination que nombre de titres ont doublé de valeur ces 3 derniers mois.
L'indice Dow Jones a chuté de plus de 200Pts et perdu rapidement le contact avec les 8.500Pts pour clôturer en baisse de -2,6% à 8.285Pts: fait suffisamment rare pour être souligné, ses 30 composantes ont terminé dans le rouge et Coca Cola, le plus épargné par le mouvement de correction cède tout de même -0,6%.
Le S&P-500 chutait de -2,9%, à 896,4 (ce qui valide la cassure du support majeur des 900Pts) avec 95% de titres en repli et le Nasdaq Composite a sombré de -2,7% à 1.796 (l'incapacité de défendre le seuil des 1.800Pts constitue un signe de faiblesse évident).
Wall Street a été déprimé par l'annonce de destructions d'emplois plus nombreuses que prévu au mois de juin. L'économie américaine a vu disparaître 467.000 emplois alors que les analystes s'attendaient à 360.000 destructions de postes (dans le droit fil de l'embellie du mois de mai). Mince consolation, le taux de chômage a progressé moins vivement qu'anticipé : il s'est établi à 9,5%, en hausse de 0,1 point, alors que les spécialistes prévoyaient un taux de 9,6%. Il se sera tout de même accru de 4,6 points depuis le début de la récession en décembre 2007 (il a donc plus que doublé en 18 mois tandis que 6,5Mns de jobs se sont volatilisés). Le nombre d'heures travaillées a reculé de -0,3% et la masse salariale s'est contractée de -0,7% en juin, ce qui apparaît très mauvais pour le secteur de la consommation.
En données hebdomadaires, les inscriptions au chômage ont diminué de 16.000 la semaine dernière et le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités, indicateur de plus en plus suivi, a diminué de 53.000 sur la semaine du 20 juin pour atteindre 6,702 millions.
La seule véritable bonne suprise du jour a été ignorée par les opérateurs: les commandes à l'industrie ont enregistré une progression de 1,2% aux Etats-Unis en mai, après une hausse de 0,5% en avril (donnée révisée en baisse de +0,7% en estimation initiale).
Dans un contexte jugé globalement plus incertain (et un rebond de la croissance repoussé à la fin 2010), le marché pétrolier a subi une lourde correction. Le cours du 'light sweet crude oil' livraison août s'inscrivait en forte baisse, de -4% à 66,7 dollars le baril: la droite de tendance haussière qui transitait dans la zone des 70$ est largement enfoncée (Exxon et Chevron ont décroché de -3% en moyenne, Chesapeake et Valero de -5%, Noble Energy de -5,5% et Halliburton de -6,6%).
Le Dow Jones a également subi la pression baissière de Caterpillar (-4,3%), Travellers (-4,7%) et Alcoa (-4,8%). Les financières ont également vivement reculé à l'image de JP Morgan (-4,45%), AMEX (-3,2%), Bank of America (-3,15%). Pas de salut non plus du côté des défensives avec une perte de -3,7% sur Merck puis -2,8% sur Pfizer).
Visa parvient terminait peu changé : le numéro un mondial des systèmes de paiement électroniques a cédé sa filiale VisaNet do Brasil à des investisseurs institutionnels qualifiés. Cette cession a entraîné 1 milliard de dollars de recettes pour le groupe de San Francisco, et un gain de 235 millions de dollars dans ses comptes.
Boeing (-3,3%) serait sur le point d'annoncer le rachat d'une usine Vough Aircraft, l'un de ses principaux sous-traitants, dans le but de mieux contrôler la production du 787 Dreamliner, selon le Wall Street Journal. L'avionneur indique par ailleurs avoir livré 125 avions commerciaux au cours du trimestre écoulé.
Au sein du Nasdaq, News Corp a subi une sorte de 'trou d'air' de -7,2%, Sprint Nextel de -6,3% et Foster Wheeler de -6%.
De lourds dégagements ont également pesé sur Joy Global (-5,3%), Flextronics (-4,9%), Sears et Comcast (-4%), Juniper (-3,5%), Oracle (-3,2%), Dell (-3,15%) mais également Microsoft (-2,8%) et Yahoo (-2,7%)
L'équipementier automobile Lear Corp s'effondrait de 25% après avoir trouvé un accord de principe avec ses créanciers pour une restructuration de sa dette. Lear Corp a l'intention de restructurer ses activités en se mettant sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, pour le groupe ainsi que certaines de ses filiales aux Etats-Unis et au Canada.
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