LONDRES (Reuters) - Les cours du pétrole brut marquent une pause vendredi après les nouveaux sommets établis la veille et alors que les Etats-Unis sont en week-end de trois jours pour leur fête nationale.
Peu avant 11h00 GMT, le brut US perdait 0,8% à 144,10 dollars le baril, légèrement en dessous de son record historique à 145,85 dollars touché jeudi.
Le Brent de la mer du Nord cédait 0,7% à 145,08 dollars au lendemain de son record de 146,69 dollars.
Les cours du pétrole ont enregistré des records cinq fois au cours des sept dernières séances et gagné plus de 50% depuis le début de l'année. Les prises de bénéfice ne sont donc pas étonnantes, d'autant que le marché directeur, le Nymex, est fermé.
L'évolution du dollar, dont l'affaiblissement a été une des causes de la hausse ces derniers temps, constitue une autre incitation à la pause. La devise américaine a repris des couleurs jeudi quand les anticipations de hausse des taux d'intérêt dans la zone euro ont été révisées à la baisse.
Vendredi, le billet vert était plutôt stable autour de 1,5686 dollar pour un euro.
Le prochain cap pour le brut est désormais de 150 dollars le baril. Il devait, selon certains analystes, être franchi le 4 juillet, la fête de l'Indépendance étant traditionnellement un des jours de l'année où la consommation d'essence est à son pic.
Ces anticipations expliquent en partie poussée de fièvre de ces 15 derniers jours. Elle est également due à la montée de la tension entre Israël et l'Iran, deuxième pays producteur de l'Opep.
Certains ont craint ces dernières semaines qu'Israël ne prépare une frappe préventive contre Téhéran et son programme nucléaire. La République islamique a en réponse menacé de bloquer le détroit d'Ormouz par lequel transitent près de 40% des acheminements maritimes de brut.
L'Iran a dit qu'elle répondrait dans la journée de vendredi aux propositions avancées le mois dernier par les Six pour lui faire renoncer à l'enrichissement d'uranium.
Depuis 2002, les prix ont été multiplié par sept, l'offre ayant du mal à suivre une demande de plus en plus pressante des pays émergents en fort développement comme la Chine.
Certains, comme l'Opep et Takeda Makoto, analyste chez Bansei Securities à Tokyo, estiment que la flambée des cours est due à la spéculation. D'autres, comme les grands patrons de majors pétrolières estiment que les sommets atteints par le brut sont dus à des anticipations d'insuffisance de l'offre à moyen-long terme.
Le ministre saoudien a réaffirmé jeudi que l'ascension des prix était plus à mettre sur le compte de la spéculation que sur une pénurie d'hydrocarbures. L'Arabie saoudite produira davantage si nécessaire, a-t-il réaffirmé.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a estimé à la télévision qu'un prix de 100 dollars le baril est "plus que suffisant".
"Deux trains se précipitent à grande vitesse l'un vers l'autre", estime Christopher Bellew, analyste chez Bache Financial. "L'un est la hausse des cours du pétrole et l'autre la récession économique. A un certain moment, il vont entrer en collision."
Jane Merriman, version française Danielle Rouquié
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